mardi 16 juillet 2019
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Le boxeur de la passerelle s'en prenant à un gendarme (Capture d'écran vidéo Le Parisien).
Le boxeur de la passerelle s'en prenant à un gendarme (Capture d'écran vidéo Le Parisien).

Quelle peine encourt le boxeur, interpellé ce matin, qui s’en est pris aux gendarmes ce week-end?

Identifié par des proches comme étant le boxeur de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, Christophe D. a été interpellé ce lundi matin 7 janvier. Selon le ministre de l’Intérieur, le boxeur, placé en garde à vue, s’est présenté aux enquêteurs de la sûreté territoriale de Paris. Les forces de l’ordre le suspectent d’être impliqué dans une violente rixe avec des gendarmes mobiles. En quelques heures, le “Gitan de Massy”, son surnom dans le monde de la boxe, est devenu la coqueluche des gilets jaunes. Le boxeur de 37 ans, s’il est confirmé qu’il est bien l’auteur des coups, est pourtant loin d’être un exemple.

Samedi 5 janvier, un homme est filmé en train de descendre d’une rambarde. Il s’en prend alors violemment à un gendarme mobile, qu’il frappe à plusieurs reprises au visage. Une seconde vidéo montre un homme lui ressemblant s’attaquant à coups de pied à un gendarme mobile au sol, entouré de gilets jaunes. Ces deux gendarmes mobiles de l’escadron 24/5 de Grenoble ont déposé plainte – l’un s’est vu prescrire quinze jours d’incapacité totale de travail, le second deux jours.


Communiqué de la fédération

Dans un communiqué, la fédération française de boxe a fait très rapidement part de son indignation, dimanche 6 janvier. Elle “condamne avec la plus grande fermeté de tels agissements d’une violence extrême qui sont totalement contraires aux valeurs prônées par notre discipline”. Grand – 1m92 – , athlétique, le nom de Christophe D. n’était jusqu’ici connu que des initiés du noble art.

Avec dix-huit victoires dont sept par K.O, quatre défaites et un nul, cet ancien boxeur réputé s’était bâti un palmarès impressionnant. Fonctionnaire territorial d’une commune de l’Essonne, Christophe D. a été champion de France des poids lourds légers en 2007 et 2008. “Ce n’est pas le Christophe que je connais : il était irréprochable et respectait les valeurs du noble art et de la vie”, déplore son ancien entraîneur, Jacky Trompesauce, invité sur RMC ce lundi matin. “Il a dû péter un plomb”, ajoute-t-il.

Lire aussi sur L’EssorLes deux gendarmes agressés à Paris ont déposé plainte et un suspect identifié est recherché

Lourdes sanctions

Et le coach d’affirmer que son ancien poulain aurait voulu défendre “une femme agressée par les CRS (sic)”. Une défense bien maigre pour Christophe D., si la justice confirme qu’il est bien l’homme des vidéos. Jusqu’ici inconnu des services de police, ce boxeur “technique au grand cœur”, selon son ancien entraîneur, risque désormais gros. La loi prévoit en effet de lourdes sanctions pour ce type de violences, comme le précisent les articles 222-11 à 13 du code pénal.

La loi prévoit trois ans de prison et 45.000 euros pour les violences inférieures ou égales à huit jours d’incapacité totale de travail sur une personne dépositaire de l’autorité publique”, rappelle à L’Essor l’avocat pénaliste Thibault de Montbrial, une peine qui monte à cinq ans et 75.000 euros si la circonstance aggravante de la réunion est retenue. Pour des violences ayant entraîné plus de huit jours d’incapacité totale de travail, la peine encourue pour des violences sur un gendarme est de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Si les violences en réunion sont retenues, comme l’attestent les vidéos, la sanction monte à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Gabriel Thierry.

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4 Commentaires

  1. Pas de grâce pour ce con ….

  2. Un retraité inquiet

    Bonjour à tous les lecteurs,
    Je suis retraité de la GM après avoir été durant 37 ans dans cette subdivision d’Arme du grade de gendarme à celui de capitaine, commandant d’escadron durant quasiment 5 ans en quittant l’Institution en 2007. Je suis scandalisé par ces actes caractérisés de violence à destination des personnels de l’Arme, et par delà à l’endroit de toutes les Forces de Police. Tout mon soutien moral à ces deux gendarmes de l’escadron de Grenoble durement et injustement frappés. Bravo pour leur témoignage à la télévision relatant leur agression.
    Mais au-delà, je me dois de me poser un certain nombres de questions quant au positionnement d’un élément aussi faible (2 binômes) sur un pont où l’on nous a toujours inculqué dans le passé l’interdiction formelle de mettre un dispositif d’arrêt/d’interdiction dans un espace aussi réduit interdisant de fait toutes manoeuvres échappatoires.
    De plus, il semble sur les images de la télévision que des manifestants arrivent dans le dos de l’élément…
    Nous avons toujours obéi aux ordres des TI dont pour beaucoup à mon époque récente souffrait d’incompétence, directives qui provenaient de la Préfecture de Police. Mais avec ce mode d’engagement, nous envoyons nos formations devant de très sérieuses difficultés, voire davantage (…).
    Mais nous touchons là aussi gravement les modes opératoires qui voient le jour depuis peu, où l’on pratique dorénavant le MO à 3 pelotons (le 4ème en repos), la composition d’une unité issue de pelotons de différents escadrons, la présence du commandant d’unité voué à rester de plus en plus souvent au “dépôt” alors qu’il envoie un peloton à gauche, puis l’autre à droite, l’escadron dans sa composante normale se retrouvant uniquement lors des déplacements en outre-mer, ou à St Astier. D’ailleurs ces carences sont apparues lors de l’engagement à Notre-Dame-des-Landes. Il est dommageable que l’emploi de la “mobile” est entrain d’être calqué sur celui des CRS. Nous y perdons ainsi notre cohésion, et de facto notre force, et de fait toute notre crédibilité, en mettant de surcroît nos militaires en danger dans des situations dégradés comme vécues à Notre-Dame-des-Landes, et aujourd’hui au travers de la crise des gilets jaunes.
    Je reste perplexe quant au nombre de forces lourdes engagées samedi dernier = 13 (10 CRS et 3 EGM), si je me réfère aux déclarations du Ministre de l’Intérieur.
    Durant des décennies, un match classé à hauts risques au Parc des Princes (PSG/OM), voyait une mise sous réquisition de 13, voire 15 forces lourdes…, autour d’une zone périmétrique fort limitée que constitue ce stade.
    Devant un mouvement très réactif et imprévisible comme le dégage celui les gilets jaunes et avec un effectif aussi faible, il apparaît nécessaire de faire des impasses (…), qui peuvent s’avérer fort préjudiciable quant à la sécurité de nos unités (et à l’accomplissement des missions qui leur sont commandées…). L’arrivée en renfort de ces quatre personnels en notoire difficulté par un simple peloton qui se retrouve aussitôt en contact avec une foule haineuse sur cette passerelle où un gendarme se fait savater, trouve peut-être ici la cause de ce manque de moyens engagés.
    L’enfoncement de la porte d’un Ministère tel que nous l’avons vécu est inadmissible, et montre là aussi une cruelle faiblesse quant à la préparation de la “MRT” de la Préfecture de Police.
    Comment peut-on laisser la rue de Grenelle sans la moindre force lourde (CRS ou EGM), quand toute la gendarmerie mobile sait que Matignon se trouve à une dizaine de mètres dudit ministère “enfoncé” ?
    Surtout que la manifestation devait se terminer par un discours prononcer devant l’Assemblée Nationale, et que la rue de Grenelle se trouve juste derrière dans une rue parallèle à ladite Assemblée.
    Les manifestants auraient très bien pu défoncer la porte de Matignon, et ce n’est pas les quelques gendarmes de la Garde Républicaine qui assurent la protection de ce très haut lieu du pouvoir exécutif qui pouvaient être en capacité de s’y opposer. J’avoue rencontrer des difficultés à saisir les modes de réflexion et d’engagement des stratèges (…) de la PP…..!!!!
    Bon courage à la GM en ces temps particulièrement éprouvants en y associant les familles, mais aussi à tous les personnels d’active de la Gendarmerie nullement épargnés par cette crise (je pense notamment au militaires et à leur famille du peloton d’autoroute de Narbonne, ainsi que ceux et celles de la caserne de la Région de Gendarmerie de Dijon).

  3. johnson

    ce gars là mérite gros, mais il ne faut pas oublier que certains policiers et gendarmes se prennent pour des cow-boys et ceux là sont de vrais cons.
    Ils savent jouer les gros bras pour coller une prune mais dès qu’il y a affrontement ce sont des larves.
    Je ne soutiens pas le boxeur mais n’oublions pas que ches les flics ils y a aussi de gros cons.

  4. Pch

    Courage à nos CRS & GM qui font un travail admirable. Ces Giletsjaunes ne représentent pas la France. Que ce violent boxeur qui n’est pas digne soit lourdement condamné

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