samedi 20 octobre 2018
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L'engagement des compagnies de réserve territoriale était une première (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Quatre réservistes racontent leur mission aux Antilles ravagées par Irma

Pour tous les réservistes envoyés aux Antilles après le passage de l’ouragan Irma, cette mission restera inoubliable. A l’occasion de leur décoration de la médaille des services militaires volontaires, quatre d’entre eux, dont le commandant de l’une des compagnie de réserve territoriale, se sont confiés à L’Essor et nous ont décrit cette expérience hors du commun.

Lire aussi sur L’Essor: Un an après, le retour d’expérience d’un réserviste envoyé aux Antilles après l’ouragan Irma

 

“Volonté de servir”

Le capitaine (ER) Franck Gouwy est décoré de la médaille des services militaires volontaires par le directeur général de la Gendarmerie (Ph:M.GUYOT/ESSOR
Le capitaine (ER) Franck Gouwy est décoré de la médaille des services militaires volontaires par le directeur général de la Gendarmerie (Ph:M.GUYOT/ESSOR

Retraité de la Gendarmerie, le capitaine (ER) Franck Gouwy, 57 ans, a passé l’essentiel de sa carrière en gendarmerie mobile et en peloton spécialisé de protection de la Gendarmerie, ces unités qui assurent la sécurité des centrales nucléaires.

Réserviste depuis six ans du côté de Montauban, cet officier n’est employé que sur les événements les plus importants, tels que le Tour de France ou les formations de réservistes.

S’il a répondu à l’appel à volontaire, c’est en raison de sa “volonté de servir” et de mettre à profit son “expérience acquise en mission outre-mer ou en opérations  extérieures, en Bosnie et au Kosovo”.

Chef d’une unité de circonstance, la compagnie de réserve territoriale 2, il reconnaît le challenge qui a consisté à “faire travailler des gens d’origine différentes”. En gendarmerie mobile, en effet, “on est habitué à travailler avec l’instinct car on a des réflexes liés à l’entraînement commun”.

La création d’automatismes dans une unité de réservistes a été facilitée par les conditions de vie rustique qui ont aguerri la troupe et créé de la cohésion en son sein.

Au final, il a été “très agréablement surpris” d’encadrer des gens qui “réagissent comme des professionnels”, même si, reconnaît-il, “il faut commander un peu différemment et avoir une attitude plus managériale avec le réserviste qui est un civil”.

“Ici nous serions perdus”

La gendarme (ER) Laura Demange est réserviste en Picardie (Ph: M.GUYOT/ESSOR).
La gendarme (ER) Laura Demange est réserviste en Picardie (Ph: M.GUYOT/ESSOR).

Ancienne gendarme adjoint volontaire, la gendarme (ER) Laura Demange est réserviste en Picardie. Intérimaire dans une usine automobile, elle n’a pas eu de difficulté à se libérer pour participer à la mission Irma.

Fière d’avoir été sélectionnée, cette jeune femme de 28 ans a été “très surprise par les dégâts”, bien plus importants que ce que les reportages télévisés lui avaient laissé supposer.

La vie courante, sans eau, électricité ou téléphone, lui a fait réaliser le confort de nos vies occidentales. “Ici nous serions perdus sans tout ce confort”, explique-t-elle.

Durant le séjour, elle se souvient des dons de surplus de nourriture réalisés par sa compagnie, qui a également rassemblé, pour les donner, tous les produits d’hygiène qui restaient au moment du départ.

L’école de la vie

Le gendarme adjoint (ER) de deuxième classe Gautier Masquelier est parti à 19 ans pour la mission Irma (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Le gendarme adjoint (ER) de deuxième classe Gautier Masquelier est parti à 19 ans pour la mission Irma (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Parti pour la mission Irma à 19 ans, le gendarme adjoint (ER) de deuxième classe Gautier Masquelier est quasiment le plus jeune des réservistes déployés pour la mission Irma. Il a pourtant beaucoup hésité. Etudiant en licence de gestion et comptabilité, il savait que cette mission lui ferait perdre un an d’études.

Mais la perspective de “vivre une expérience aussi forte” alors qu’il n’avait jamais redoublé a emporté sa décision. Il en avait également parlé à ses enseignants qui lui ont expliqué qu’elle pourrait ultérieurement valoriser son CV.

Malgré son jeune âge, il avait déjà effectué 77 jours de réserve sur le terrain lorsque sa candidature a été validée.  Des états de service déjà bien étoffés pour un jeune homme qui a “dû faire ses preuves auprès des anciens”.

“Trois mois intenses”

L'adjudant (ER) Jean-Charles Selles est un ancien sous-officier de l'armée de terre (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
L’adjudant (ER) Jean-Charles Selles est un ancien sous-officier de l’armée de terre (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Lorsque l’appel à volontaire a été diffusé aux réservistes, en deux heures, l’adjudant (ER) Jean-Charles Selles avait répondu oui. Il avait pourtant déjà eu son content d’inattendu dans une vie professionnelle riche qui l’a conduit, après une courte carrière comme sous-officier de l’armée de terre, à devenir GO au Club Med avant de partir au Canada et aux Etats-Unis exercer comme moniteur de VTT.

Aujourd’hui âgé de 54 ans, il loue des chambres d’hôtes dans le Cantal et a dû organiser son départ pour trois mois en cinq jours.

Arrivé sur place avec la 1ère compagnie de réserve territoriale, il est tout de suite plongé dans le bain. A la descente de l’avion, de nuit, Jean-Charles Selles monte avec ses camarades “dans un bus qui avait été retourné, aux vitres brisées et avec deux vitesses seulement qui passaient”. Ensuite viendront les bateaux échoués sur la route, les habitations dévastées et les cercueils sortis de terre par les eaux.

Lors des quartiers libres, il participe au nettoyage des chemins de randonnée et au bâchage des toitures endommagées.

Après ces “trois mois intenses”, le retour dans son “village de dix habitants” a été difficile. Jean-Charles Selles se console avec “les liens énormes” qui se sont noués entre réservistes, qui ont créé une page Facebook privée pour ne pas perdre le contact.

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