jeudi 28 mai 2020
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Un hélicoptère EC-145 de la Gendarmerie nationale. (Photo d'illustration - L.Picard/L'Essor)
Un hélicoptère EC-145 de la Gendarmerie nationale. (Photo d'illustration - L.Picard/L'Essor)

Près de Nantes, un trentenaire convoqué devant le tribunal après avoir visé un hélicoptère de la Gendarmerie avec un laser

Ce pointeur laser, c’était vraiment une mauvaise idée. Un habitant du sud de Nantes sera jugé, d’ici cet été, pour avoir visé un hélicoptère de la Gendarmerie.

Ce trentenaire encourt pour cette mise en danger de la vie d’autrui une peine d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende. Au début du mois de février, l’hélicoptère EC-135 de la section aérienne de la Gendarmerie de Rennes est en vol. Il effectue une mission au profit de la Police nationale. Alors qu’il survole la commune de Bouaye, au sud de Nantes, il est visé par un pointeur laser.

Le danger est important. L’appareil survole alors une zone urbaine, et à proximité immédiate de l’aéroport Nantes Atlantique qui accueille plus d’une centaine de vols par jour. En outre, ce type de laser peut, suivant sa puissance, entraîner des lésions irréversibles aux yeux. Il existe ainsi un risque au niveau de la rétine.

Coordonnées géographiques relevées par le pilote de l’hélicoptère

Rapidement, l’équipage de l’appareil localise l’origine du laser. Il relève les coordonnées géographiques. Quelques temps plus tard, les enquêteurs se présentent chez un habitant de la commune de Bouaye. D’après les renseignements fournis par le pilote de l’hélicoptère, le laser provenait de chez lui.

Ce dernier assure ne pas être à l’origine de ces rayons lumineux. Mais, ajoute-t-il, il s’agit peut-être d’un ami qu’il hébergeait au moment des faits. Entendu par les gendarmes début mars, comme l’évoque Ouest-France, l’ami en question, un homme de 31 ans, a reconnu les faits.

Les hélicoptères ciblés 10 à 20 fois par an

Le pilote et la Gendarmerie ont déposé plainte, “comme nous faisons aujourd’hui systématiquement”, précise le colonel Emmanuel Sillon. “C’est impératif pour pouvoir entamer une action publique”, ajoute le commandant les Forces aériennes de la Gendarmerie nationale (FAGN). Pour l’officier, ce type de faits est malheureusement régulier. “Même s’il faut relativiser, ces actes sont de plus en plus récurrents. En moyenne 10 à 20 par an.” Des pics sont par ailleurs observés, notamment lors de phénomènes sociaux comme à Notre-Dame-des-Landes ou lors du mouvement des Gilets jaunes.

Lire aussi: Haute-Garonne: Il aveugle l’équipage d’un hélicoptère de la Gendarmerie

S’il s’agit bien souvent d’actes délibérés, il n’y a pas toujours une volonté de malveillance. “Parfois, ce sont des jeunes qui veulent jouer et ne se rendent pas compte des risques et des conséquences”, indique le colonel. Toutefois, il arrive que ces actes soient bien plus réfléchis. “Nos machines interviennent au profit ou en appui des unités de gendarmerie départementale, mobiles ou spécialisées (comme le GIGN), ou encore d’autres services. Notre présence peut en déranger certains. Ils vont ainsi utiliser ce type de pointeurs laser pour chercher à contrer l’action des forces de l’ordre.”

  • La Gendarmerie compte aujourd’hui 56 hélicoptères (Écureuils, EC-135 et EC-145).
  • Ils sont répartis au sein de 29 unités opérationnelles et deux centres nationaux de formation et de maintenance.
  • Les FAGN sont implantées et interviennent sur tout le territoire national, en métropole comme outre-mer, à l’exception de la Polynésie et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Loïc Picard

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