jeudi 16 juillet 2020
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Un blindé de la Gendarmerie, à l'Arc de Triomphe, lors de l'acte 23 des Gilets jaunes (crédit photo: GT/L'Essor).
Un blindé de la Gendarmerie, à l'Arc de Triomphe, lors de l'acte 23 des Gilets jaunes (crédit photo: GT/L'Essor).

Première cure de jouvence pour les blindés de la Gendarmerie

Notre-Dame-des-Landes, Gilets jaunes, référendum de Nouvelle-Calédonie. En ces trois occasions, les valeureux blindés de la Gendarmerie, les VBRG, se sont avérés indispensables. Mais, entrés en service en 1974 sous la marque Berliet, ce matériel roulant de la Gendarmerie accuse son âge. L’un VBRG vient justement de bénéficier d’une belle cure de jouvence.

Cure de jouvence à Angoulême

Extérieurement, le véhicule n’est pas très différent du modèle en service. L’industriel Turgis et Gaillard cherchait depuis près de deux ans à imposer sa proposition de rénover complètement les VBRG. En octobre, la direction générale avait approché l’entreprise, qui a décroché en janvier un contrat pour un véhicule.

L’engin a été envoyé en avril à Angoulême, un des nombreux sites de cet industriel diversifié. C’est AA Rok, le bureau d’étude du groupe qui s’est chargé de l’ingéniérie du projet avec deux collaborateurs. Une quinzaine de salariés ont également mis les mains dans la graisse au sein de l’entreprise Sefiam. L’industriel n’a pas fait dans le cosmétique. Il a remplacé le moteur d’origine par un Iveco de 240 CV (contre 170 à l’origine). De même, il a changé la boîte de vitesse et les ponts. Des blindages additionnels ont enfin été apposés. Une protection indispensable afin de prendre en compte la problématique particulière de la Nouvelle-Calédonie. Des calibres de grande chasse avaient en effet perforé des blindages originels. Une climatisation a également été implantée.

Lire aussi sur L’Essor: La Gendarmerie mise sur la future loi de programmation pour renouveler ses blindés

Questionnement sur le remplacement des blindés de la Gendarmerie

Le remplacement des blindés questionne depuis longtemps la Gendarmerie. Faute de budget pour cet équipement qui fait figure de dernier recours, son remplacement est régulièrement évoqué puis reporté. A ce stade, la direction générale ne semble pas avoir pris de décision suite à la cure de jouvence effectuée par Turgis et Gaillard. Mais le précédent directeur n’avait pas caché sa satisfaction, face aux parlementaires, sur ce premier exemplaire. La rénovation semble en effet la seule alternative pour maintenir le parc en nombre et en état. Le 10 octobre, le général d’armée Richard Lizurey affirmait ainsi aux députés :

“Nous nous orientons vers le rétrofit des véhicules blindés actuels et des véhicules de l’avant blindé (VAB) qui ne sont plus d’utilité aux armées. Dans le cadre du renouvellement de ses matériels l’armée de Terre n’a plus l’utilité de certains VAB et j’ai demandé qu’on nous les cède afin de les gendarmiser en les remotirisant et en les peignant en bleu pour les mettre à la disposition des unités de Gendarmerie, notamment outre-mer. Les VAB présentent l’avantage d’être surblindés. J’ai besoin de la moitié des 84 véhicules blindés outre-mer, plutôt des VAB Maintien de l’ordre, le reste étant des VBRG rétrofités.”

Concrètement, un blindé de la Gendarmerie et un véhicule de l’avant blindé ont ainsi bénéficié d’un rétrofitage. Le prix de ces deux prototypes, incluant la remotorisation complète, la climatisation et la révision de l’ensemble du système, s’est élevée à environ 250.000 pièce. Un coût estimé à “cinq à six fois moins cher que le développement d’un matériel par des industriels”. L’Arme vise à rénover six ou sept matériels par an au cours des cinq prochaines années.

Jean-Marc Tanguy

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