mardi 29 septembre 2020
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Un gendarme du GIGN lors d'une démonstration au camp de Beynes (Photo M. Guyot/Essor).

L’Institut Montaigne suggère la fusion des forces d’intervention

Unifier les forces d’intervention (GIGN, Raid et BRI) dans une Force spéciale d’intervention (FSI) compétente sur l’ensemble du territoire national. C’est l’une des douze propositions choc formulées par l’Institut Montaigne dans un rapport dévoilé le mercredi 7 septembre.

Ce cercle de réflexion indépendant appelle les pouvoirs publics à repenser la sécurité nationale pour faire face aux « nouvelles menaces », à commencer par le terrorisme.

Ces recommandations s’appuient sur une soixantaine d’auditions de militaires, de chefs d’entreprise, d’universitaires, de hauts fonctionnaires et de juristes. Nicolas Baverez, avocat, économiste et président de ce groupe de travail affirme en préambule que si le réarmement de la France apparaît « indispensable » (le budget français consacré à la défense est passé de 5,4% du PIB en 1961 à 1,5% en 2016), il doit s’accompagner d’une « redéfinition des concepts d’emploi des forces, notamment sur le territoire national ».

Ainsi, l’Institut propose d’unifier les forces d’intervention (GIGN, Raid et BRI) dans une Force spéciale d’intervention (FSI) placée sous l’autorité d’une Direction des opérations et rattachée directement à une cellule de coordination des services du ministère de l’Intérieur.

Réorganiser le renseignement

« Refonder la sécurité nationale » passerait également par la réorganisation de l’ensemble du renseignement intérieur. L’Institut recommande l’intégration de la Direction de l’administration pénitentiaire au ministère de l’Intérieur. Un statut qui, seul, lui « permettra de trouver sa place dans la chaîne de la sécurité intérieure ».

Il propose également le regroupement, au sein d’un même service de renseignement intérieur, de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), de la Sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO) de la Gendarmerie et du bureau du Renseignement de l’administration pénitentiaire.

De même, sur l’ensemble du territoire, policiers, gendarmes et douaniers « travailleraient ensemble au sein des services rattachés aux Préfets, sous l’autorité d’un commissaire de police ou d’un office de gendarmerie ».

Autre recommandation : la création d’un Centre permanent pour les opérations de sécurité intérieure (CPOSI). Cette cellule, activée de manière permanente, devrait diriger et coordonner les opérations menées par les services de la sécurité intérieure, veiller à la prise en compte de tous les canaux du renseignement et favoriser l’émergence d’une « communauté opérationnelle de la sécurité intérieure » dont l’action serait appuyée par un parquet national antiterroriste.

Renforcer la présence des réservistes

Par ailleurs, L’institut Montaigne donne raison au gouvernement lorsqu’il évoque la nécessité de renforcer la présence des réservistes pour appuyer gendarmes et policiers. Le cercle de réflexion va même plus loin : « L’Etat pourrait utiliser les réservistes gendarmes dans les zones rurales dépourvues de brigades, afin d’intervenir avant l’arrivée des gendarmes mais sous leur supervision ». De même, l’Institut recommande le développement d’une réserve citoyenne actionnée par le maire (information, organisation du ravitaillement en cas de catastrophe naturelle ou d’accident).

Enfin, autre instance dont l’Institut Montaigne recommande la création, celle d’un Conseil de sécurité nationale (CSN) auprès du président de la République qui réunirait décideurs publics et experts de la sécurité.

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Pour accéder au rapport de l’Institut Montaigne, cliquez ici.

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