mercredi 3 juin 2020
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L'un des centres opérationnels d'Anticip au coeur des activités de sûreté-sécurité du groupe. (Photo Anticip)
L'un des centres opérationnels d'Anticip au coeur des activités de sûreté-sécurité du groupe. (Photo Anticip)

Quel impact a la crise du coronavirus sur les activités de sécurité? L’exemple d’Anticip

Comment les spécialistes des situations de crise gèrent-ils celle du coronavirus? Cyrille Peguilhan de Sartoux est le dirigeant de la société Anticip qui, depuis le rachat de Risk&Co en décembre 2019, est la première société de sûreté-sécurité française. Comme beaucoup d’autres, ce secteur d’activité est directement concerné par l’actuelle crise sanitaire que nous traversons. À l’approche du déconfinement, cet ancien membre du GIGN explique à L’Essor comment il fait face à la crise.

Richard Terzan (à gauche) et Cyrille Peguilhan de Sartoux (à droite), fondateurs de la société de sécurité et de défense Anticip, lancée en 2006. (Photo: Anticip)
Richard Terzan (à gauche) et Cyrille Peguilhan de Sartoux (à droite), fondateurs de la société de sécurité et de défense Anticip, lancée en 2006. (Photo: Anticip)

Des craintes multiples

Une crise d’une telle ampleur suscite nécessairement des inquiétudes. Tant à propos de l’activité qu’au niveau de l’organisation elle-même du travail. Outre les craintes financières liées à une baisse d’activité, “une de nos premières préoccupations a bien entendu été de préserver la santé de nos 160 personnels”, précise le co-fondateur d’Anticip.

Malgré une suspicion en début de crise, aucun d’entre eux n’a été atteint par le Covid-19. Une chance quand on imagine les nombreux déplacements à l’international que certains peuvent être amenés à effectuer. Mais aussi la preuve d’une bonne application des gestes barrières et conseils sanitaires, mis en œuvre dès le début de la crise. Le site francilien de l’entreprise, majoritairement dédié au domaine de la cybersécurité, a d’ailleurs fermé ses portes pendant la crise. “Nous avons privilégié le télétravail.”

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Désormais, la sûreté-sécurité numérique occupe d’ailleurs une place importante dans l’activité d’Anticip. Avec cette crise, le risque cyber est toujours présent ; “plus que jamais”, selon l’ancien gendarme d’élite. D’autant qu’il compte parmi ses clients, des groupes industriels du CAC 40, régulièrement pris pour cible.

Employés de la société de sécurité française Anticip près d'un véhicule blindé utilisé pour les escortes (Photo: Anticip)
Employés de la société de sécurité française Anticip près d’un véhicule blindé utilisé pour les escortes (Photo: Anticip)

Rapatriement, analyses, la crise crée des opportunités

Dans certains domaines, la crise a créé un certain flottement dans l’activité. Avec les fermetures de frontières à travers le monde, “nous enregistrons naturellement une baisse significative ces dernières semaines de nos missions d’accueil et d’escortes à risques”. Mais, “parallèlement, nous avons eu quelques rapatriements de zone à risques à effectuer.” Certaines activités étant à l’arrêt, des entreprises ont en effet fait revenir leurs collaborateurs.

“Nous avons en revanche une grosse production d’informations et d’analyses au profit de nos clients.” Un domaine en nette augmentation ces dernières semaines avec des alertes quotidiennes et hebdomadaires. “L’activité de certains de nos clients, comme ceux des domaines pétroliers et gaziers, ne s’arrêtent pas. Leur besoin de sûreté est permanent.” D’ailleurs, les capacités de réaction d’Anticip en cas de crise de sécurité ont été préservées.

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Ne pas déconfiner trop vite

Aux Émirats arabes unis, au Nigeria et en Afrique du Sud, trois des pays étrangers dans lesquels Anticip dispose d’emprises, le déconfinement a commencé il y a quelques jours. Lui-même confiné à Dubaï, Cyrille Peguilhan de Sartoux prévoit de rentrer en France prochainement pour préparer la reprise d’activité avec ses équipes.

Pour lui, la grande inconnue reste la temporalité de la reprise d’activité qui sera plus ou moins longue. “Quoi qu’il en soit, nous privilégierons le télétravail encore quelques temps. Il ne faut pas déconfiner trop vite.”

LP

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