vendredi 20 septembre 2019
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Un escadron de gendarmerie mobile au printemps 2019 à Paris. Photo d'illustration (Crédit photo: GT/ L'Essor).
Un escadron de gendarmerie mobile au printemps 2019 à Paris. Photo d'illustration (Crédit photo: GT/ L'Essor).

Les pistes du général Cavallier pour réformer la Gendarmerie mobile (actualisé)

Regroupement des escadrons, effort accru sur la formation et création d’un nouveau commandement. Alors que la Gendarmerie est en train de faire évoluer sa force de maintien de l’ordre, le général (2S) Bertrand Cavallier a confié à L’Essor ses pistes pour réformer la Gendarmerie mobile.

Bertrand Cavallier (Crédit photo: GT/ L'Essor).
Bertrand Cavallier (Crédit photo: GT/ L’Essor).

Un chantier essentiel pour l’Arme après les manifestations hebdomadaires des Gilets jaunes. “Cette crise a mis en avant l’impératif pour l’Etat de renforcer ses capacités de maintien de l’ordre et ainsi de pouvoir faire face à de nouvelles menaces“, analyse ce spécialiste, ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier (Dordogne).

Lire aussi sur L’Essor: Comment les escadrons de gendarmes mobiles s’adaptent à la surchauffe de la crise des Gilets jaunes

Revoir l’organisation territoriale

Le général Bertrand Cavallier milite tout d’abord pour un regroupement des escadrons de gendarmerie mobile. Créée en 1921, la gendarmerie mobile est dispersée à travers cent garnisons implantées dans 79 départements. Une implantation qui, relevait l’an passé une note de l’Ifrap, “résulte en grande partie de la mise en œuvre de la défense opérationnelle du territoire créée à l’époque de la guerre froide“.

Ce logiciel, déjà daté, a également été déréglé par la vague de suppressions d’escadrons entre 2007 et 2012. Le poids des élus locaux et leur appartenance à la majorité ne sont en effet pas étrangers au choix de dissoudre les unités dans certaines grandes villes. Des communes pourtant plus propices au maintien de l’activité du conjoint dans les familles de gendarmes.

Lire aussi sur L’Essor: “Il était impératif de protéger l’Arc de Triomphe”, estime le général Cavallier

“Il faut tendre vers un modèle territorial plus adapté“, plaide aujourd’hui Bernard Cavallier. Le général milite ainsi pour une colocalisation des unités, sous la forme de structures “régimentaires“. Une organisation qui permettrait des économies “très importantes”, estime-t-il. Personnels immobilisés pour les gardes, entretien courant, mess de restauration pourraient ainsi être davantage mutualisés. En clair, la proposition du général revient à créer des centres régionaux sur le modèle de Satory ou de Maisons-Alfort. Cette piste permettrait également de mieux répartir sur tout le territoire les moyens spéciaux comme les blindés.

Un blindé de la Gendarmerie protégeant l'Arc de Triomphe, à Paris, au printemps 2019 (Crédit photo: GT/L'Essor).
Un blindé de la Gendarmerie protégeant l’Arc de Triomphe, à Paris, au printemps 2019 (Crédit photo: GT/L’Essor).

Des commandants de région de Gendarmerie mobile

De même, ces regroupements pourraient avoir un effet sur la formation. Menée la plupart du temps au niveau de l’unité, la formation continue pourrait être étoffée en étant gérée au niveau du groupement. “A Mont-de-Marsan, où il y a deux unités colocalisées, il existe un bureau consacré à l’instruction”, souligne Bertrand Cavallier. A charge pour ces personnels d’organiser les stages et la formation continue, au delà du stage pratiqué tous les deux ans à Saint-Astier.

Enfin, Bertrand Cavallier appelle à la nomination de commandants de légion de gendarmerie au niveau des régions de Gendarmerie. Ces derniers pourraient ainsi être les alter ego des directeurs régionaux des CRS. “Au-delà de la dimension symbolique conforme à la culture militaire, nous avons besoin de grands sachants qui puissent conseiller les préfets de région“, estime Bertrand Cavallier. Cette proposition pourrait prendre la forme de colonels ou de généraux, adjoints au commandement de la région de Gendarmerie, chargés spécifiquement de la gendarmerie mobile au sein de son état-major. Une idée compatible avec le mouvement en cours de nomination de 160 généraux dans l’Arme. Cerise sur le gâteau: ces nominations donneraient davantage d’attrait à la filière du maintien de l’ordre avec cette belle perspective de carrière.

Gabriel Thierry

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15 Commentaires

  1. Retraite

    Enfin un haut gradé qui préconise le regroupement des escadrons et, ainsi, de réduire les effectifs qui se consacrent au soutien (poste de sécurité, serveurs au mess, cuisiniers……).

    • Pas retraité

      Sur le fond il a raison, c’est pragmatique et sûrement indispensable pour faire souffler les unités et remettre du monde sur le terrain.
      Sur la forme qui va trinquer une fois de plus…le personnel.
      Emploi des épouses, scolarité des enfants, vie à l’extérieur…la force humaine une fois de plus va broyer ses corvéables et gentils militaires qui seront priés de déménager sous 3 mois comme pour les fermetures d’escadrons il y a quelques années.

      • Brovelli

        Oui au regroupement mais mettons plus d escdrons au lieu de les dissoudre. Par contre nomination de commandant de légion au niveau région sera le bon moyen de casez tous ces officiers supérieurs et généraux dont on ne sait quoi faire a paris..
        Toujours pareil ….trop de grades et peu de gendarmes

        • Bonne et belle vue des choses. Trop d’officiers supérieurs et généraux, trop de décideurs. C’est de troupes de manoeuvres dont nous avons besoin.

          • Claude

            tout à fait de votre avis

    • Jean-Christophe Papsou

      Et 160 généraux. Avec ce que cela coûte en salaire on ferai mieux de créer 640 postes de gendarmes. Car face aux manifestants j’ai jamais vu un général.

  2. Fougasse

    À mon avis, même si le regroupement d’unités présente des avantages, toute tentative se heurterait à (au moins) trois obstacles :
    1- coût financier (casernements etc. ), sauf peut-être à récupérer d’anciennes casernes abandonnées par l’armée de terre (mais dans quel état, et comment loger les familles?).
    2- résistance acharnée des élu(e)s des petites villes de province à qui on tenterait de retirer LEUR escadron (se souvenir de Ferrette qui était pourtant un casernement particulièrement inadapté).
    3- peut-être également une résistance au niveau de la GD qui y perdrait une source de renfort de proximité non négligeable

    Quant à une restructuration du commandement (retour des légions), ce qui est sûr, c’est que la GM n’est pas la voie royale pour devenir général dans la gendarmerie.

    PS : Il n’y a plus que 2 escadrons à Mont-de-Marsan (et pas 3 comme mentionné dans l’article).

    • Salut Fougasse. 2 escadrons à Mont de Marson et non 3 ! En Ille et Vilaine (35), il y avait 2 escadrons, 1 à Saint Malo et 1 à Rennes. Les 2 ont été dissouts, qui plus est, celui de Rennes, félicité pour sa tenue au feu (au combat) en Afghanistan, quelques jours plus tard, nos moblos ont été informés de la dissolution de leur escadron : c’est le remerciement de nos chefs et de Sarko. Cela laisse perplexe. De nos jours, on joue la pyramide des grades, et bien non, c’est de gendarmes sur le terrain que nous avons besoin, et pas d’officiers supérieurs ou généraux grandes écoles et dont la plus part ne connaissent rien au terrain, seule la galonnite compte…

  3. raoulginette

    Le préfets de région n’ont aucun attribution en matière de sécurité. Quel intérêt de régionaliser?

  4. Ces propositions peuvent être réalisables à la marge car elles vont à l’encontre du renforcement de la déconcentration des services publics sur l ensemble des territoires pour leur survie économique. Les escadrons sur le territoire c est une population des familles, de l économie locale. Sur un plan ops, l escadron au format traditionnel de 120- 130 à l effectif permettaient de faire tourner chaque unité sans problème. La suppression de la 10 aine d escadron , la baisse des effectifs des unités et le changement organisationnel tactique sont les raisons principales des dysfonctionnements constatés depuis novembre dernier.
    Ne repetons pas le détricotage déjà opéré dans la territoriale facteur de désert territorial et d absence de proximité de la gendarmerie.

  5. kilo

    Rien de nouveau sous le soleil !!
    Proposition déjà formulée…lors de la fin du service militaire, il y a déjà plus de 20 ans !!
    Le logiciel de ce retraité est également daté 😉

    L’opposition de ce projet était à l’époque et restera toujours que certains élus confondent opérationalité territoriale de la GM et aménagement du territoire par la présence d’effectifs accompagnés de leurs famille dans leurs villes et communes !!

  6. Moreno

    Je fais totalement confiance au Général Cavallier que j’ai connu Capitaine et qui est un officier supérieur remarquable tant par ses compétences que par l’idée qu’il a pour servir son pays.
    J’ai vécu les opérations de M.O. De 1968 avec l’escadron de Roanne. D’énormes progrès ont été réalisés depuis cette époque, c’est certainement grâce à des initiatives d’envergure mais il reste encore beaucoup de place pour des innovations dans le domaine du MO.
    Une forme de D.O.T. Pour lutter contre Le terrorisme par exemple pourrait être étudiée .

  7. Niout

    Concentration des escadrons n’implique pas obligatoirement davantage de la disponibilité ni plus de militaires sur le terrain. Le regroupement des BT de GD n’a pas produit l’effet souhaité. L’abandon de certaines communes la désertion du terrain ont encore plus écarté les gendarmes de leur concitoyens. De plus le pouvoir des politiques sera mis à mal Qui osera en ces temps de grande instabilité bouleverser encore plus le reste de leur pré carré. D’abord, il serait judicieux de retirer toutes les missions annexes indues à la gendarmerie mobile…. (gardes de propriété privées etc..) Par contre cette perspective engendrera inévitablement des bouleversements pour les familles. Mais comme nos chefs savent bien le souligner. L’institution mute le gendarme… pas sa famille…!!!. Ce ne sera pas après cela que l’ambiance fraternelle reviendra dans les rangs. Avec une nouvelle technique de commandement, une nouvelle hiérarchie toujours plus exigeante le ras le bol le mal de vivre et le burn-out et le management à la France Télécom, amplifieront les trop longues listes des carnets noirs… Mais peut être qu’ ils auront toujours droit aux 7%.. puisqu’on leur attribue des primes ….

  8. GALIBERT

    Toujours la même rengaine depuis des années, on veut regrouper pour faire croire qu’il y aura plus de personnel mais surtout trouver des postes aux officiers toujours plus nombreux alors qu’il faudrait des centaines de sous-officiers pour gonfler les unités.
    Pourquoi la gendarmerie s’entête t’elle à multiplier les officiers ? C’est pas comme cela que l’on fera des économie et sur le terrain c’est toujours les mêmes qui trinquent. C’est incompréhensible et ça continu de plus belle tous les ans.

  9. Le regroupement des escadrons OUI mais l’augmentation des généraux NON – Aujourd’hui un sous officier de gendarmerie sur le terrain est plus utile qu’un général dans un bureau – Le coût par ailleurs n’est pas le même –
    IL SEMBLERAIT QUE LA LOGIQUE ECHAPPE A LA DIRECTION DE LA GENDARMERIE ET CELA EST DOMMAGEABLE.

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