vendredi 26 avril 2019
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Jean Ory sur les lieux du meurtre de Chantal Garzuel avec la lettre de félicitations obtenue à l'époque pour la résolution de cette affaire Photo Le Réveil de Neufchâtel

Ne pas oublier Chantal Garzuel, une jeune fille assassinée dans l’Oise en 1967 : le combat du gendarme retraité Jean Ory

C’est lui qui a trouvé le corps de Chantal Garzuel, une jeune Parisienne âgée d’à peine 16 ans, assassinée en 1967  à Sommereux (Oise).  Jean Ory qui a été gendarme de 1966 à 1969 à la brigade de Grandvilliers à sa sortie de l’école de Chatellerault a même été félicité pour cette affaire retentissante à l’époque.

Aujourd’hui âgé de 81 ans, encore très marqué par cette affaire, le retraité qui habite dans la Sarthe ne veut pas qu’on oublie le calvaire vécu par la jeune Chantal dont une rue située derrière la mairie de Sommereux (Oise) porte son nom.

Du coup, un journal local, le réveil de Neufchâtel  a consacré un article à son combat. Jean Ory explique à L’Essor sa démarche.

Depuis bien longtemps, je voulais reparler de cette affaire pendant que ma mémoire ne me fait pas défaut. C’était une mission que je m’étais octroyée. Je ne voulais pas qu’on oublie le calvaire, le supplice de cette malheureuse Chantal ! Aujourd’hui, c’est chose faite et je considère ma mission accomplie. Depuis, je me sens apaisé. Je dois reconnaître que je suis fier d’avoir convaincu la presse locale mais je suis surtout très heureux de savoir que, grâce aux articles parus dans la presse, Chantal ne sera pas oubliée de la nouvelle population de Sommereux  notamment.”

51 ans après, Jean Ory se souvient des moindres détails de l’enquête qu’il a suivie de A à Z. L’adolescente dont les parents séjournaient à Sommefeux pour le mariage de leur fille aînée était partie se promener à vélo. Mais un individu qui l’avait repérée l’a tuée après avoir simulé une panne de cyclomoteur.
“Quand elle est arrivée à sa hauteur, il lui a barré la route et il l’a fait tomber. Il avait l’intention de la violer, mais il l’a crue morte. Quand elle a repris connaissance, il l’a transporté dans le bois voisin. Puis, il l’a assommé avec une grosse pierre. Il est ensuite revenu chez lui pour aller chercher une pelle. Il a caché le corps de la jeune fille sous des mottes de terre, des branchages et des feuilles”  témoigne Jean Ory qui a découvert lui même le corps de l’adolescente.

Le suspect est passé aux aveux après 24 heures d’interrogatoire.
A  l’issue de cette enquête, les félicitations écrites ont été décernées au gendarme Ory par le colonel commandant la légion de Gendarmerie de Rouen le 22 Juin 1967

 

Une pétition de la population de Nouvelle Calédonie contre sa mutation!

Né le 26 Novembre 1937, dans la Sarthe, dernier d’une fratrie de 9 enfants,  ce fils de cultivateurs, des métayers, Jean Ory voulait être instituteur “mais ses parents avaient besoin de lui à la ferme” se rappelle t-il.

Après son service militaire comme engagé volontaire ayant devancé l’appel dans les troupes de marine à Fréjus pour ses classes puis comme dactylo à l’état major de l’ A.O.F. (Afrique occidentale française) à Saint-Louis-du-Sénégal, Jean Ory est entré en gendarmerie, tardivement précise t-il car son épouse ne voulait pas s’éloigner de ses parents âgés. Reçu au concours en août 1963, il n’a intégré l’école de Chatellerault que  le 23 Septembre 1965 à cause de la fin de la guerre d’Algérie. “Les Gendarmes qui y servaient rejoignaient la Métropole et occupaient tous les postes vacants” explique t-il.

Sorti gendarme de l’école de le 23 mars 1966, il a été affecté à la Brigade de Grandvilliers (Oise) où il restera 3 ans. Ensuite, ce fut la brigade de Bel Air de Combree (Maine et Loire) pendant un an car la brigade a été dissoute.

Il a été ensuite successivement affecté à la brigade d’Ambrieres-le Grand (Mayenne) devenu Ambrieres- les -Vallees,  de 1970 à 1975,  à la brigade de la Ferté-Bernard (Sarthe) comme adjoint au commandant de 1976 à 1980, à la brigade de Loué (Sarthe) comme commandant de 1980 à 1984.

Jean Ory à cheval en Nouvelle-Calédonie (collection personnelle Jean Ory)

En 1985, il est partie en Nouvelle Calédonie comme commandant de la brigade de Ouegoa. En novembre 1986, il a refusé une mutation à Nouméa et a alors été rapatrié en métropole. La population locale lui alors manifesté son soutien en écrivant aux autorités militaires!

Ayant confiance en ces personnes avec qui j’entretenais d’excellentes relations, j’ai voulu faire face et j’ai désobéi à mes supérieurs et n’acceptant pas une mutation à Noumé, j’ai réintégré la Métropole prématurément” se souvient Jean Ory.

Cette désobéissance est sans aucun doute la cause pour laquelle je n’ai pas obtenu la médaille militaire, on a prétexté qu’il me manquait un an de service mais je n’y crois pas du tout” estime l’ancien gendarme qui “aurait été très fier d’être en possession de cette médaille qu’il aurait pu montrer à ses trois enfants, ses dix petits enfants et ses seize arrières petits enfants mais le destin en a décidé autrement “. “C’est pourquoi je suis très heureux d’être en possession de mes témoignage” relativise Jean Ory.

Sa dernière affectation été la brigade de Vouziers (Ardennes)  comme adjoint au commandant de brigade où il a été nommé adjudant.

En raison de son état de santé, il a quitté la Gendarmerie à 51 ans et demi le 1er Juillet 1989 et  a rejoint sa Sarthe natale.

Après son départ de l’Arme, il a travaillé à temps partiel comme clerc d’huissier de justice jusqu’en 1997 tout en étant enquêteur de personnalité aux affaires matrimoniales, au tribunal  de grande instance du Mans. Il a pris sa retraite définitive en 1960.

Didier CHALUMEAU

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