lundi 16 décembre 2019
Accueil / A la une / Projet de loi de finances 2019 pour la Gendarmerie et la Police : “Ce budget n’est pas à la hauteur”‘ dénonce le sénateur Henri Leroy, ancien gendarme
Henri Leroy en séance publique au sénat (capture d'écran twitter)

Projet de loi de finances 2019 pour la Gendarmerie et la Police : “Ce budget n’est pas à la hauteur”‘ dénonce le sénateur Henri Leroy, ancien gendarme

Henri Leroy, sénateur des Alpes-Maritimes (LR), (ancien officier rang de la Gendarmerie) rapporteur pour avis des programmes “Police nationale”, “Gendarmerie nationale” et “Sécurité et éducation routières” de la mission “Sécurités” n’a pas mâché ses mots devant le sénat lors du projet de loi de finances 2019 le 6 décembre dernier en séance publique mais aussi en commission le 27 novembre où il a longuement développé son point de vue.

Lire aussi sur L’EssorCinq points à retenir du grand oral de Richard Lizurey devant les sénateurs (vidéo)

Il a notamment fustigé le déséquilibre entre la “hausse optique” des effectifs, 643 gendarmes, et 1735 policiers et le chiffre de 8000 ETP que va entraîner selon lui la directive européenne sur le temps de travail. Il a également déploré que les crédits d’investissement fassent office de variable d’ajustement.

Le sénateur des Alpes-Maritimes a toutefois observé que “ce renforcement des effectifs ne saurait, sans être accompagné des réformes structurelles adéquates et d’un fort redressement des crédits d’équipement et des moyens de fonctionnement des forces de sécurité, exercer un réel effet de levier pour renforcer la présence des forces de l’ordre sur le terrain.”

Il a ainsi déploré que“l’effort budgétaire sur les moyens humains masque une sous-dotation manifeste des crédits de fonctionnement et d’investissement, dont la part dans le budget global ne cesse de diminuer : “la capacité opérationnelle des forces de sécurité intérieure repose non seulement sur le nombre de personnels actifs, mais également sur l’aptitude de l’État à équiper et à entretenir ses forces. L’augmentation des effectifs doit se poursuivre mais en l’accompagnant d’un redressement conséquent des crédits de fonctionnement et d’investissement. C’est la capacité d’intervention des policiers et gendarmes que nous risquons, à défaut, d’affaiblir.” 

Il a notamment évoqué le parc des VBRG   :

 “La Gendarmerie mobile fonctionne avec des VBRG qui ont plus de 50 ans et sont totalement dépassés”.

Pour la Gendarmerie, 105 millions d’euros sont prévus, alors que la rénovation et l’entretien du parc immobilier nécessiteraient 300 millions par an pendant plusieurs années” a t-il encore estimé. Concernant la PTS, selon lui, “l’investissement en faveur de la police technique et scientifique demeure encore très largement insuffisant au regard des besoins. Il n’est pas à la hauteur des défis technologiques qui se profilent”.

Son intervention a été saluée par l’APNM Gendarmes et citoyens sur twitter

Intervention en commission le 27 novembre 

Rapporteur pour avis de la commission des lois; est monté au créneau pour dénoncer “un budget qui n’est pas à la hauteur”.


Intervention  en séance publique

– La commission des lois partage le constat de nos collègues de la commission des finances. La trajectoire financière demeure déséquilibrée et insuffisante. L’accent a été mis sur le renforcement des effectifs : 1 735 dans la police et 643 dans la gendarmerie nationale. Cela suffira-t-il ? J’en doute. Cette hausse est optique, elle ne compensera pas les conséquences de la directive européenne sur le temps de travail qui nécessiterait de recruter 8 000 ETP dans les deux forces. Cette hausse est aussi inefficiente, faute de dispositions pour alléger la charge administrative importante, complexe et fastidieuse qui pèse sur nos forces. Ce budget n’est à la hauteur ni des annonces ni des besoins. Je déplore que les crédits d’investissements fassent office de variable d’ajustement. Vous réduisez la formation, renouvelez les véhicules mais 8 000 restent en service alors qu’ils devraient être réformés, temporisez sur la rénovation des casernes avec seulement 105 millions d’euros contre 300 millions d’euros nécessaires. À quoi bon renforcer les effectifs s’ils manquent de moyens, d’équipements et de munitions ?

D.C

A voir également

Un blindé de la Gendarmerie, à l'Arc de Triomphe, lors de l'acte 23 des Gilets jaunes (crédit photo: GT/L'Essor).

Première cure de jouvence pour les blindés de la Gendarmerie

L'un des blindés de la Gendarmerie vient de bénéficier d'une belle cure de jouvence. Le détail de cette modernisation indispensable.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *