mardi 29 septembre 2020
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Illustration confidentiel Défense
Illustration confidentiel Défense

L’exécutif dévoile la nouvelle architecture du renseignement

Un mois seulement après son élection, Emmanuel Macron imprime sa marque dans le renseignement français. D’abord en changeant les « patrons » des deux grands services de la communauté du renseignement, atteints par la limite d’âge. Puis en mettant en œuvre l’une de ses promesses de campagne, la création d’une « task-force anti-Daesh », chargée 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 de la coordination des services de renseignement et placée sous sa coupe.

Le préfet Pierre de Bousquet de Florian, 62 ans, ancien directeur de la surveillance du territoire (DST) de 2002 à 2007, prend la tête de la nouvelle structure mise en place par le chef de l’Etat, le Centre national de contre-terrorisme (CNCT). Laurent Nunez, 53 ans, actuellement préfet de police des Bouches-du-Rhône, remplace à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) Patrick Calvar. Enfin, le diplomate Bernard Emié, 58 ans, en poste à l’ambassade de France en Algérie, succède au diplomate Bernard Bajolet à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Nommés le 21 juin

Les trois nominations interviendront formellement lors du Conseil des ministres du 21 juin. Ce trio aura, précise l’Elysée, « la responsabilité opérationnelle du renseignement ». Avec ces nominations, la communauté du renseignement tourne la page du quinquennat de François Hollande : Bernard Bajolet, âgé de 68 ans, avait été nommé en 2013, tandis que Patrick Calvar, âgé de 61 ans, a tenu depuis 2012 les rênes du renseignement intérieur (d’abord en dirigeant la DCRI puis la DGSI).

Fin connaisseur du renseignement français, le préfet Pierre de Bousquet de Florian, actuellement P-DG de Civipol conseil, la structure de service et de conseil du ministère de l’Intérieur, va coordonner les services de renseignement dans la lutte contre le terrorisme. Le CNCT doit « accroître l’efficacité de la protection contre la menace terroriste forte et durable à laquelle la France est confrontée, en assurant une coordination plus forte et un pilotage renforcé des services engagés », explique l’Elysée.

Cette instance « a vocation à organiser une action de renseignement plus rapide et ouverte entre services compétents face à la menace terroriste », ajoute la présidence de la République. La nouvelle coordination devrait voir ses moyens humains doublés par rapport à l’ancien Conseil national du renseignement, dirigé par le préfet Yann Jounot, avec le renfort d’une vingtaine d’analystes. On ignorait ce mercredi 7 juin si des gendarmes en feront partie – les analystes, tout comme les personnes en poste actuellement au CNR, sont détachés de différentes administrations.

Une instance qui devra s’imposer

Surtout, le CNCT devra s’imposer là où le CNR, créé en 2008, avait montré ses limites. Au risque de faire doublon avec d’autres structures, comme le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) ? Ce service du Premier ministre est chargé notamment de préparer les conseils de défense et de sécurité nationale, désormais hebdomadaires. Le SGDSN est toujours en charge d’une « coordination à froid » des services de sécurité et de production « d’analyses au long cours », précise-t-on dans cette administration. Il reste encore une nomination attendue dans la communauté du renseignement. Emmanuel Macron devrait prochainement nommer le nouveau directeur du renseignement militaire après le départ du général Christophe Gomart, 56 ans, vers le privé.

Gabriel Thierry.

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