mardi 22 septembre 2020
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Gendarmerie Maritime
C'est la gendarmerie maritime qui est chargée de l'enquête (Photo d'illustration D.C L'Essor)

Mise au jour par les gendarmes maritimes, une gigantesque fraude dans le milieu des mareyeurs jugée à Nice

Gendarmerie Maritime
C’est la gendarmerie maritime de Toulon et de Nice qui a conduit cette enquête tentaculaire (Photo d’illustration D.C L’Essor)

C’est l’aboutissement de quatre ans d’instruction avec deux juges saisis. Mais c’est aussi le résultat et la concrétisation d’une enquête tentaculaire conduite de main de maître par les enquêteurs de la Gendarmerie maritime du groupement de Toulon,  tout spécialement la brigade de Nice et  la section de recherches de la Gendarmerie maritime.

Depuis ce jeudi, le tribunal correctionnel de Nice juge une gigantesque fraude ayant gangrené tout le marché des fruits de mer sur la Côte d’Azur avant 2012.

Près de 50 prévenus seront jugés dans ce dossier fleuve, révélateur selon le parquet, “des pratiques complètement délinquantes de l’ensemble d’une filière professionnelle” et dont “on ne peut pas exclure qu’elles n’existent pas dans d’autres filières” sur la Riviera.
Au coeur de l’affaire, dont le procès doit durer jusqu’au 16 juin, figure une entreprise familiale niçoise, liquidée depuis, Les Mareyeurs du Sud-Est, et qui était installée depuis les années 1970 sur l’immense marché d’intérêt National de Nice, le 2e de France, loin derrière Rungis. Elle avait plusieurs succursales sur la Côte d’Azur, notamment à Cannes autour du célèbre marché Forville et même une usine de transformation de langoustes aux Bahamas.
Ses dirigeants sont soupçonnés d’avoir établi un monopole sur la vente de poissons frais et de fruits de mer en soudoyant des acheteurs de rayons, des responsables de grandes surfaces –certaines comme Casino sont partie civile– et des restaurateurs de la Côte d’Azur.

Un chef étoilé à la barre

Parmi les prévenus de renom, le chef cannois Jean-Pierre Silva, 60 ans, ancien deux étoiles Michelin et “meilleur aux fourneaux que devant un tribunal”, selon son avocat Me Michel Valiergue.
A l’époque, il avait repris la plage de L’Ondine, près de l’hôtel Carlton, et dont la critique gastronomique se souvient comme d’un petit paradis, avec dans l’assiette, de magnifiques produits, grosses noix de saint-jacques poëlées, ou encore le filet de gros loup, “de pêche locale”.
Pendant deux ans et demi, il a été livré par les Mareyeurs du Sud-Est et “obligé de rentrer dans la combine pour survivre.

Ce sont des courriers anonymes et bien renseignés qui sont  à l’origine de l’enquête conduite par les gendarmes maritimes toulonnais et niçois.

 

L’accusateur décrivait “des milliers d’heures suppayées au black“, “des achats à moitié prix et payés en liquide”, “des acheteurs venant prendre leurs enveloppe chaque semaine”, “un réétiquettage des produits pour leur donner un coup de fraîcheur”, de l’argent “blanchi en Suisse et en Afrique”.
Plus de 70 enquêteurs avaient même  été mobilisés pour les phases d’interpellation et de perquisitions conduites simultanément à Nice, et à Cannes.  Des chiens “billets” avaient même été mobilisés pour trouver des liasses de billets planquées un peu partout!

 

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Les deux générations qui dirigeaient les Mareyeurs du Sud-Est défileront à la barre, sauf son fondateur niçois Georges Leroy décédé. Sa fille Murielle est poursuivie, de même que son petit-fils Pascal Blanc, son ancien pdg d’origine bretonne Jean-Marc Le Pape et le fils de ce dernier Steven. Tous soupçonnés de “s’en être mis plein les poches”, selon le parquet.

D.C avec AFP

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