jeudi 29 octobre 2020
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Thierry Prungnaud (Crédit photo: GT/L'Essor).
Thierry Prungnaud (Crédit photo: GT/L'Essor).

L’un des héros de Marignane, Thierry Prungnaud, obligé de batailler à nouveau pour faire réviser sa pension

Thierry Prungnaud, premier de cordée du GIGN à Marignane, bataille depuis quatre ans pour faire reconnaître l’aggravation de son état de santé par le ministère des Armées.

C’est un imbroglio administratif qui va choquer de nombreux militaires. L’adjudant-chef Thierry Prungnaud, en tête de colonne le 26 décembre 1994 à Marignane, va enfin savoir demain si la justice administrative le suit dans sa demande de révision de pension.

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Grièvement blessé dans l’assaut de l’Airbus A300, Thierry Prungnaud avait tué trois des quatre preneurs d’otages avant de tomber à son tour. C’est toujours, 25 ans plus tard, l’opération de référence du GIGN. Les médecins le garderont trois mois l’hôpital – il subira 19 anesthésies générales – pour le remettre sur pied. Et sauveront son bras, particulièrement atteint.  

Demande de révision de sa pension

Retiré dans la Vienne, Thierry Prungnaud a tourné la page. Il s’est ainsi investi dans la gestion d’une salle de sport. Mais les années passant, l’ancien gendarme souffre de plus en plus de ses anciennes blessures. Résultat: il y a six ans, il demande une révision de sa pension. “Il déplore une aggravation d’un certain nombre d’infirmités pour lesquels il est pensionné”, précise son avocate, Me Aïda Moumni. 

Mais le ministère de la Défense rejette en 2016 sa demande. Pour les autorités, l’aggravation de l’état de santé du gendarme n’est pas suffisante pour faire droit à sa demande. Thierry Prungnaud saisit alors le tribunal des pensions, une juridiction depuis supprimée. Le contentieux a été transféré depuis vers les tribunaux administratifs. 

Lire aussi: Recours administratif en matière de pension militaire d’invalidité : un nouveau texte

Ce jeudi 10 septembre, quatre ans après le premier refus des Armées, le tribunal administratif de Poitiers a enfin pu examiner le recours de l’ancien gendarme. Malheureusement, l’audience n’a toutefois pas été l’avantage de Thierry Prungnaud. Le rapporteur public, bien souvent suivi par les juges administratifs, a en effet estimé que la décision de rejet était fondée.

Une expertise jugée incomplète

Pourtant, Thierry Prungnaud avait de bons arguments à faire valoir. “L’administration n’a pas tenu compte de toutes les demandes d’aggravation formulées par mon client”, note tout d’abord Me Moumni. Une erreur, pour le conseil. L’avocate estime également que l’expert, requis par la juridiction, a rendu un rapport incomplet en avril 2019. “Il avait été requis pour une mission spécifique, l’examen des infirmités déjà pensionnées et une nouvelle infirmité déplorée, pourtant pas étudiée, précise-t-elle. La justice aurait dû demander un complément d’expertise.”

Tableau illustrant l'assaut de Marignane. Auteur inconnu (Collection privée Thierry Prungnaud).
Tableau illustrant l’assaut de Marignane. Auteur inconnu (Collection privée Thierry Prungnaud).

Un débat juridique qui laisse sans voix Thierry Prungnaud. “Je suis tombé de ma chaise, déplore-t-il auprès de L’Essor. Tu fais ton boulot, tu risques ta vie pour ton pays et après on t’oublie. Je le vis très mal. On m’a déjà refusé le grade de major avant mon départ à la retraite. Maintenant on me refuse la révision de ma pension.”

Lire aussi: Thierry Prungnaud, premier de cordée du GIGN à Marignane

“L’administration manque de bienveillance et fait preuve d’un peu de mauvaise foi, abonde son avocate. C’est très difficile, pour un militaire qui s’est sacrifié pour son pays, d’entendre qu’il ne rentre pas dans une case.” La décision du tribunal administratif de Poitiers sera connue ce jeudi 24 septembre. 

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17 Commentaires

  1. GIGN brevet n°...

    “Tableau illustrant l’assaut de Marignane. Auteur inconnu (Collection privée Thierry Prungnaud).

    L’auteur de ce tableau se nomme Patrick SANTOT ex-sapeur de pompier de Paris résidant aujourd’hui à Montfermeil (93370). Patrick SANTOT a dessiné ce tableau et l’a offert à l’unité GIGN suite à l’intervention à Marignane.

    Nous pourrions nous poser la question suivante:

    – Que fait ce tableau entre les mains de Thierry PRUNGNAUD alors qu’il appartient à l’unité en mémoire de tous les opérationnels qui ont participé à l’assaut ?

    • laigle

      jaloux !??!

      • GIGN n°...

        Pas du tout c’est juste que cela a été décerné à l’unité GIGN au nom des opérationnels impliqués dans cette intervention incluant tous les blessés. Il y a eu 9 blessés dans cette opération. Quid pour la mémoire des autres ?

      • Coulibeuf

        Plutôt que d’ arroser copieusement une partie de la population avec des aides de l’état, il serait plus reconnaissant d’améliorer la qualité de vie de nos héros nationaux. Soutien à toi Thierry, tu es un exemple pour nous tous.

        • Profond respect à ces hommes courageux qui méritent la reconnaissance de la nation.
          Soutien total à ce militaire retraité !
          Major ER Libert Jean Luc

    • Hubert

      Quelle honte !aucune reconnaissance.

  2. TRABESLI/PRUNGNAUD

    Bonjour, Thierry et moi sommes très touchés par votre article….Nous ne baisserons pas les bras ……. Merci

    • Pierre MAIRET

      J’aimerais rentrer en contact avec cet adjudant-chef MERCI

  3. Haise

    La Gendarmerie , ainsi que la Police Nationale ne sont plus respectées de nos jours.

    Quel dommage, ou se trouve les droits et le respect ????pour nous citoyens.
    Actuellement le gourvernement ne fait rien pour nos honnêtes gens.
    La racaille a tous les droitd.
    A

  4. Victor Almeida

    Comme dans beaucoup de domaines ou de nos jours les termes « service » et « public » sont quasiment dénaturés de leur sens premier. On peu également s’interroger sur les sens des mots « abnégation », «reconnaissance du travail accompli » mais aussi de «grande famille » que l’on accorde aux frères d’armes des armées et la gendarmerie – ou tout au moins le sens que leur donnent quelques uns retranché derrière les rigoureuses règles sur l’avancement, qu’ils appliquent scrupuleusement.

    Il est très bien que les règles soient appliquées avec rigueur. Cependant il y a la règle mais il peut y avoir l’exception quand il s’agit d’avancement et en l’espèce d’attribuer le grade de Major à titre exceptionnel à un adjudant-chef qui les armes à la main – blessé au combat – à grandement contribué au rayonnement du GIGN et de la gendarmerie dans le monde entier.

    Il est juste que notre camarade Thierry puisse bénéficier de la révision de sa pension en juste reconnaissance de l’action d’un homme qui – lucide – avec pour sa seule défense et motivation son MR73 et son courage est monté à l’assaut en tête de colonne pour délivrer les otages en sachant que ses chances de pouvoir retrouver ses camarades et sa famille étaient proches du néant face à la détermination des terroristes.

    Cela étant combien ont et nommés au grade supérieur 6 mois avant leur départ en retraite ou en deuxième section – ceux-là ne déméritent pas – et c’est bien ainsi – cependant il n’est pas exclus que dans le lot, certains n’ont connu comme seul risque dans leur carrière que celui d’une éventuelle panne de climatisation, ou une rupture du siège sur lequel il était confortablement assis dans son bureau.
    Alors j’espère que notre camarade Thierry aura une juste reconnaissance au travers d’une décision favorable à sa demande de révision. Le budget du pays ne devrait pas en souffrir énormément.
    Capitaine (ER) Victor Almeida
    Brevet EPIGN n°261

  5. Christian

    Ceci demontre encore les incohérences du système français : un gendarme qui aime son pays risque sa vie pour son la France et il doit encore combattre pour la reconnaissance contre des bureaucrates inamovibles .Les responsables politiques ne font rien si on ne montre pas une « une grande fâcherie «  . Christian

  6. Marc Cirencien

    Tiens bon Thierry, ne lâche rien quelle ingratitude de ce système c est proprement indigne…un ancien de Kellermann

  7. Zurutuza

    La demande au demeurant légitime du gendarme risque de se heurter au code des pensions qui va lui opposer la christallisation de son état et l’appréciation définitive de son état . Le tribunal lui même ne pourra pas grand chose . Je le dis souvent , l’état ne mérite pas les gens qui le servent et qui sont mal récompensés alors que ceux qui se servent de l’état ……… cirage à ce gendarme qui aura perdu bien des illusions .

  8. Bonjour, situation connue par mon père, blessé de guerre, évadé de France, Rhin et Danube, a débarque en Provence et j’en passe entre en gendarmerie, avec l’âge l’état physique s’est dégradé, il a été reconnu inapte au service gendarmerie et réformé. Nous avons donc subit la même situation et n’avons que partiellement pu faire réviser sa pension. Tous ces nanards nantis d’un petit pouvoir administratif décisionnaire devrait être mis chef de cordée, ils verraient ce que c’est que d’entendre les abeilles qui sifflent au raz des oreilles. Un ancien de la grande famille, avec toi camarade.

  9. BOUDJEMAI

    Ne pas abandonner et continuer votre lutte jusqu’à ce que l’administration et ses chefs reconnaissent les préjudices. Surtout continuer à faire passer ce message dans touts les réseaux sociaux pour atteindre un maximum de personne, qui seront en majorité en votre faveur. La réaction pour trouver une solution sera plus rapide. Votre action à l’époque, était saluée unanimement. Aujourd’hui vous ne devez pas garder votre situation en confidentialité. Battez vous, comme vous savez le faire. Je vous soutiens.

  10. Christophe

    C’est l ensemble des militaires blessés dont les droits sont bafoués. Thierry est un exemple flagrant du mépris et de la mauvaise fois de l administration envers ceux qui ont payés cher leur service envers la patrie. Et triste est de constaster que cela ne va pas dans le bon sens.
    Honte à tous ces bureaucrates.

  11. ANDRE

    Il ne s’agit de faire de “cadeaux” à quiconque, mais il est indispensable que justice soit rendue en toute impartialité avec l’éclairage avisé d’un ou plusieurs experts si nécessaire. Thierry ne doit pas se décourager et son bon droit reconnu!

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