samedi 26 septembre 2020
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On a parlé du futur des forces d’intervention avec l’ancien chef du RAID, Jean-Michel Fauvergue

Jean-Michel Fauvergue
Jean-Michel Fauvergue (Crédit photo: GT/ L’Essor).

Intervention un jour, intervention toujours. Désormais député (LREM), l’ancien chef du RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion) Jean-Michel Fauvergue suit toujours d’un œil attentif les forces d’intervention françaises : BRI (Brigade de recherche et d’intervention) de la Préfecture de police de Paris, GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale) et bien sûr le RAID. Mieux : sa proposition de création d’un commandement unique chapeautant les forces d’intervention a été approuvée par le ministre de l’Intérieur lui-même dans l’Hémicycle.

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A l’occasion du salon Milipol, le député de Seine-et-Marne a détaillé ses pistes de réflexion dans une interview à « L’Essor » – nous signalons à nos lecteurs que cet entretien sera suivi par d’autres, en particulier d’anciens du GIGN. En voici les cinq enseignements.

1. Un chef commun pour le GIGN et le RAID

L’ex-contrôleur général des services actifs de la Police nationale centre son discours sur le GIGN et le RAID, des forces d’intervention nationale, en laissant donc de côté la BRI. Le commandement unique préconisé chapeauterait donc les deux premières unités, placées sous l’autorité d’un état-major distinct des deux directions générales de la Gendarmerie et de la Police.

2. La disparition de l’Ucofi

Dès lors, pour le député, l’Ucofi (Unité de coordination des forces d’intervention) devient inutile et serait amenée à disparaître. « Elle a été créée à une époque où les chefs d’unités ne s’entendaient pas du tout et étaient en concurrence, explique Jean-Michel Fauvergue. Désormais, les chefs d’unité s’entendent. Il faut le pérenniser dans un système, un commandement supérieur. »

3. Un commandement alterné

Jean-Michel Fauvergue propose d’attribuer le commandement de cette nouvelle structure à un gendarme ou un policier en alternance, à l’image de ce qui s’effectue déjà dans d’autres services au ministère de l’Intérieur, de manière à créer « une filière continue des forces d’intervention ». Des successions qui, dans les faits, ne sont pas forcément pérennes, comme l’a montré, malheureusement pour les gendarmes, l’exemple du GSPR élyséen.

Lire aussi : L’amer quinquennat des gendarmes de l’Elysée

4. Renforcer l’usage des forces d’intervention

« Le but, c’est d’utiliser les deux unités de manière régulière, ce qui n’est pas le cas du GIGN aujourd’hui, qui a peu d’interventions aujourd’hui, et qu’elles se renforcent sur les crises majeures », souligne le député de Seine-et-Marne. « Le but, ce n’est pas d’avoir une unité unique, mais de prendre les deux compétences, les deux unités qui se ressemblent beaucoup, beaucoup, beaucoup… », ajoute-t-il.

5. Le rôle accru des primo-intervenants

« Ce qui va, à terme, obliger nos unités, le GIGN ou le RAID, à se réformer, c’est les primo-intervenants, qu’on a doté à notre demande de matériels lourds, pour répondre rapidement à une tuerie de masse », note Jean-Michel Fauvergue. « On s’aperçoit maintenant que les primo-intervenants règlent un maximum de crises sans que les forces d’intervention aient la possibilité de se rendre sur place puisque la situation est réglée. »

Propos recueillis par Gabriel THIERRY.

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