jeudi , 17 juin 2021

Le fondateur du GIGN et du GSPR, Christian Prouteau (Photo: M.Guyot/L'Essor).
Le fondateur du GIGN et du GSPR, Christian Prouteau (Photo: M.Guyot/L'Essor).

Pour Christian Prouteau, fondateur du GSPR, “la sécurité a manqué d’anticipation” lors de l’épisode de la gifle reçue par Emmanuel Macron

Invité de la matinale de Radio Classique mercredi 9 juin, Christian Prouteau a donné son avis sur l’épisode de la gifle reçue par le président de la République, Emmanuel Macron, mardi 8 juin à Tain-l’Hermitage (Drôme). L’occasion pour le fondateur du GIGN, de revenir sur le rôle et l’action du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). Une unité qu’il a créé en 1983, sous la présidence de François Mitterrand.

Pour Christian Prouteau c’est au GSPR de s’adapter au président, pas l’inverse

La mission du GSPR est essentielle, commence par rappeler Christian Prouteau. Il s’agit d’assurer la sécurité physique du président de la République. Mais également, symboliquement, de tous les Français. Les institutions de la Ve république accordent en effet une place unique au chef de l’Etat. La fonction, assure-t-il, va “bien au-delà de la personne qui la représente. Le président, c’est nous”. Et de regretter que la sécurité ait manqué d’anticipation dans l’épisode de la gifle. Certes, le bain de foule à la sortie d’un lycée hôtelier de Tain-l’Hermitage a été improvisé par Emanuel Macron. Pour autant, “ce n’est pas au président de s’adapter, c’est à la sécurité. Et elle a manqué d’anticipation”.

De fait, la culture française en la matière est très différente du système américain qui interdit tout bain de foule et tout contact direct entre le chef de l’Etat et la population. Une différence liée à nos histoires. Quatre présidents américains ont été assassinés ! “En France il est tout de même possible d’obtenir une grande efficacité si le GSPR obtient du chef de l’Etat qu’il s’appuie sur lui (…). Dans le cas d’Emmanuel Macron, si le président avait attendu son équipe ou si son équipe avait été plus rapide il ne serait pas arrivé seul. Et on aurait évité la fraction de seconde où l’homme lui prend le bras. Une fraction de seconde qui pose problème si les intentions avaient été au-delà de l’offense”.

Une mixité Police-Gendarmerie qui peut s’avérer problématique

Formée uniquement de gendarmes à sa création, l’unité de 70 agents se compose désormais de militaires membres du GIGN et de policiers, désignés par le chef de service de la protection. Une mixité qui peut s’avérer problématique, notamment en raison d’une alternance de direction aux habitudes de commandement très différentes. La formation des hommes n’est également pas la même dans les deux institutions. Ce qui « au résultat, analyse Christian Prouteau sur Radio Classique, pose des problèmes“.

Lire aussi: La réforme de la sécurité de l’Elysée inquiète le créateur du GSPR

Au-delà de ces considérations sur l’organisation du GSPR, Christian Prouteau appelle à une sanction exemplaire contre l’agresseur d’Emmanuel Macron. Pour lui, “il faudrait ajouter à la sanction une perte temporaire des droits civiques”…

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