vendredi 29 mai 2020
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Photo d'illustration (Crédit photo: FIC).

Numérique: ce qui change pour les gendarmes

Les gendarmes ont profité de la douzième édition du Forum international de la cybersécurité (FIC) pour dévoiler leurs projets dans le numérique. Revue de quelques annonces.

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Les cryptomonnaies

Déjà dans le viseur du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), les gendarmes vont poursuivre leur effort sur la question des cryptomonnaies. Le patron des gendarmes, le général d’armée Christian Rodriguez, a ainsi annoncé l’arrivée d’enquêteurs spécialisés sur ces actifs, les Fin-Tech. L’intérêt de cette spécialisation numérique ? Pouvoir identifier les transactions, mener des enquêtes cyberpatrimoniales et surtout saisir des actifs. La blockchain peut en effet permettre à des délinquants de mener leurs transactions financières en toute discrétion.

Dernier exemple en date de l’utilisation des cryptomonnaies à des fins malveillantes ? Les enquêteurs des sections de recherches de Metz et Strasbourg viennent de démanteler un réseau criminel soupçonné d’avoir mis sur pied une escroquerie au faux investissement en crypto-monnaie. Selon les enquêteurs, le préjudice s’établit, pour les 85 victimes, à près de 6 millions d’euros.

Lire aussi : Les priorités du colonel Nollet, le nouveau chef de la lutte contre les criminalités numériques (vidéo)

L’investigation numérique

Dans une conférence passionnante, le chef du très pointu département Informatique électronique (INL), le lieutenant-colonel Cyril Debard, a levé le voile sur une partie de l’activité des experts numériques de la Gendarmerie. “Nous agissons un peu comme des voleurs : si nous n’arrivons pas à rentrer dans un téléphone par la connectique classique, nous allons dessouder et transplanter des composants pour pouvoir lire la donnée”, explique-t-il.

Avec l’explosion de l’usage des smartphones, son département s’est spécialisé dans l’analyse de la téléphonie. “Il y a un avenir dans l’analyse des ordinateurs portables et dans les disques dur, mais aujourd’hui vous ne pouvez pas faire abstraction dans une enquête de l’analyse d’un téléphone”, précise-t-il.

Une tâche essentielle qui n’est pas aisée. “Cela peut aller très vite, comme cela peut prendre très longtemps”, résume Cyril Debard. Et l’officier d’estimer, à la louche, le délai moyen à un mois et demi, pour un terminal bien connu des experts. En réalité, pour ces scientifiques sollicités dans les enquêtes complexes, chaque réquisition est unique. Exemple avec cet accident de la route où les experts ont réussi à prouver que l’écran du téléphone avait fait une rotation quelques secondes avant l’accident. La preuve que le conducteur avait le téléphone en main.

La tâche des experts de l’INL est cependant compliquée par le chiffrement, la masse des données à analyser et… le manque de ressources humaines. Le département, qui compte désormais quatre officiers commissionnés, déplore un peu moins d’un tiers de postes non pourvus.

Au delà du département INL, la question n’a pas échappé au directeur général de la Gendarmerie, Christian Rodriguez. Il espère doubler la part des ingénieurs dans les recrutements d’ici deux ans. “Il faudra de manière générale élever le niveau d’acculturation numérique de tout le monde, expliquait-il à Acteurs publics. Un cadre dirigeant ne pourra pas être l’un des patrons de la maison s’il ne sait pas ce que le numérique, les algorithmes et le traitement des données de masse peut apporter.”

Le réseau cybergend

Le réseau cybergend continue sa montée en puissance. Il est désormais fort de près de 5.000 gendarmes et devrait accueillir encore deux milliers de militaires supplémentaires dans les deux ans à venir. Le C3N, qui chapeaute ce réseau, va bénéficier de la création de neuf antennes cette année. Enfin, Christian Rodriguez a également annoncé la création, dans chaque département, de sections opérationnelles de lutte contre les cybermenaces. Les gendarmes observent que la cybercriminalité est en hausse de 20 %. Ils ont par exemple recueilli près de 200.000 signalements sur Perceval. Cette plateforme de signalement d’achat frauduleux en ligne a été lancée il y a un an et demi.

Un commentaire

  1. Michel078

    Une CHAÎNE DE BLOCS peut en effet permettre à des délinquants de mener leurs transactions financières en toute discrétion.

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