jeudi 6 août 2020
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Opération de sécurité routière menée par la brigade territoriale autonome de Mer dans le Loir-et-Cher (ND/ESSOR)
Opération de sécurité routière menée par la brigade territoriale autonome de Mer dans le Loir-et-Cher (ND/ESSOR)

Quatre propositions pour les brigades de Gendarmerie du futur

Des brigades de Gendarmerie avec des limites territoriales repoussées, des moyens augmentés et des gendarmes plus disponibles. Quatre expérimentations menées en ce moment montrent que l’Institution entend moderniser la vénérable brigade dont la création remonte à 1720. Certains de ces projets n’en sont qu’à l’ébauche quand d’autres ont déjà fait leurs preuves.

2.955 brigades de Gendarmerie

Le général Pierre Casaubieihl, ancien commandant du CNEFG de Saint-Astier (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Le général Pierre Casaubieihl, ancien commandant du CNEFG de Saint-Astier (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Le général de brigade Pierre Casaubieilh, adjoint au directeur des opérations et de l’emploi de la Gendarmerie, les a détaillées le 21 novembre à la caserne des Célestins de la Garde républicaine. Il ouvrait le colloque de l’association de réservistes Anorgend intitulé “La brigade : un passé, un présent et un avenir”.

Il a ainsi présenté quatre projets qui ne concernent pas l’ensemble des 2.955 brigades de Gendarmerie, soit 634 brigades territoriales autonomes et 2.321 brigades de proximité qui dépendent de 980 communautés de brigades. En effet, désormais la Gendarmerie est sur “du cousu main” et, surtout, “fonction de l’intelligence locale”, a rappelé Pierre Casaubieilh.

La brigade multimissions (BMM)

Initialement appelée brigade multirôles, cette unité est expérimentée dans quatre communes, Saint-Giron (Ariège), Dinan (Côtes d’Armor), Soisson (Aisne) et Montmorillon (Vienne). Elle rassemble unité territoriale, brigades motorisées et brigade de recherches. La brigade multi mission doit ainsi “permettre au commandant de brigade de concevoir des manoeuvres plus importantes au niveau le plus élémentaire”.

Lire aussi sur L’EssorAvec les brigades multirôles, la Gendarmerie veut combattre le travail “en silo”

Avec davantage de moyens, de technicité et de spécialités, cette nouvelle brigade possède ainsi une capacité de manoeuvre jusqu’ici réservée à l’échelon de la compagnie. Au delà de l’opérationnel, cette innovation a une portée symbolique. “Cela nous ramène à cette idée fondamentale selon laquelle tout part de la brigade”, précise le général Casaubiehl. “Les spécialités, les technicités arrivent au service de la brigade et la Gendarmerie sert la population par la brigade”.

La brigade de gestion des évènements (BGE)

Moniteur d’intervention professionnelle de Gendarmerie Mobile (Photo D.C/L’Essor)

Cette expérimentation remet en cause les limites administratives de la brigade classique en matière d’intervention. L’idée consiste, “sur un territoire donné, un département en l’occurrence, de mutualiser les interventions de manière à dégager des marges de manoeuvre”, explique Pierre Casaubiehl.

Cette organisation permet de libérer les premiers à marcher (PAM), soit les premiers gendarmes de la brigade à partir sur une intervention. Ainsi le commandant de brigade peut “concevoir de nouveaux services externes, de contact et de prévention notamment”, ajoute l’officier général. Attention, note-t-il, “ce sont des pistes. Ce qui est vrai dans le Lot-et-Garonne ne sera pas forcément vrai dans la Meuse”. A prendre donc comme des suggestions, “soumises au commandement territorial qui les adopte ou pas”.

La brigade aux limites territoriales adaptées.

La Gendarmerie a testé une autre adaptation du territoire de la brigade, le dispositif d’appui interdépartemental. Cette fois, il s’agit de permettre à la brigade de rayonner au delà de son département. “Nous sommes confrontés à un adversaire qui ignore les limites administratives et mieux, parfois, s’en joue”, explique le général Casaubiehl. “Certains délinquants sont capables d’agir en limite de département et une fois leur forfait commis, d’en franchir la limite administrative pour essayer de gagner en tranquillité”.

Lire aussi sur L’Essor: Le Premier ministre valide le dispositif d’appui interdépartemental de la Gendarmerie

Face à cela, l’Institution “a imaginé” le dispositif d’appui interdépartemental. Il consiste à “envisager, au cas par cas, des extensions des compétences administratives et judiciaires de certaines brigades”. Pour l’instant, 22 brigades sont en capacité d’intervenir sur un ou plusieurs départements limitrophes. Les premiers résultats sont concluants, estime l’officier général qui annonce un décret pour le premier semestres 2020. Il étendra ce dispositif à 350 brigades sur 70 départements. “Beaucoup plus commun et banalisé”, cet appui interdépartemental ne sera pourtant déployé “que si cela s’impose et que le besoin en a été prouvé localement”, insiste Pierre Casaubiehl.

La brigade sans fil

Utilisation d'un smartphone Neogend en patrouille (Crédit photo:GT/L'Essor).
Utilisation d’un smartphone Neogend en patrouille (Crédit photo:GT/L’Essor).

Et si le numérique permettait de rapprocher le gendarme de la population? C’est l’objectif de la brigade sans fil. Il ne s’agit pas de créer une nouvelle unité mais simplement d’envoyer “l’appel d’un requérant non pas au poste fixe de la brigade mais sur la tablette Neogend du gendarme”.

Ce dernier peut alors quitter la brigade au lieu d’attendre un accueil hypothétique. “Toutes les brigades ne sont pas forcément submergés par les accueils physiques”, estime le général Casaubiehl. Et le gendarme, en mission externe peut effectuer, à la fois, “du contact physique et de l’accueil téléphonique”.

Matthieu Guyot

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5 Commentaires

  1. pasqué

    super les brigades d’appui interdépartemental. nous sommes à 2 kms des côtes d’armor avec sa brigade en limite du morbihan ( moins d’un kilomètre ) alors que la brigade qui intervient chez nous est à 28 km ( ploermel)

  2. OBY

    Bonjour cette brigade multi rôles Brigade territoriale, motorisée et de recherches existait déjà dans les années 1973 – Il y en avait une à Forcalquier (o4) Une B.M.I. avec un noyau recherches de 2 gendarmes qui avaient déjà une habilitation OPJ compagnie…

  3. A mon avis c est une erreur d’intégrer les BR dans ce dispositif. Il faut laisser ces unités libres de leurs actions. Je ne comprends pas très bien l’objectif si ce n’est que la BR soit un renfort de la BT !!

  4. Bjr,
    Je suis major en retraite de l’arme depuis 2009 aux Sables d’Olonne (Vendée). J’apprends par le journal d’Ouest France une belle cérémonie de la Ste Geneviève sur la Vendée. N’ayant pas eu connaissance de cette céromonie depuis plus de 3 ans, j’ai adressé un courriel sur le site gendarmerie qui dépend de mon secteur il y a une semaine. Personne ne m’a répondu.
    Question: a qui faut-il s’adresser?

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