dimanche 21 juillet 2019
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Gendarmes mobiles à Paris en 2016 (Crédit: MG/L'Essor)
Gendarmes mobiles à Paris en 2016 (Crédit: MG/L'Essor)

Un groupe de réflexion appelle à renforcer la Gendarmerie mobile

Violences urbaines (Photo d'illustration/ M.G/L'Essor)
Violences urbaines (Photo d’illustration M.G/L’Essor).

La traditionnelle manifestation alliant sono tonitruante et merguez fumantes a-t-elle du plomb dans l’aile ? Hier, c’était les “black-blocs”, aujourd’hui ce sont les “gilets jaunes”. De nouvelles formes d’actions violentes, apparaissent. Elles compliquent la gestion des manifestations par les forces de l’ordre. Alors que le bilan humain des actions des “gilets jaunes”, entamées le samedi 17 novembre, se révèle particulièrement lourd – 110 blessés chez les forces de sécurité au dernier décompte -, un think-tank vient de publier opportunément une note instructive sur ce sujet.

L’Hétairie est un groupe de réflexion présidé par Floran Vadillo, un proche de l’ancien ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas. Il apporte sa contribution à la réflexion sur le modèle français de maintien de l’ordre à travers un document de 57 pages. Diffusé ce jeudi 15 novembre, ce texte présente trente-trois préconisations. Sans remettre en cause le fondement de la doctrine française, le maintien à distance, il propose une série de réformes.

Réouverture d’escadrons

Gendarme mobile (Photo DC/L’Essor)

Certaines devraient être sans surprise saluées par les gendarmes. Ce rapport, rédigé par l’économiste Guillaume Farde et un haut fonctionnaire, appelle en effet à la “réouverture d’une dizaine d’escadrons de Gendarmerie mobile”. Leur statut militaire, souligne ce document, leur “assure une bonne polyvalence”. Cette hausse viendrait compenser la saignée enregistrée entre 2010 et 2012. La Gendarmerie avait alors perdu quinze escadrons.

Lire aussi sur L’Essor : 2018, l’année chargée de la Gendarmerie mobile

Cette hausse des effectifs, imaginent les auteurs, devraient également s’accompagner d’une diminution des “emplois indus”. Les deux tiers des escadrons de Gendarmerie mobile sont, remarque le rapport, consacrées aux missions permanentes (Outre-mer, lutte contre l’immigration clandestine, sécurisation des institutions et des installations militaires).

En définitive, pour donner corps aux discours politiques, notre pays sacrifie sa capacité de maintien de l’ordre et surexpose ceux qui y consacrent leur vie”, relèvent Guillaume Farde et le haut fonctionnaire. Les conséquences de ce sur-emploi sont bien connues. Réduction des formations et des entraînements, explosion des heures supplémentaires et fatigue sont le lot des gendarmes mobiles et des CRS.

Sans compter l’inquiétante baisse de capacité de réaction rapide : la proportion d’unités de forces mobiles disponibles dans un bref délai a, écrit L’Hétairie, “chuté de 5% à 2%, soit moins de 300 policiers et gendarmes”. Le rapport esquisse également une autre piste pour faire face à ce sur-emploi des forces mobiles. Il appelle à former spécialement au maintien de l’ordre, dans les départements, des policiers et des gendarmes susceptibles d’être mobilisés.

Véhicules blindés

Véhicule blindé à roues de la Gendarmerie (M. GUYOT/ESSOR)

De même, les auteurs de ce rapport estiment qu’il est urgent de renouveler le parc des véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG). Cette capacité “fait partie des moyens à disposition de l’État pour assurer le maintien ou le rétablissement de l’ordre public, notent-ils. Ces véhicules constituent un outil intermédiaire entre les outils civils et les moyens des trois armées.”

Lire aussi sur L’Essor : Le difficile choix du successeur des blindés de la Gendarmerie

Toujours sur la question de l’équipement, L’Hétairie propose de doter toutes les unités de forces mobile,s que ce soit dans la Gendarmerie ou la Police, de lanceurs d’eau. Par contre, le centre de réflexion se prononce contre l’utilisation du lanceur de balles de défense 40 (LDB 40) pour le maintien de l’ordre à cause de “risques de dommages collatéraux élevés”.

Plus de prévention

En contrepartie de ces moyens supplémentaires, L’Hétairie recommande de faire des efforts en matière de prévention. Pour prévenir l’escalade des violences, le centre de réflexion donne quelques pistes. Cela pourrait être par exemple la mise en place d’une médiation systématique avec de nouvelles unités policières intégrées au cœur des cortèges. Ou une meilleure communication sur les réseaux sociaux.

Les auteurs appellent enfin les policiers et gendarmes à se montrer exemplaires en portant de manière visible leur numéro d’identification et en acceptant d’être filmés. “Ce n’est qu’en garantissant le plein exercice du droit d’enregistrer des manifestants que les forces de l’ordre apporteront la preuve de la parfaite déontologie de leur action, tout en annihilant les accusations de dissimulation dont elles constituent fréquemment la cible”, assurent-ils.

G.T.

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4 Commentaires

  1. CHEVIGNY Gilberrt

    j’ai été abonné 33 ans à l’essor j’écrivais comme gradé en Mobile , que seuls les gradés étaient mobiles , l’encadrement officier était de passage donc difficile de se entendre…

  2. Fougasse

    Désolé mais je ne vois pas dans le rapport de proposition d’augmenter le nombre d’escadrons. La Préconisation n° 26 : Poursuivre la politique de rehaussement des effectifs engagée depuis 2012, fait référence à une augmentation des EFFECTIFS mais pas à celle du NOMBRE des unités. Il est vrai que certaines des préconisations, si elles étaient appliquées, se traduiraient par une augmentation du nombre d’UFM disponibles au MO sur le terrain mais sans augmentation du nombre total.

    Il faut aussi se rappeler que, lorsque des effectifs supplémentaires ont été obtenus après les attentats de 2015, un seul nouvel escadron a été formé et le choix de la gendarmerie a été de créer non pas des escadrons supplémentaires mais un peloton de marche supplémentaire dans 22 escadrons. Parmi les raisons possibles pour ce choix (nombre de véhicules de MO nécessaires etc.), il est possible d’imaginer également celle-ci : un peloton supplémentaire à la résidence reste en zone gendarmerie alors qu’un escadron supplémentaire – payé sur le budget de la gendarmerie – doit être partagé entre des affectations qui peuvent aussi être en zone Police (Paris) ou partagées (Dom-Tom). La cour des comptes, sans relever ce fait particulier, a par contre insisté sur la nécessité pour l’ensemble des UFM d’être engagés sur l’ensemble des zones (ZPN et ZGN) sans tenir compte du corps d’origine….qui est pourtant le payeur. Le problème se pose moins pour les CRS, qui semblent peu engagés en ZGN. Le problème des UFM, c’est 1- leur emploi hors MO et, 2- leur financement lorsqu’ils sont employés hors de la zone de leur corps d’origine. Je peux me tromper mais ces histoires de gros sous ne sont pas sans importance quand vous avez des comptes à rendre et des résultats à atteindre en sécurité générale.

  3. DRAILLET

    Faire et défaire une histoire bien Française

  4. Retraite

    Il faudrait mieux augmenter les effectifs dans les escadrons qui existent et revoir la carte des implantations.

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