vendredi 24 mai 2019
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Photo d'illustration (PH : MG l'Essor de la Gendarmerie)
Photo d'illustration (PH : MG l'Essor de la Gendarmerie)

Rapport Benalla : des conclusions qui épinglent la Gendarmerie (actualisé)

Le Sénat (SD/L’Essor).

Article actualisé à 16h avec la réaction de Gendarmes & citoyens.

Après sept mois de travaux, la commission des Lois du Sénat a livré sa copie sur l’affaire Benalla. Réunie en commission d’enquête, elle a entendu 48 personnes et recueilli trente documents complémentaires pour aboutir à son rapport de 160 pages, avec les annexes. Ses conclusions épinglent la Gendarmerie.

Deux recommandations, la neuvième et la dixième, sur les treize préconisations, visent directement l’Arme. Les sénateurs appellent ainsi à renforcer la transparence des recrutements dans les réserves de la Gendarmerie et à rendre obligatoire l’établissement d’une liste des activités professionnelles exercées par les réservistes du commandement militaire de l’Elysée.

La Contrescarpe

Ces propositions sont somme toute très éloignées des violences de la place de la Contrescarpe, le fait divers à l’origine de l’affaire. Alexandre Benalla, et son ami Vincent Crase avaient été filmés en train de malmener des individus en dehors de tout cadre légal.

Lire aussi sur L’Essor : Réserves : le Sénat veut renforcer la transparence des recrutements et les règles de sélection

Elles font suite, pour les sénateurs, à la nomination “atypique” d’Alexandre Benalla au grade de lieutenant-colonel au titre des spécialistes dans la réserve opérationnelle. De même, ils ont été interpellés par le contrôle insuffisant des affectations des réservistes au sein du dispositif de sécurité de l’Elysée – ici, ce sont les activités privées de Vincent Crase, l’ancien chef d’escadron dans la réserve, qui ont attiré l’attention des sénateurs.

Un officier visé

Un officier de Gendarmerie est nommément visé. Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, la commission des Lois met en cause le témoignage du général de brigade Lionel Lavergne, commandant le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) qui assure la sécurité rapprochée du chef de l’Etat. Elle le soupçonne de “d’omissions, incohérences et contradictions”.

Lire aussi sur L’Essor: Le général Lavergne, chef du GSPR, mis en cause par les sénateurs dans l’affaire Benalla

Outre ce général de brigade, auditionné en juillet, la commission des Lois a également entendu le patron des gendarmes, Richard Lizurey au cours du même mois. Celui-ci, interrogé sur le grade dans la réserve opérationnelle au titre des spécialistes d’Alexandre Benalla, avait assumé la nomination de l’ancien chargé de mission.

Le commandant militaire de l’Elysée, le général Eric Bio-Farina, avait été auditionné en septembre, après un premier oral devant les députés. A cette occasion, la presse s’était fait l’écho d’une contradiction dans ses propos sur le port d’arme d’Alexandre Benalla.

Lire aussi sur L’Essor: Affaire Benalla : le général Bio-Farina contredit l’ex-réserviste Vincent Crase

Par contre, si quatre fédérations de syndicats de police, soit seize policiers, ont été entendus par la commission, aucune association professionnelle nationale militaire de gendarmes – que ce soit Gendarmes & citoyens ou GendXXI – ne l’a été. Un manque regrettable : ces militaires auraient eu sans aucun doute des suggestions intéressantes à faire aux sénateurs, sensibles par exemple à la demande de transparence au sujet des spécialistes de la réserve opérationnelle portée par le syndicat des cadres de la sécurité intérieur (SCSI-CFDT).

Nous déplorons l’absence de convocation des associations professionnelles de gendarmes, déclare à L’Essor le capitaine (ER) Jean-François Charrat, de Gendarmes & citoyens. C’est un dossier où sont mis en cause deux anciens réservistes de la Gendarmerie. La sécurité du président, via le GSPR, est également pour moitié prise en charge par les gendarmes. Nous aurions pu apporter un éclairage et éviter que des amalgames soient faits dans l’opinion sur la réserve.”

G.T.

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2 Commentaires

  1. Pineaud

    Je connais le général Lavergne, j’ai eu l’honneur de servir sous ses ordres alors qu’il était commandant d’escadron dans le sud ouest. Celui de cette affaire n’est pas le même. Moi celui que j’ai connu est un homme d’honneur, un grand serviteur de la République .
    Pour moi et jusqu’à preuve du contraire il agit comme un fusible.
    Mes respects mon général

  2. Manac'h

    J’espère que des sanctions seront prises,et faire en sorte que les bi -nationaux n’aient plus en charge la protection du Président.
    Également que la réserve opérationnelle de la gendarmerie soit plus transparente au regard de la loi.

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