samedi 14 décembre 2019
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Richard, le gendarme Niçois et Toulousain devenu un boulanger à succès près de Las Vegas!

En 2015, il était gendarme près de Toulouse à la brigade de Castanet Tolosan (31). Trois ans plus tard, c’est une autre tenue de travail qu’il porte, celle de boulanger près de ..Las Vegas! Il est installé à Pahrump une ville de 40000 habitants.

En quelques mois, Richard Candiller, 57 ans, a non seulement quitté la France, changé de métier mais a connu un très joli succès dans le Nevada.
Il est ainsi devenu le boulanger français chez lequel les touristes qui se rendent dans la vallée de la mort s’arrêtent.


Sa réputation s’est étendue jusqu’aux Français de Las Vegas qui n’hésitent pas à faire une heure de route pour venir acheter son pain bien français et ses viennoiseries.
certains sont devenus des amis comme le restaurateur de OHLALA French Bistrot, qui me prend des buns et brioches” dit fièrement Richard qui a eu les honneurs de la Dépêche du Midi le 5 août dernier.
(1) l’un des restaurants français de Las Vegas

Alors comment passe t-on de gendarme à boulanger aux Etats-Unis?

Après 26 ans de Gendarmerie, j’ai décidé de prendre ma retraite car j’ai eu la conviction d’avoir fait le tour de mon métier, et comme Eliette, mon épouse, infirmière libérale, avait des problèmes de santé à force de manipuler les patients (arthrose etc…), nous nous sommes dit que c’était le moment pour changer de vie; Et puis,  je savais qu’une fois à la retraite, après 25 ans de gendarmerie en ayant 56 ans, ma retraite serait faible, celle de mon épouse encore plus d’autant qu’elle  ne la touchera qu’à 65 ans ! Donc impossible de pouvoir vivre avec ça” explique Richard Candiller. Le rêve américain a démarré au retour d’un voyage aux Etats-Unis, un pays que Richard et sa femme  aiment beaucoup depuis longtemps.

“En janvier 2014, de retour de New York, nous avons décidé de cesser nos activités pour se reconvertir mais nous ne savions pas encore dans quel domaine” poursuit l’ancien gendarme originaire de Toulouse et qui a vécu dans le Gers où il a rencontré sa femme.
Nous sommes d’abord partis 3 semaines dans le Nevada où nous avons visité à Pahrump différentes maisons et nous avons pu en acheter une très belle en profitant de la forte baisse du dollar; en 10 jours nous en étions propriétaire” raconte encore le Toulousain.
Séduit par le site, et l’emplacement, sur la route de la vallée de la mort et à une heure de Las Vegas, le couple a estimé que Pahrump était l’endroit idéal pour une reconversion.
“Il y avait à l’époque une “Bakery” faisant du mauvais pain congelé, nous avons eu l’idée d’ouvrir un vraie boulangerie Française” détaille encore Richard.

De retour sur les bancs de l’école à 54 ans

Le montage du projet lui a pris deux ans. Le temps de demander sa retraite de la Gendarmerie est d’établir un dossier de reconversion. A plus de 50 ans, il n’a pas hésité à retourner sur les bancs de l’école au CFA du Muret. Etant bachelier, il a pu passer le CAP de boulanger en un an.
Pendant ce temps, son fils cadet, Julien, a trouvé du travail pour se former à la pâtisserie et son épouse a cédé sa patientèle à sa collègue de travail.
Puis les Candillier ont tout vendu, maison, voitures, afin de financer le projet. Puis, pour obtenir un visa E2 investisseur, il fallu monter un dossier avec un “business plan” que Richard a soumis à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Avant de s’envoler pour l’Amérique, les Candillier ont passé un mois en Corse dans de la famille en attendant le mariage du fils aîné.
“Entre temps, j’avais passé commande de tout mon matériel de boulangerie à Pavailler une entreprise française, et je gérais les travaux de la boulangerie sur Pahrump, ça n’a pas été facile !” se souvient Richard.

En effet, tout ne s’est pas déroulé comme prévu car les travaux ont pris du retard. “Nous voulions ouvrir en octobre, mais finalement nous avons ouvert le 10 janvier 2017 mais cela m’a permis de m’entrainer avec les farines américaines et le matériel et dès l’ouverture tout à bien fonctionné, la clientèle était présente et nous avons même dû embaucher du personnel Américain” positive celui qui est désormais le boulanger français de la vallée de la mort! Et qui ne regrette pas sa nouvelle vie, même si Richard reconnaît que boulanger, c’est difficile.  “Mais travailler pour soi change tout  et j’étais déjà habitué aux horaires “difficiles”, de jour comme de nuit et  mon épouse ne comptait pas ses heures non plus !”

Bien installé et heureux dans sa nouvelle vie, Richard ne renie rien de son expérience de gendarme.

Quand on lui demande, ce que cela représente pour lui, voilà sa réponse : “une bien belle expérience de la vie en général !  et avec un certain recul,  de la “colère” sur la justice ou l’injustice ! surtout concernant l’interprétation du code pénal et sa non application mais bon si on entre dans ce sujet… et l’automobiliste vache à lait ….

Avant d’être gendarme, Richard Candillier a fait plusieurs métiers. Après un bac G3 (techniques commerciales) il a effectué son service militaire dans les troupes de marine en Polynésie au bataillon de commandement et de soutien du pacifique.  A son retour, il a été représentant, a été employé dans une scierie dans les Pyrénées pour se rapprocher de sa femme puis a travaillé 3 ans chez Mercedes, d’abord à Auch comme magasinier puis 3 ans à Agen comme chef de magasin. C’est ensuite, à 28 ans,  qu’il a décidé de devenir gendarme. Après le 50 ème et dernier stage de l’école de Maisons Alfort, il a été affecté en Février 1991 à la brigade de l’Escarène dans le moyen pays niçois,  alors commandée par une figure de l’Arme dans les Alpes-Maritimes, le chef Joseph Tafani, aujourd’hui retraité en Corse.  Il restera 10 ans dans cette unité où il a été félicité à plusieurs reprises et cité à l’ordre du régiment suite à une blessure en service qui l’empêchera de poursuivre la formation à l’OPJ.  En repos, il est intervenu sur une altercation entre le gérant d’un restaurant à la Trinité et quatre voyous qui l’ont laissé pour mort, sous les yeux de sa femme et de son fils ainé qui avait à l’époque 8 ans. Il y réalisera aussi la plus belle affaire de sa carrière de gendarme, le démantèlement d’un trafic de voitures et d’engins de chantier entre l’Italie et la France. (1995) Il a ensuite été muté près de Toulouse, à la brigade territoriale de Castanet Tolosan, une grosse unité “surchargée de travail”. “Mais ce n’était pas plus mal car j’ai enfin pu avoir mes quartiers libres et des récupérations et c’est là que j’ai compris qu’une petite brigade comme L’Escarène c’était en fait l’enfer” dit Richard qui se rappelle en particulier d’une intervention sur une attaque à main armé de banque à Castanet Tolosan qui lui a valu une lettre de félicitations.

A la fin de sa carrière, il s’occupait en plus de son travail quotidien de prévention routière dans les écoles et faisait passer les permis piéton.

Didier CHALUMEAU

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Un commentaire

  1. Bel article! Ça donne envie de partir…
    Même ressentis à propos du boulot dans la Police, je partage à 100% son point de vue…
    Amitiés à ce boulanger, Gendarme retraité.

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