mardi 23 juillet 2019
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Utilisation d'un smartphone Neogend en patrouille (Crédit photo:GT/L'Essor).
Utilisation d'un smartphone Neogend en patrouille (Crédit photo:GT/L'Essor).

Pourquoi la Gendarmerie a préféré Sony à Samsung pour ses téléphones NeoGend

Les industriels du high-tech étaient priés de montrer patte blanche. Mais un seul aura finalement répondu aux exigences des gendarmes. On en sait un peu plus sur l’important appel d’offres de la Gendarmerie en tablettes et smartphones destinés au programme NeoGend. Un rapport parlementaire sur la 5G, publié le 2 avril 2019, vient de dévoiler une facette inédite de ce marché public qui a opposé les fabricants de téléphone Samsung et Sony.

Lire aussi sur L’Essor: 2017, une année faste pour le programme de smartphones et de tablettes Neo

Les deux entreprises travaillent alors déjà avec l’Arme dans le cadre de l’expérimentation de son programme NeoGend dans le Nord, débutée en septembre 2015. La première fournit des téléphones Samsung S5, la seconde des tablettes Sony Xperia Z2. En mai 2016, un juteux appel d’offres, estimé à 50 millions d’euros, doit permettre d’aller beaucoup plus loin en équipant massivement les gendarmes et les policiers en smartphones et tablettes.

Questions de sécurité

Un tel déploiement pose évidemment des questions de sécurité, eu égard aux données sensibles qui transiteront par ces terminaux. Ce qui n’a pas échappé aux gendarmes, qui prévoient l’obligation, pour l’heureux élu, de “fournir à la Gendarmerie les codes sources des matériels et des logiciels”. Une demande clé pour les militaires qui veulent “maîtriser non seulement les applications et les chiffres de son système de transmissions tactiques, mais aussi ses terminaux”, précise le rapport parlementaire sur la 5G. En clair, il s’agit de traquer portes dérobées et vulnérabilités informatiques qui permettent un accès non prévu par un tiers.

Selon l’auteur du rapport, le député (LREM) du Rhône Thomas Gassilloud, Samsung, prié de se soumettre à cette demande, renâcle et finit par refuser. Sony, au contraire, accepte cette exigence et rafle la mise avec ce contrat de livraison de 18.300 tablettes et 67.000 smartphones pour le ministère de l’Intérieur. “Une rédaction habile et soigneuse des cahiers des charges doit permettre de garantir la maîtrise par les forces des équipements qu’elles utilisent“, analyse Thomas Gassilloud.

En janvier 2018, un communiqué de presse de Sony et d’Orange – qui fournit les cartes Sim, la formation et la maintenance – saluera la conquête de ce marché. L’obtention de cet appel d’offres “démontre notre capacité à proposer des solutions ultrasécurisées“, résumera le directeur général de Sony Mobile France. Les deux entreprises préciseront enfin que les terminaux, certifiés par l’Anssi, les cyberpompiers de l’Etat, seront livrés sans surcouche logicielle installée par le constructeur ou l’opérateur. Sans doute une manière simple de répondre aux exigences des gendarmes.

Gabriel Thierry

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Un commentaire

  1. Niout

    Après la funeste oeuvre d’un politique en campagne électorale lors de vente des sous marin du Pakistan on peut s’interroger sur les dessous de table, les rétro Commission, et les autres habituelles magouilles qui s’ajoutent lorsqu’il s’agit de marché d’Etat…

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