jeudi 3 décembre 2020
Accueil / A la Une / Nouvelles régions: la Normandie, laboratoire de la fusion des formations administratives pour la Gendarmerie
Un gendarme de Basse-Normandie lors d'une opération de contrôle routier.
Un gendarme de Basse-Normandie lors d'une opération de contrôle routier. (Photo: LP)

Nouvelles régions: la Normandie, laboratoire de la fusion des formations administratives pour la Gendarmerie

Première nouvelle région à fusionner officiellement ses états-majors régionaux, la Normandie fait office de laboratoire pour la Gendarmerie. Depuis le 1er août 2020, les ex-haute et basse Normandies ne forment plus qu’une aux yeux de l’Arme. Une expérimentation avant peut-être d’étendre la mesure aux autres régions.

carte de la fusion des régions administratives
Tout en gardant des formations administratives, la Gendarmerie a adapté son organisation à la nouvelle carte des régions. (Ministère de l’Intérieur)

Avec la réforme des régions en 2015, l’organisation de la Gendarmerie nationale a dû s’adapter. Le nombre de régions de Gendarmerie s’est par exemple aligné sur la carte administrative, passant de 22 à 13. Pourtant, en arrière-plan, neuf formations administratives, rattachées aux nouvelles régions, gardaient plus ou moins les prérogatives d’avant réforme. Sur le papier, donc, une grande réorganisation de l’Arme. Mais dans les faits, vu du terrain, peu de changements. Ou plutôt un changement en douceur, car cinq ans plus tard, c’est en train de bouger.

De 32 à 31 formations administratives

Deux arrêtés importants, ont pris effet ce 1er août. Le premier, daté du 2 juin 2020, établi la nouvelle liste des 31 formations administratives de la Gendarmerie nationale. En effet, depuis 2017, l’Arme comptait 32 formations administratives. Ce qui change? Le groupement de gendarmerie départementale du Calvados disparaît de cette liste pour redevenir un groupement classique. Il était le chef lieu de l’ancienne région de Gendarmerie de Basse-Normandie, avant de devenir une formation administrative. Celle-ci rayonnait sur les trois départements de l’ancienne région, bien que rattachés à la nouvelle grande région normande.

Dans la suite logique, un second arrêté publié quelques jours plus tard, modifie donc l’organisation et les attributions des échelons de commandement de la Gendarmerie. Là encore, peu de changement au niveau national, si ce n’est la disparition de l’alinéa relatif au statut de commandant adjoint de la région pour le patron des gendarmes du Calvados. D’ailleurs, le commandement de ce groupement, dévolu ces dernières années à un officier général, revient depuis cet été à un colonel.

Lire aussi: Les mouvements dans les unités de Gendarmerie de Normandie de l’été 2020

Caen, reléguée en départemental

La caserne Le Flem, siège de la formation administrative de la Gendarmerie du Calvados, à Caen.
La caserne Le Flem, siège de la formation administrative de la Gendarmerie du Calvados, à Caen. (Archive – SD/L’Essor)

Pour l’état-major implanté à Caen, cela signifie avant tout la perte de la quasi-totalité des services à compétences régionales qui rayonnaient sur les trois départements ex-bas-normands. La majeure partie d’entre-eux étant donc transférée à Rouen, capitale administrative de la région normande. Inaugurée en 2011, la nouvelle caserne Le Flem de Caen avait pourtant était conçue pour accueillir à la fois l’état-major régional bas-normand, le groupement du Calvados et ses services départementaux, ainsi que la compagnie de Caen. Cette réorganisation laisse donc un vide relatif. La direction générale précise qu’un processus de dialogue interne –notamment avec les instances de concertation et les organisations syndicales pour les personnels civils– a été menée depuis l’annonce de la conduite de ce projet. La mobilité interne a d’ailleurs été favorisée.

Des opportunités pour les gendarmes

Toutefois, ce grand vide constitue aussi des opportunités pour la gendarmerie calvadosienne. Celle par exemple d’accueillir une antenne-GIGN. La décision semble d’ailleurs d’ores-et-déjà entérinée, même si les modalités restent floues. Après avoir reçu le feu vert du ministère de l’Intérieur, l’Arme étudie en effet deux pistes: la création d’une nouvelle antenne-GIGN qui porterait à 14 leur nombre total, ou bien le déplacement d’une antenne déjà existante. La deuxième solution semble pour le moment privilégiée, avec le déménagement de celle actuellement implantée à Tours.

La Gendarmerie souligne également que cette réorganisation ouvre aussi la porte à l’accentuation des efforts sur des missions jugées prioritaires. Parmi elles, le renseignement, la lutte contre l’immigration irrégulière –à laquelle la région est de plus en plus confrontée– ainsi que les violences intra-familiales, avec la création à Caen d’une brigade de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ).

Lire aussi: La Gendarmerie songe à implanter une antenne-GIGN à Caen

Expérimentation avant un développement national

Un article, diffusé cet été en interne par la Gendarmerie, évoque le fait que les enseignements tirés de cette fusion/réorganisation permettront de réfléchir à d’autres opérations similaires à l’avenir. Ce pourrait par exemple être le cas pour les nouvelles régions comme la Bourgogne-Franche-Comté, les Hauts de France ou encore l’Occitanie. Exception faite des régions n’ayant pas structurellement changé lors de la réforme territoriale (Bretagne, Centre, Corse, Paca, Pays de la Loire, Ile-de-France) les autres pourrait donc suivre le mouvement en mutualisant leurs états-majors régionaux. Actuellement, elles fonctionnent toujours essentiellement sur le modèle des anciennes régions, par le biais de formations administratives.

Un unique écusson pour les gendarmes de Normandie ?

L'écusson de la région de Gendarmerie de Basse-Normandie, porté par un gendarme près d'Arromanches, dans le Calvados.
L’écusson de la région de Gendarmerie de Basse-Normandie, porté par un gendarme près d’Arromanches, dans le Calvados. (Photo: LP)

Chère aux militaires, la question du port de l’écusson régional intéresse et interroge. En juin, une publication diffusée sur la page Facebook de la gendarmerie de la Manche avait suscité l’émoi chez les bas-normands et dans les rangs des gendarmes. Et ce, qu’ils soient d’active, de réserve ou retraités, ou encore civils passionnés. Selon ce post, les gendarmes des départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne devraient à compter du 1er août 2020 –date d’entrée en vigueur des mesures de fusion– troquer leur écusson pour celui de la Haute-Normandie.

Visuellement, peu de différences puisqu’ils comportent chacun deux léopards, symboles du noble passé de la Normandie. Mais un détail les différencie pourtant. La présence, sur l’écusson bas-normand, d’une tour de château sur la partie inférieure. Une référence explicite à la ville de Caen, où il est toujours possible aujourd’hui de visiter le Château de Guillaume le Conquérant, qui trône en plein cœur du centre-ville. Bien que contrariée par les récents choix politico-administratifs, la citée ducale caennaise est en effet la capitale historique de la Normandie. Le Conseil régional y a d’ailleurs implanté une partie de son siège.

Toutefois, que les gendarmes se rassurent. Pour le moment, aucune décision officielle n’impose le changement d’écusson aux militaires ex-bas-normands. Que la raison soit historique ou budgétaire (changer les écussons de plus de 1.500 personnels a en effet un coût), ils pourront donc continuer à arborer fièrement leur référence historique. Mais pour combien de temps encore?

LP

Crowdfunding campaign banner

2 Commentaires

  1. Des

    Encore un journaliste de petite pointure qui affirme des choses sans savoir ni même se renseigner. Caen n a jamais été la capitale historique de normandie.

    • Alain Dumait

      Je pense que vous auriez préféré qu’on dire “Rouen” ? Les historiens en discutent, poliment, sans invective…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Gratuit : la newsletter de "l'Essor"!

Recevez chaque semaine notre newsletter " Rue Bleue " :  articles inédits, veille sur la presse et infos pratiques

Votre inscription est réussie ! Pensez à confirmer cette inscription dans le mail que vous allez recevoir. Merci.