vendredi 13 décembre 2019
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Section de recherches (Photo d'illustration S.D L'Essor)
Illustration (SD/L'Essor).

Les sections de recherches remettent un pied dans l’antiterrorisme

Les enquêteurs de la Gendarmerie étaient déjà présents dans la lutte antiterroriste avec leur bureau éponyme, le Blat. Il va falloir sans doute compter désormais davantage sur leurs sections de recherches. Le dernier coup de filet dans l’ultradroite a en effet été mené par des gendarmes. Il s’agit plus précisément d’enquêteurs de la section de recherches de Grenoble.

Photo d’illustration (Crédit photo: DR).

L’affaire, dévoilée mardi 11 juin par BFMTV, a conduit à la mise en examen pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle” de cinq personnes, le 23 mai. La justice les soupçonne d’avoir planifié un attentat, aux contours encore mal définis, contre un lieu de culte. Les cibles envisagées? La convention annuelle du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) ou des musulmans.

Lire aussi sur L’Essor: Les chiffres de la lutte antiterroriste de François Molins

Un ex-gendarme mis en cause

La saisine d’une section de recherches dans une affaire de terrorisme est à signaler. En effet, ce type d’affaire fait partie depuis quelques années du pré carré de la Police. Ces enquêtes sont habituellement fléchées vers la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire, la sous-direction de la police judiciaire de la sécurité intérieure ou vers la section antiterroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris.

Selon un spécialiste de la police judiciaire dans l’Arme, les gendarmes, malgré quelques co-saisines avec la Police, sont mis à distance des enquêtes judiciaires sur des affaires de terrorisme depuis une petite dizaine d’années. Les sections de recherches d’Ajaccio et de Pau avaient pourtant été pendant longtemps mises à contribution. Elles ont ainsi travaillé respectivement sur les affaires de terrorisme indépendantiste corse et basque.

Cette fois, si les gendarmes ont été saisis, c’est visiblement à cause du pedigree d’un des mis en cause. C’est en effet un gendarme adjoint volontaire! En septembre 2018, le parquet de Grenoble avait ouvert une information judiciaire visant des infractions à la législation sur les armes. A son domicile, les enquêteurs découvrent, explique BFMTV, plusieurs armes, un pistolet Glock et un fusil, ainsi que des produits explosifs. Selon Le Parisien, le militaire était en poste dans une brigade de l’Isère. Dans la foulée de son arrestation, la Gendarmerie, précise le quotidien, aurait décidé de ne pas renouveler son contrat. Il aurait attiré l’attention par des messages postés sur internet, dans un groupe de discussion appelé “La Faction Oiseau noir”.

Des signaux faibles dans le viseur des gendarmes de l’antiterrorisme

Au fil de l’enquête, le dossier des mis en cause va s’alourdir. D’une simple affaire de détention illégale d’armes, les enquêteurs vont mettre au jour un dangereux projet criminel. Au point qu’en janvier, ce sont les  magistrats de la section antiterroriste du parquet de Paris qui reprendront l’affaire. Un point de départ, les armes, qui n’est pas anodin pour les gendarmes du renseignement. Le chef de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle s’en était ouvert à l’Assemblée nationale. Le général de brigade Jean-Marc Cesari avait souligné en février le goût prononcé des groupuscules d’ultradroite “pour les armes et les techniques de combat”. “Nous essayons de repérer des marqueurs: propos, détention d’armes, infractions”, ajoutait-il.

Interrogé sur la question du basculement de membres des forces de l’ordre dans des groupuscules d’autodéfense, Jean-Marc Cesari avait enfin été catégorique. “Je n’ai pas d’élément particulier sur une menace qui serait interne à la Gendarmerie. A l’évidence, il n’y a pas de place chez nous pour des personnes qui véhiculent des idées antirépublicaines et extrémistes violentes, quelle que soit l’idéologie qui les sous-tend.”

Gabriel Thierry

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