vendredi 13 décembre 2019
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Maintien de l'ordre sur les champs Elysées dans le cadre de la manifestation interdite des gilets jaunes le 24 novembre 2018. Intervention de Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) et de Gendarmes mobiles pour rétablir l'ordre sur l'avenue et de sapeurs pompiers de la BSPP pour éteindre les feux de barricade allumés par les manifestants. (Photo Sandra Chenu Godefroy)

Manif des gilets jaunes sur les champs Elysées : une impressionnante photo des gendarmes mobiles d’Antibes racontée par Sandra, son auteur

Soixante-huit unité de forces mobiles (UFM) ont été engagées samedi dernier sur les Champs Elysées lors de la manifestation des “gilets jaunes “. Parmi elles, 16 escadrons de gendarmes mobiles dont celui d’Antibes, le 24/6 commandé par le capitaine Paul Sandevoir.

En première ligne avec d’autres unités, il a été pris en photo par Sandra Chenu-Godefroy à un moment particulièrement “chaud” qui témoigne de l’intensité de l’engagement des gendarmes sur cette opération. La photo a été prise quelques fractions de seconde après l’explosion d’une bouteille de gaz.

L’unité azuréenne a compté cinq blessés légers dans ses rangs.

La photographe d’action Sandra Chenu-Godefroy, qui connaît bien la Gendarmerie pour avoir été gendarme adjoint volontaire a accepté de “raconter” elle même cette superbe photo!

Sandra Chenu Godefroy est l’auteur d’un livre sur l’opération Sentinelles. Sentinelles, ils veillent sur Paris aux éditions Pierre de Taillac.

D.C

Le récit de Sandra-Chenu Godefroy

Voilà plus de dix ans que j’ai couvert en photo ma toute première manif. Sans faire de moi une grande experte du maintien de l’ordre, je pense avoir tout de même eu l’occasion de me forger avec le temps une petite expérience pratique de la photographie dans ces instants compliqués. Comme pour toutes les autres je me suis efforcée de partir à cette manifestation “gilets jaunes” interdite l’esprit neutre et la tête au clair.
L’après-midi est bien avancée et je suis le cheminement d’une compagnie de CRS qui tente de remonter péniblement les champs appuyée par des canons à eau de la préfecture de Police. Elle est harcelée par quelques gilets jaunes très excités soutenus par une foule particulièrement nombreuse. A sa droite sur le trottoir une gigantesque baraque de chantier sur pilotis de plusieurs étages sous laquelle sont stockés divers matériaux de chantier. Ses grillages ont été arrachés, et je vois les forces de police s’inquiéter de la montée éventuelle de manifestants dans les étages, de risques de projectiles, et de ce qui pourrait être utilisé par des personnes mal intentionnées. Les CRS remontent, un mètre après l’autre, la portion d’avenue.
Il est un peu plus de 17 heures quand les CRS viennent de dépasser une barricade improvisée par les manifestants juste devant le bâtiment. Ils sont rejoints et relevés par les gendarmes mobiles du 24/6. Les irisbus d’Antibes franchissent l’obstacle par un étroit passage dégagé dans les enchevêtrements de métal, de matériaux de chantier et de restes de mobilier qui constituaient le barrage. Les véhicules se déploient derrière la ligne formée quelques mètres plus haut par les forces de l’ordre. Un gendarme demande aux quelques photographes présents de s’écarter un peu pour leur laisser plus d’espace. Je recule et j’en profite pour me retourner. Je prends en photo le visage d’un conducteur : sans son masque les marques de fatigue de ce gendarme sont bien visibles. Derrière son irisbus, je crois reconnaître les formes d’un écusson de peloton d’intervention sur la visière d’un des gars qui attire mon regard, je me rapproche.
17h20 et 11 secondes. Je n’ai fait que quelques pas. Une explosion assourdissante retentit juste derrière l’irisbus. A quelques mètres de ma position, un gigantesque panache de flammes s’élève plus haut que la cime des arbres. Je n’ai bien sûr pas le temps de réagir de façon consciente, ma main se crispe mécaniquement sur mon déclencheur et je déclenche. Une fraction de secondes plus tard, je reprends mes esprits, je comprends la scène que je viens de vivre… et je sais qu’il y avait des silhouettes encore plus près, entre moi et cette explosion.

Pour voir davantage de Photos Reportage sur la manifestation des gilets jaunes du 24 novembre à Paris /2018

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Un commentaire

  1. Colin

    Je soutiens totalement l’action des gilets jaunes, je ne tiens pas à m’étendre sur ce conflit du peuple avec nos dirigeants mais ma conclusion est la suivante : Le président de la république tue, petit à petit, le relationnel avec l’ensemble des élus et la population. La gravité de la situation implique malheureusement nos gendarmes mobiles lesquels sont en première ligne pour assurer un maintien de l’ordre particulièrement délicat. L’heure est venue de mettre à plat tous les dysfonctionnements de notre société, ils sont très nombreux à tous les échelons et dans tous les domaines à commencer par la haute fonction publique laquelle est grassement et outrageusement rétribuée.

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