jeudi 21 novembre 2019
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Gendarmes lors d'une cérémonie aux Invalides (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Gendarmes lors d'une cérémonie aux Invalides (Ph: M.GUYOT/ESSOR)

Quand les gendarmes confient ce qu’ils ont sur le coeur (data)

Qualité de vie, conditions de travail ou encore problèmes matériels. Lorsqu’on les interroge sans filtre, les gendarmes n’hésitent pas à confier ce qu’ils sont sur le coeur. Nous avons analysé les résultats du questionnaire établi par la commission d’enquête sur la situation des forces de sécurité, dévoilée mercredi 10 juillet.

Les députés de cette commission ont en effet lancé une consultation libre en juin dernier. Près de 13.735 personnes ont répondu à cette enquête, dont environ 3.700 se déclarent gendarmes. Le ministère de l’Intérieur a toutefois refuser de difuser le questionnaire à ses personnels. Les députés ont donc, pour les gendarmes, utilisé le canal des associations professionnelles nationales de militaires pour les atteindre. L’Essor a étudié avec un logiciel d’analyse lexicale les réponses de ces gendarmes à la dernière question des députés. La consultation en ligne se terminait en effet par une invitation à un commentaire libre.

Lire aussi sur L’Essor: L’Assemblée nationale s’inquiète d’une “pression opérationnelle inédite”

Que nous révèle l’analyse lexicale de ces réponses? Tout d’abord, les mots des gendarmes sont avant tout à propos de leur institution, la Gendarmerie (218 occurrences). Vient ensuite le ou les personnels (206). Ainsi, ce sous-officier de l’Oise appelle à “rajeunir les manières de gérer les unités pour promouvoir le bien-être du personnel et maximiser un travail productif“.

Le travail, les missions

C’est ensuite le travail (200) qui est le plus souvent cité. “Vous n’avez pas évoqué le stress au travail“, déplore ainsi un sous-officier de l’Hérault à l’adresse des parlementaires. Il faut, propose un autre gendarme, “remettre le travail de police judiciaire au centre du métier“. Mais, bien souvent, c’est la question du temps de travail qui est d’abord soulevée par les répondants.

Les gendarmes interrogés évoquent également le “manque” (155), qu’il soit lié aux effectifs ou à la reconnaissance. “J’ai reçu une balle dans le bras, trois jours avant d’être de nouveau victime de tir d’arme à feu, sans médaille de la Gendarmerie“, regrette ce sous-officier.

Les missions (128) sont elles aussi souvent citées. “Il faut recentrer notre travail sur nos missions“, appelle un gendarme. Un autre, sous-officier dans l’Eure-et-Loir, confie être “submergé par l’ensemble des missions qui (lui) sont confiées (surveillance, planton, soit transmis judiciaires, gardes à vue)“.

C’est le logement qui est ensuite le plus cité (121). Pour ce sous-officier du Rhône, “le logement des gendarmes concédé par absolue nécessité de service n’a plus lieu d’être pour de très nombreux gendarmes qui ne sont pas primo intervenants“. La plupart d’entre eux, notent-ils, “ne veulent plus de ce logement imposé par l’Etat”. “Nous manquons d’argent, les logements sont vieux, parfois insalubres et on nous promet des travaux que personne ne fait jamais“, regrette un autre gendarme.

Gabriel Thierry

Méthodologie: répondants se déclarant gendarmes. Réponses à la dernière question de l’étude de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la situation des forces de sécurité. Les occurrences ont été calculées en ligne sur tagcrowd.com, sans mots exclus.

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2 Commentaires

  1. MATHE Bernrad

    Au lieu de nommé tant de Généraux car ceux-ci reviennent très chers à l’Etat -le salaire, le logement et touts les autres “avantages” que leur grade leur permet d’avoir, on devrait nommer des officiers tels que des Capitaines, Commandants, Colonels, comme cela était il y 20 ou 30 ans en arrière. Ces “économies” pourraient permettre d’avoir des logements non insalubres et biens d’autres choses. Si la Gendarmerie continue a nommé des Généraux bientôt ils seront obliger d’ être sur le bord des routes a verbaliser les automobilistes car ils seront aussi nombreux que les simples Gendarmes…””On peut rêver””….

    • Colin

      Tout a fait d’accord, le trop plein de généraux n’apporte rien à l’efficacité de la gendarmerie. Budgétairement c’est un énorme coût à gérer, pour quels résultats ? Notre dérive financière s’élève actuellement à 35200 euros par personne alors mettons un terme à cette évolution par un sévère retour vers une réalité beaucoup plus sobre sans nuire à l’évolution de notre arme qui très souvent manque de fric pour des opérations indispensables relatives à l’ensemble des sous officiers (logements, véhicules, transmissions, etc.…) Il est maintenant urgent d’apporter du mieux être à la gendarmerie par la base et non par ses étoiles.

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