jeudi 24 septembre 2020
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Palais de justice
Illustration (MG/L'Essor).

Un ex-gendarme réserviste condamné à 30 ans de réclusion pour deux meurtres

(VERSION ACTUALISÉE)

Un ex-gendarme réserviste a été condamné vendredi à trente ans de réclusion criminelle par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour le meurtre de deux femmes à Marseille, à six ans d’intervalle.

La veille, l’avocat général Pierre Cortès avait requis la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 18 ans contre Abdelkader Amrani, 45 ans, accusé de l’assassinat de l’une des victimes et du meurtre de l’autre. La Cour n’a finalement pas retenu la préméditation dans l’un des cas et l’a reconnu coupable de deux meurtres.  Sous-officier dans la réserve opérationnelle de la Gendarmerie de 2004 à 2012, l’accusé avait été radié en 2012 après le second meurtre.

Pour l’avocat général Pierre Cortès, l’accusé Abdelkader Amrani, 45 ans, à l’époque employé de la Ville de Marseille, “n’est pas seulement un détraqué sexuel mais il est aussi un tueur jouissif”. Alors que l’accusé, qui nie farouchement ces deux meurtres, avait crié au racisme, l’avocat général a conclu son réquisitoire en lui lançant: “La vraie race dont vous faites partie, est celle des assassins!”

Le 29 juin 2012, les marins-pompiers découvraient le corps nu de Marina Ciampi, 52 ans, étouffée sur son lit, un sac plastique sur la tête maintenu par un cordon de sèche-cheveux autour du cou. L’enquête conduisait à Abdelkader Amrani, en contact avec la victime sur un site de rencontres depuis le 21 juin. Son ADN avait été découvert sous les ongles de la victime et dans son appartement.

“L’accusé, un criminel froid et calculateur”

Lors de sa garde à vue, début octobre 2012, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques faisait apparaître que l’ADN d’Abdelkader Amrani “matchait” avec un ADN inconnu prélevé sur les ongles d’Henriette Bernardi, 68 ans, découverte morte à son domicile, six ans plus tôt, en avril 2006, une mort demeurée inexpliquée. La victime avait été étranglée et une paire de collants avait été enfoncée dans sa gorge, maintenue par une ceinture de peignoir. Une pince à linge lui obstruait le nez.

Deux femmes d’une même tranche d’âge vivant seule, une paire de collants et une pince à linge découvertes sur les deux scènes de crime, “c’est une signature criminelle”, a observé l’avocat général dépeignant l’accusé comme un criminel froid et calculateur. Abdelkader Amrani aurait tué Marina Ciampi, mû par “une haine sourde, une volonté de se venger de cette femme” qui refusait de le rencontrer après des jours de discussion sur le site de rencontres, a estimé l’avocat général.

La défense de l’accusé, Mes Sondra Tabarki et Patrice Reviron, qui avaient plaidé l’acquittement d’Abdelkader Amrani, ont annoncé leur intention de faire appel.

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