samedi 24 octobre 2020
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Le général d'armée François Lecointre, à l'occasion d'une visite à Polytechnique (Crédit photo: École polytechnique / J.Barande).
Le général d'armée François Lecointre, à l'occasion d'une visite à Polytechnique (Crédit photo: École polytechnique / J.Barande).

Retraites: les armées ont été “parfaitement entendues” par Macron, selon le chef d’état-major des armées

Sa prise de parole était attendue. Quelques jours après la prise de position du Conseil supérieur de la fonction militaire, le chef d’état-major des Armées s’est appliqué à défendre la réforme des retraites.

Ce mercredi 22 janvier, le général d’armée François Lecointre a ainsi livré quelques confidences. Il s’est livré à cet exercice devant les membres de l’Association des journalistes de défense. Et selon le général Lecointre, les armées françaises “ont été parfaitement entendues par Emmanuel Macron”.

Pour sécuriser leur sytème fondé sur les pensions à jouissance immédiate, les forces armées souhaitent conserver la main sur ses modalités spécifiques d’application. Ce sont l’âge de départ, le calcul des bonifications pour service actif, ou encore les primes de spécialités. “Il faut que ces outils soient à la main des directeurs des ressources humaines des armées pour qu’ils puissent préserver la capacité à gérer avec finesse les flux entrants et sortants, ainsi que l’attractivité du métier militaire.” Ce qui signifie concrètement que le régime des retraites militaires doit demeuré séparé du régime universel concocté par la réforme en cours.

Grogne autour des retraites: pas de perte de confiance des soldats

La grogne au sujet des retraites chez les militaires pourrait-elle susciter des vocations de type Gilets jaunes dans les rangs? L’hypothèse est improbable, estime-t-il. “Je n’ai aucun signe en ce sens et les chefs d’état-major d’armées non plus. Dans notre institution, nous avons réussi à préserver le principe d’autorité basé sur la confiance, rappelle le général François Lecointre. Les soldats savent que leurs chefs se battent pour eux.”

Mais alors, quel message leur chef d’état-major des Armées a-t-il fait passer aux décideurs sur les inquiétudes liées à la réforme des retraites? “Je ne fais passer aucun message au président de la République ou au Premier ministre, rétorque-t-il. Je leur dis les choses telles qu’elles sont. La ministre des Armées est soucieuse du dossier. Le président de la République en est parfaitement conscient. Je n’ai pas d’inquiétude. Quand aux questionnements du Conseil supérieur de la fonction militaire, je les partage, sur le financement de notre régime ou l’absence de simulateurs. Mais les choses se feront progressivement.”

Lire aussi: Retraites des militaires : pourquoi l’avis du CSFM met le feu

Certes, pour le général Lecointre, il pourrait y avoir un problème si la réforme des retraites “ne prenait pas en compte les spécificités et contraintes fortes du métier”. Or, pour l’officier général, ce n’est pas la volonté de l’exécutif et du commandement militaire. Tous souhaitent conserver notre capacité à avoir une armée jeune”. En clair, pour le chef d’état-major des Armées, le mécanisme de retraite anticipée et de pension à jouissance immédiate n’est pas un avantage indu. Il permet au contraire, insiste-t-il, de faciliter des flux sortants.

Efficacité du modèle français

Beaucoup “ne mesurent pas la forte exigence du système militaire. Au delà de la jeunesse, c’est aussi l’aspect pyramidal de l’organisation de nos ressources humaines. Je l’oppose à des systèmes plus cylindriques dans un certain nombre de corps de la fonction publique. Cet impératif maintient les armées sous pression avec un mécanisme de sélection constante et de progression dans les grades en fonction de l’âge.” Pour preuve de l’efficacité du modèle hexagonal, le général Lecointre évoque la situation d’autres armées européennes. Ces dernières ont perdu “capacité de combat, force morales et physiques, ce que les Britanniques appellent l’esprit de combat, parce qu’ils ont des gens qui poursuivent une carrière jusqu’à une soixantaine d’années”.

Mériadec Raffray.

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5 Commentaires

  1. LE BRAS

    Je trouve la position du Général LECOINTRE un peu légère et même honteuse pour notre institution.
    Je comprends bien qu’il soit dans l’obligation de “Cirer les Pompes” de Macron 1er et des Macronistes, mais il faudrait qu’il pense aux militaires et à la baisse des retraites que cette nouvelle situation va engendrer en terme de perte de revenu.
    Vraiment désolant.
    Avec mes regrets.

    Adjudant de Gendarmerie Mobile Parachutiste (er) Kristen LE BRAS

    • Fourquet

      Je suis totalement d’accord avec vous. Ces officiers supérieurs sont pratiquement tous des carriéristes et se fichent bien mal de leurs hommes.
      Pour se tenir en place les politiques ont fait pousser des généraux comme des champignons afin de s’assurer le contrôle des armées , ces généraux ne peuvent par ce fait qu’être reconnaissants à ceux qui les nomment.
      Adjudant-Chef en retraite , rectification en Pension.

    • LE BRAS , je suis moi même un ancien militaire de carrière du génie , je trouve comme la faiblesse et honteuse de la part du général Lecointre – suite aux décès des militaires au Mali , il a bien dit que les chefs sont comptables des hommes qu’ils ont sous leurs ordres . par exemple dans l’armée de terre ,il y a un âge pivot pour l’ancienneté de chaque grade – sergent c’est 42 ans – sergent chef c’ est 45 ans , adjudant c’est 47 ans , adjudant chef c’est 55 ans et un major c’est 56 ans .

  2. Sauf erreur de ma part, peu avant la “réaction” du CSFM la porte-parole du gouvernement déclarait que TOUS les personnels de l’État, fonctionnaires civils et militaires, cotiseraient au régime universel à points.
    Certes, elle a bien ajouté que seules certaines professions, les militaires, les policiers, les surveillants pénitentiaires dérogeraient au mode de calcul universel afin de conserver dans les rangs de nos armées et de nos FDO des personnels jeunes.
    Une chose est sure, et elle me navre : la Caisse nationale (*) du régime de retraite à points c’est la mise à mort du Code des Pensions Civiles et Militaires.
    Il faut rappeler que le MEDEF n’a jamais demandé la suppression du CPCM de retraite.
    Les personnels des services régaliens de l’État -ces personnels dévoués et corvéables à merci dont aucune Nation ne peut se passer- seront désormais considérés comme des travailleurs du secteur privé.
    Il aurait suffit, dès l’annonce de l’ouverture ce grand chantier, pour rassurer les militaires, les policiers, les surveillants de la Pénitentiaire, les magistrats (**) de mettre les points sur les i.
    Fixer les règles, dès le départ aux fins d’éviter toute polémique. Dans le cadre de cette grande réforme des retraites, l’ensemble des personnels des armées et l’ensemble des personnels des services régaliens de l’État resteront assujettis à l’actuel Code des Pensions Civiles et Militaires.
    Le chef de l’État et son Premier ministre ont décidé la fin programmée du Code des Pensions Civiles et Militaires.
    Dont acte.
    A aucun moment nos élites dirigeantes se sont demandé si un tel chamboulement ne serait pas perçu comme une forme de mépris pour les personnels concernés.
    Outre le montant de la pension perçu, le document (le Titre de Pension dont nous sommes si fiers) émis par le Service des Pensions signifie surtout la reconnaissance de l’État-Nation pour tous ceux à qui il est délivré.
    Feindre d’ignorer que celles et ceux qui servent leur pays sont attachés à leur régime particulier de pensions de retraite témoigne d’une forme de dédain.
    Enfin, c’est juste mon avis.

    (*): qui gérera les futures pensions des personnels de l’État (civils et militaires), des fonctionnaires ou des salariés de droit privé ?
    (**): souvent décriés, les magistrats ne comptent pas leurs heures, mais ils ne se plaignent pas.

    Question annexe: Quid des Conventions signées entre la France et les autres pays en matière du recouvrement (par le Fisc français) des impôts sur les revenus et des droits de succession des non-résidents français titulaires d’une pension de l’État ou de la CNRACL (F.P.Territoriale & hospitaliers) ?

    • je suis d’accord avec vous Claude , mais vendredi 24/01/2020 le conseil constitutionnel a mis à mal la proposition des retraites que le gouvernement veut mettre en place – ce n’est pas clair du tout .

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