jeudi 24 septembre 2020
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Paris, le 16 septembre 2016. Hommage aux victimes par l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONACVG) qui expose 40 portraits dans les douves des Invalides. Crédit : ND/Essor.
Vue des canons de l'Hôtel des Invalides (Photo d'illustration ND/L'Essor)

Pour la première fois, un mort de l’attentat du DC-10 d’UTA, déclaré “Victime du terrorisme”

Il avait été tué – avec 169 autres personnes – il y a 30 ans dans l’attentat à l’explosif contre le DC-10 d’UTA au dessus du Niger. Jean Denoix de Saint Marc était âgé de 49 ans. Son acte de décès portera dorénavant la mention “Victime du terrorisme“. Un arrêté est paru en ce sens dimanche au Journal officiel.

Interrogée par L’Essor, la Chancellerie a précisé que Jean Denoix de Saint Marc est la première victime de cet attentat meurtrier à bénéficier de cette mesure. Depuis 2014, près de 130 personnes, tuées dans des attentats en France ou à l’étranger, ont eu, à la demande de leurs ayants droit, la mention “Victime du terrorisme” portée sur leur acte de décès.

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La majorité de ces quelque 130 personnes sont mortes dans les attentats du 7 et du 9 janvier 2015 (17 morts) et du 13 novembre 2015 (130 morts) à Paris et du 14 juillet 2006 (86 morts) à Nice. Parmi d’autres personnes, déclarées “victimes du terrorisme”, figure le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame tué par un terroriste le 23 avril 2018 à Trèbes (Aude).

170 passagers du DC-10 d’UTA tués dans l’explosion

Le 19 septembre 1989, un DC-10 de la compagnie française UTA, assurant la liaison Brazzaville-Paris, via N’Djaména, explosait au dessus du désert du Niger. Les 170 passagers et membres d’équipage (de 18 nationalités, dont 54 Français) étaient alors tués. L’enquête de la justice française prouvera que l’explosion était due à une bombe déposée dans l’appareil à N’Djaména par les services secrets libyens du colonel Kadhafi. La Libye était en effet à l’époque en conflit ouvert avec la France sur le Tchad.

En 2004, le collectif des familles de victimes du DC-10, emmenés par Guillaume Denoix de Saint Marc, fils de l’une des victimes, avait signé un accord avec la Fondation Kadhafi. Au terme de celui-ci, chacune des familles des 170 victimes avait reçu un dédommagement d’un million de dollars. Un monument commémoratif a ensuite été érigé en 2007 dans le désert du Niger à l’emplacement de l’endroit où ont été retrouvés les corps et les débris du DC-10.

“La seule chose qui manque”, a dit à L’Essor Guillaume Denoix de Saint Marc, directeur-général de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT), “c’est un procès par contumace en France d’Abdallah Sénoussi”. Beau-frère du colonel Kadhafi et numéro 2 à l’époque des services secrets libyens, Abdallah Sénoussi est en effet soupçonné d’être l’organisateur de l’attentat. Il est actuellement détenu en Libye.

Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme

Guillaume Denoix de Saint Marc a par ailleurs rappelé que la traditionnelle cérémonie d’hommage aux victimes des attentats se tiendra pour la dernière fois ce 19 septembre et en présence du Premier ministre à Paris. Depuis vingt ans, cette cérémonie se déroule dans le Jardin de l’Intendant aux Invalides.

A partir de 2020, une journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme, instituée par Emmanuel Macron, aura lieu en France tous les 11 mars. Cette date rappelle l’attentat le plus meurtrier jamais commis en Europe, le 11 mars 2004 à Madrid (191 morts).

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Les victimes des attentats peuvent également bénéficier de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme. Cette décoration, la cinquième dans l’ordre protocolaire, peut être attribuée à demande de la victime si elle est blessée ou de son entourage si elle est décédée.

302 personnes ont déjà reçu cette médaille créée en en juillet 2016. A la Chancellerie, on précise que le ministère de la Justice “instruit actuellement un certain nombre de demandes” relatives à cette médaille.

PMG

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