vendredi 19 avril 2019
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Notre-Dame-des-Landes: le point un an après l’opération

 Le 9 avril 2018 restera une date historique pour la Gendarmerie Nationale. Ce jour là, en pleine nuit, elle lance une vaste opération de maintien de l’ordre, l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Cette intervention, hélas ponctuée par des blessés de part et d’autres, restera dans les annales comme une réussite.

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Notre-Dame-des-Landes est en effet, indéniablement un succès en matière de maintien de l’ordre. Et qui est salué comme tel par les experts comme par le pouvoir politique qui a d’ailleurs récompensé par des décorations les participants. Dont le directeur général, le général Richard Lizurey, qui a personnellement supervisé les opérations sur place. Il arbore en effet depuis peu sur sa poitrine la médaille de la Gendarmerie. La prestigieuse distinction lui a été remise par le Premier ministre. Un an après, ou en est-on?

La grenade GLI F4 devant la justice

Tout d’abord, l’opération d’évacuation de la ZAD se prolonge devant les tribunaux. L’affaire du jeune manifestant Maxime Peugeot, dont une main a été arrachée en ramassant une grenade, se poursuit. Elle a été ponctuée en février dernier par un dépôt de plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction de Rennes, compétent en matière militaire.

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Autre affaire concernant une grenade, la GLI F4, la récente décision de la cour administrative d’appel de Nantes. La juridiction a en effet désigné vendredi 5 avril 2019 un expert balistique pour déterminer si les blessures subies par deux journalistes et trois zadistes étaient de nature à engager la responsabilité de l’Etat. C’est Pierre Laurent, président de la Compagnie nationale des experts en armes et munitions près les cours d’appel qui est en charge de cette mission révèle L’Éclaireur de Châteaubriant.

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Il devra déterminer la nature et les caractéristiques de l’arme à l’origine des blessures de ces cinq blessés. Ceux-ci avaient d’abord saisi le tribunal administratif de Nantes. La requête visait à faire confirmer par une expertise que leurs blessures ont été provoquées par des grenades lacrymogènes tirées par les gendarmes. Le tribunal administratif n’a fait que partiellement droit à leur demande en la limitant à une expertise médicale simple.

Le retour des gendarmes en mars

Par ailleurs, en mars, un événement est presque passé inaperçu. Pourtant, les gendarmes sont revenus sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, comme le relate France 3. Le mardi 12 mars, précise Ouest-France, ils ont rasé, à la demande de la préfecture, de nouvelles cabanes bâties au bord de la RD281, baptisée route des chicanes. Appuyés par des gendarmes mobiles, les militaires ont, le lendemain, détruit une cabane sur l’eau avec l’aide de deux embarcations et de plongeurs.

Le retour au calme

“Aujourd’hui sur cette zone à hautes turbulences, le calme est revenu. La situation entre zadistes et agriculteurs semble s’être apaisée. Sur le site, paysans historiques et alternatifs cohabitent aujourd’hui plus sereinement”, écrit France 3 qui fait le point.

Les individus les plus radicaux ont quitté “la zone à défendre” mais “l’équilibre reste instable et fragile” écrit encore France 3 en expliquant que “ceux qui restent sont tous porteurs de projets avec l’envie de produire et de construire autrement”. Afin de poursuivre leurs activités, ces derniers vont signer des baux avec le département qui a racheté la ZAD pour 950.000 euros, explique Ouest France.

Des portes ouvertes et une mobilisation

Dimanche 14 avril dernier, une journée “Portes grandes ouvertes” a été organisée sur le site par une vingtaine de collectifs “pour faire découvrir les lieux et présenter leurs activités.”

Le lendemain, des zadistes, ont lancé la mobilisation au sujet de la révision du plan local d’urbanisme intercommunal. Autour d’une symbolique “cabane légère”, des habitants ou ex-habitants de la ZAD, se sont rassemblés devant le siège de la Communauté de communes à Treillières à l’occasion du lancement de l’enquête publique consacrée à ce plan d’urbanisme.

Ce projet est présenté comme un document “de référence pour dessiner le cadre de vie du territoire d’ici 2030” par la Communauté de communes Erdre et Gesvres. Il prévoit notamment que la Zone d’aménagement différée devienne une zone agricole naturelle.

Vinci réclame plusieurs centaines de millions à l’Etat

Enfin, dernier évènement concernant la ZAD, la demande d’indemnisation de Vinci. Candidate à la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), la société réclame plusieurs centaines de millions d’euros à l’Etat en guise de compensation à l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont il devait être le concessionnaire.

D.C

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