lundi 18 janvier 2021
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Une antenne-relais. Photo d'illustration. (Crédit: Richard Revel)
Une antenne-relais. Photo d'illustration. (Crédit: Richard Revel)

L’Intérieur lance la compétition pour la 4G des gendarmes

Avec le lancement de l’appel d’offres pour le réseau radio du futur, l’Intérieur prépare la future 4G des gendarmes.

Le compte à rebours de l’extinction du vénérable réseau Rubis est lancé. La Gendarmerie, précurseur à la fin des années 80 avec ce réseau radio, va prochainement basculer vers ce réseau nouvelle génération. Mais les gendarmes n’y seront pas seuls. Ils cohabiteront avec la Police, la Sécurité civile, des forces armées, le Samu et également des opérateurs privés, comme la SNCF ou EDF… Soit environ 400.000 utilisateurs! Le ministère de l’Intérieur vient en effet de publier, début décembre, l’appel d’offres. Un très gros marché estimé à 900 millions d’euros.

L’enjeu est de taille. Il s’agit de remplacer les réseaux radio bas débits utilisés par la Gendarmerie et la Police par un nouveau système national de communication mobile prioritaire. Ce qui permettra de faire passer les gendarmes et les policiers à la 4G d’abord, puis à la 5G ensuite. “Les agents disposeront, sur leur téléphone mobile professionnel, des fonctionnalités dites radio comme les communications de groupe sécurisées, via une application, précise l’Intérieur dans son appel d’offres. Il permettra également de nouvelles fonctionnalités, comme le partage d’images ou les communications vidéo.” Le président Emmanuel Macron avait mentionné ce gros dossier lors de son discours d’octobre 2017 aux forces de sécurité. Le projet, expliquait-il, “devra bénéficier d’un haut niveau de résilience en cas de crise et des meilleures technologies numériques disponibles. Ce sera un grand projet industriel français et européen dont le déploiement doit se faire le plus rapidement possible.”

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Le futur réseau des gendarmes, une infrastructure 4G hybride

Mais contrairement aux anciens réseaux (Rubis, l’infrastructure nationale partagée des transmissions et Quartz, en outre-mer), l’Intérieur ne va pas construire son propre réseau. Cette solution, autrefois privilégiée, aurait coûté beaucoup trop cher. La Place Beauvau a au contraire décidé de lancer un nouveau réseau hybride. Il va en effet s’appuyer sur les infrastructures haut débit des opérateurs existants. Par exemple Orange, Free, ou Bouygues Telecom. Concrètement, l’Intérieur va devenir lui même un opérateur de réseau mobile virtuel. Il s’appuiera alors sur les infrastructures de deux opérateurs choisis à l’issue de l’appel d’offre. “Cela permettra au réseau radio du futur d’offrir une couverture inégalée et de bénéficier des innovations technologiques et des développements mis en oeuvre en continu par les opérateurs sur leurs réseaux”, note l’Intérieur. Cette solution moins chère n’allait toutefois pas de soi. Impossible d’imaginer une intervention de police secours retardée pour cause de manque de réseau. De même, les pompiers ont absolument besoin de conserver du réseau dans des zones dévastées. Comme par exemple après des inondations, comme à l’automne dans les Alpes-Maritimes. 

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Des précautions ont donc été prises pour éviter ce type de catastrophes. D’une part, les utilisateurs du réseau radio du futur auront une sorte de priorité. Pas question en effet que les gendarmes ou les policiers n’accèdent pas au réseau radio à cause de sa saturation. “Les utilisateurs bénéficieront d’un accès préférentiel et garanti aux réseaux, et de l’attribution préférentielle de ressources en bande passante”, précise l’Intérieur. Ainsi, l’Intérieur a réservé deux bandes de fréquences pour les besoins du nouveau réseau radio. L’appel d’offres prévoit également la fourniture d’antennes temporaires. Elles seront déployables sur le terrain, pour pallier par exemple l’absence d’antennes fixes en service.

Les gendarmes conservent leur Neo

Pour les gendarmes, les fonctionnalités promises sont déjà possibles avec les téléphones Neo. Le nouveau réseau radio va permettre cependant de sécuriser la connexion radio de ces terminaux. A noter à ce sujet que si l’appel d’offres inclut de nouveaux terminaux, ce point ne concerne pas la Gendarmerie et la Police, qui ont demandé à pouvoir s’équiper de leur propre matériel. Les forces d’intervention, dont le GIGN, sont elles déjà équipées en haut-débit avec le projet PC-Storm, qui préfigurait justement le nouvel appel d’offres. Pour ne pas perturber l’action des forces d’intervention, le réseau radio du futur sera compatible avec tous les équipements mis en oeuvre dans PC-Storm. La première version du nouveau réseau radio est attendue pour la fin de l’année 2022. L’Intérieur espère pouvoir compter sur son réseau pour la Coupe du monde de Rugby en 2023 et pour les Jeux olympiques de Paris l’année suivante, pour un déploiement final d’ici 2025. 

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3 Commentaires

  1. Jeremy

    Enfin une bonne nouvelle, ce réseau archaïque qui coupait même en centre-bourg, les talkie-walkie fonctionnaient mieux que le mode DIR. Rien que ça, me donnerait envie d’être réserviste

    • Delmaëre

      Tout le monde sait bien évidemment que les talkie-walkie sont cryptés, numériques et battle proven…
      Quant à être réserviste, si il n’y a que les moyens qui vous attirent…

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