vendredi 6 décembre 2019
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Pourquoi les gendarmes et les policiers font davantage usage de leur arme

Photo d'illustration (crédit photo: MG/L'Essor).
Photo d’illustration (crédit photo: MG/L’Essor).

Cet été, policiers et gendarmes ont fait parler la poudre. Début juillet, un jeune homme décédait suite au tir d’un policier début juillet à Nantes. Et il y a quelques jours, c’est un automobiliste qui est mort, atteint par une gendarme de 50 ans après avoir tenté de forcer un barrage dans le Gard. Deux faits divers tragiques qui peuvent laisser penser à une augmentation du nombre d’usage de leur arme par les gendarmes et les policiers.

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Une hausse à mettre en perspective

Illustration (DC/L’Essor).

L’usage des armes chez les gendarmes a effectivement augmenté de 28% depuis 2013, a ainsi dévoilé le directeur général de la Gendarmerie, Richard Lizurey, interrogé à ce sujet ce jeudi 6 septembre lors de la conférence de presse de rentrée du ministre de l’Intérieur. Mais, ajoute-t-il aussitôt, cette augmentation est à mettre en perspective avec un autre chiffre, celui de l’agression des gendarmes avec des armes. Elles sont, sur la même période, en hausse elles de 83%.

Nous avons vraiment une augmentation très forte de la violence contre les forces de l’ordre”, s’inquiète le patron des gendarmes. Et de citer l’exemple des refus d’obtempérer, un phénomène qui alarme les militaires. En moyenne, la direction générale en compte un par heure en France.

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Les gendarmes n’utilisent pas leur arme de gaieté de cœur, précise également à L’Essor Richard Lizurey. C’est une phase difficile pour les personnels, et notre rôle, au commandement, c’est de les soutenir dans ce type d’événement.” La gendarme auteur du tir mortel contre un automobiliste dans le Gard à la fin août, une maréchale des logis-cheffe de 50 ans, bénéficie ainsi de la protection fonctionnelle juridique de la Gendarmerie

Même constat dans la Police

Le préfet Eric Morvan DGPN ( photo préfecture Pyrénées Atlantiques)

Cette violence sur la route est également dans le viseur de la Police nationale. “Les percussions et les tentatives de percussion de nos personnels par des véhicules, ont eu tendance à augmenter de manière très significative et très inquiétante”, commente Eric Morvan, le directeur général de la Police nationale.

Pour le chef des policiers, la hausse de l’usage des armes pourrait s’expliquer par la “tendance haussière à des gestes agressifs envers les forces de Police et de Gendarmerie, notamment en véhicule”. Ainsi, si en 2017 la Police a enregistré 394 usages d’une arme, 202 d’entre eux l’ont été contre un véhicule en mouvement.

Publié en août 2018, le rapport de l’inspection générale de la Police nationale, publié en juillet dernier, fait état d’une augmentation de l’usage d’une arme à feu dans la Police (52 en 2017 contre 48 en 2016). Les chiffres de la Gendarmerie ne sont eux pas connus. Cette tendance à la hausse de l’usage des armes ne se confirme toutefois pas encore en 2018. Il est au contraire légèrement en baisse sur les sept premiers mois de l’année, que ce soit dans la Gendarmerie ou dans la Police.

L’usage des armes dans la Gendarmerie et dans la Police a été harmonisé avec la loi du 27 février 2017 relative à la sécurité publique. L’article L435-1 précise les cinq cas dans lesquels les gendarmes et les policiers peuvent faire usage de leurs armes, “en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée”.

Gabriel Thierry.

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