mercredi 30 septembre 2020
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Photo d'illustration (GIGN).
Photo d'illustration (GIGN).

Prise d’otage à la prison d’Ensisheim : le GIGN est intervenu

Pas de violences, pas d’effusion de sang. Tout s’est bien terminé. Le surveillant retenu depuis dimanche soir par trois détenus à la prison d’Ensisheim (Haut-Rhin) a été libéré sans violence et les trois auteurs ont été placés en garde à vue, a annoncé lundi matin le procureur de la République de Colmar. La reddition des détenus a été obtenue à l’issue d’une nuit de négociations.

La gendarmerie et notamment le GIGN ainsi qu’une équipe ERIS (la force d’intervention de l’administration pénitentiaire), qui avaient été dépêchés d’urgence, n’ont pas eu à faire usage de la force pour obtenir la reddition des preneurs d’otage, précise le procureur de Colmar dans un communiqué.

Le journal l’Alsace qui précise qu’un PSIG a sécurisé les abords de l’établissement indique  que “le photographe de l’Alsace a pu voir les gendarmes engagés franchir le portail peu après six heures“.

Sur son compte twitter personnel, le colonel Laurent Phelip, commandant du GIGN,  félicite ses équipes.

    Selon M. Christophe Schmitt, délégué pénitentiaire FO, le gardien a été retenu en otage dimanche à 19H30, au moment où les détenus réintègrent leurs cellules. Le surveillant brigadier a été libéré à 05H50, pris en charge par les pompiers pour recevoir des soins d’ordre psychologique et les prisonniers ont été aussitôt placés en garde à vue.

Revendications pas claires

Les revendications des détenus “n’étaient pas claires”, a déclaré le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet. “Ce sont des prisonniers qui purgent de longues peines et qui peuvent estimer que leur vie est sans issue. Il n’y a pas de logique. Peut-être y a-t-il aussi le désir de changer d’établissement”. Le préfet a précisé que le surveillant avait été retenu d’abord par un seul détenu qui s’était emparé de son trousseau de clefs avec lesquelles il avait ouvert les cellules de deux codétenus. Selon M. Schmitt, le principal auteur est Francis Dorffer, déjà auteur par le passé de quatre prises d’otage en prison. “A chaque fois qu’il réalise une prise d’otage, il obtient ce qu’il veut, la dernière fois c’était justement pour obtenir son incarcération à Ensisheim, pour être plus près de sa famille“, a poursuivi le délégué syndical.

Francis Dorffer, incarcéré depuis l’âge de 16 ans dans une vingtaine de prisons différentes après des condamnations pour vols, viol et assassinat d’un codétenu, est aux yeux des personnels de l’administration pénitentiaire le “champion de la prise d’otage carcérale”.

En 2006, il a retenu une psychiatre à la prison de Nancy, en 2009 un surveillant à Clairvaux (Côte d’Or), en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris) et en 2011 un gardien à Poissy (Yvelines). A son dernier procès, Francis Dorffer avait déclaré à la cour d’assises de Paris: “Mettez-moi à Ensisheim et vous n’entendrez plus parler de moi”.

L’épouse du détenu et leur enfant demeurent à Mulhouse, tout près d’Ensisheim. Une enquête a été ouverte par le parquet des chefs de séquestration, tentation d’évasion, violences sur personne dépositaire de l’autorité publique avec arme, dégradation de biens d’utilité publique. Les trois preneurs d’otage devraient répondre de leurs actes devant une cour d’assises où ils risquent jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.

Le ministre de la Justice, François Bayrou, a adressé dans un communiqué son “soutien” au gardien et salué son “sang-froid et le professionnalisme dont il a fait montre dans ces circonstances éprouvantes”.

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