lundi 23 novembre 2020
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La plateforme de signalement Pharos (Capture d'écran).

Renforcement de Pharos, nouvelle plateforme: comment le gouvernement veut lutter contre la haine en ligne

Renforcement de Pharos et création d’une nouvelle plateforme: c’est la recette du gouvernement pour muscler la lutte contre la haine en ligne.

Ce sérieux coup de pouce va être partagé entre la plateforme Pharos, commandée par le capitaine de gendarmerie Renaud Garcin, et une nouvelle structure complémentaire. Le gouvernement a dévoilé ce nouveau plan à la suite de l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines.

Vingt renforts vers Pharos

L’Etat va d’abord sérieusement muscler la plateforme Pharos. Ses 28 agents, des policiers et des gendarmes, vont être rejoints par vingt renforts. Un quasi doublement de la force de travail du service de recueil des signalements illicites sur internet. A noter que dans la vidéo ci-dessous, Gérald Darmanin, entendu par la commission des Lois de l’Assemblée nationale ce lundi 2 novembre, annonce cent renforts. Mais c’est visiblement une confusion avec l’enveloppe générale du plan gouvernemental contre la haine en ligne.

Les vingts renforts dédiés à Pharos devraient permettre aux agents d’assurer un service 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Autre piste esquissée par le ministre de l’Intérieur: faire des cyberpatrouilles. “Aujourd’hui Pharos répond à des interpellations d’internautes, puis va voir les plateformes pour dire qu’il faut retirer tel ou tel image, relève Gérald Darmanin. Mais ses agents ne sont pas proactifs. Peut-être faudra-t-il l’être.”

Lire aussi: ENTRETIEN – Pharos confrontée à l’explosion des signalements sur Internet

Depuis sa création en 2006, les missions de cette unité ont considérablement évolué. Pensée au départ pour lutter contre la pédopornographie, Pharos a ouvert son portail de signalement en 2009. Elle a enregistré l’an passé près de 229.000 signalements. Après l’assassinat de Samuel Paty, la plateforme a d’ailleurs transmis 66 signalements qui ont débouché sur l’ouverture d’une enquête. Avec à la clé des interpellations, bien souvent des adolescents “qui utilisent des mots extrêmement crus”. Habitués, de façon “extrêmement préoccupante, à faire face à l’hyper-violence”, relèvera à ce sujet Gérald Darmanin.

Une nouvelle plateforme complémentaire

Les vingt nouveaux agents de Pharos sont le premier volet du plan esquissé après le drame de Conflans-Sainte-Honorine par Jean Castex. Le Premier ministre avait signalé l’arrivée de renforts considérables pour la surveillance des réseaux sociaux. Mais sans préciser comment allaient être déployés précisément la centaine d’agents attendus. Outre Pharos, la surveillance des réseaux sociaux intéresse notamment le renseignement.

On devrait en savoir un peu plus sur ce point d’ici décembre prochain. Dans une interview à L’Obs, la députée Laetitia Avia a donné d’autres détails. L’exécutif veut créer une nouvelle plateforme de signalement des contenus haineux et du cyberharcèlement, complémentaire à la plateforme Pharos. Elle permettrait de porter plainte en ligne. Un chantier qui passera par le projet de loi de lutte contre les séparatismes. Le gouvernement pourrait le présenter à l’Assemblée nationale en décembre prochain.

G.T.

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Un commentaire

  1. CITERNE Danielle

    Fille et femme de gendarme je ne sais vraiment pas si cela sert à quelque chose la France va mal et rien n’est fait pour que cela change. Mon mari décédé doit se retourner dans sa tombe et pauvre Général De Gaulle

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