samedi 20 avril 2019
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Gendbones, projet de l'IRCGN visant à permettre d'analyser, en masse et sur les lieux de la scène de crime, l'ADN issu d'ossements (M.GUYOT/ESSOR)
Gendbones, projet de l'IRCGN visant à permettre d'analyser, en masse et sur les lieux de la scène de crime, l'ADN issu d'ossements (M.GUYOT/ESSOR)

Les projets futuristes d’une Gendarmerie disruptive

L’esprit de la start-up nation chère au Président de la République est il arrivé jusqu’à la Gendarmerie? Pour 2019, l’Institution se veut disruptive. Elle en a même fait le nom d’un programme, baptisé Disrupt 2019. Son objectif est “le soutien des innovations les plus innovantes”, explique le lieutenant-colonel Olivier Plessiet, chargé de la mission Préparation de l’avenir à la direction des opérations et de l’emploi. 

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S’inscrivant dans la continuité du plan stratégique recherche et innovation (PSRI) de la Gendarmerie, “l’initiative Disrupt est l’étape suivante pour porter l’innovation”, poursuit cet ingénieur de l’armement jeudi 31 janvier, à l’occasion du troisième conseil scientifique de la Gendarmerie.

“L’innovation ne se décrète pas. Il faut la chercher, l’encourager et la financer”, précise Olivier Plessiet. 

Pour cela, douze projets ont été retenus mi-2018, développés au sein de la Gendarmerie ou en coopération avec des organismes publics ou privés. Le critère de choix principal était d’être “potentiellement à mêmes de constituer un véritable changement de paradigme dans l’exercice opérationnel des forces de sécurité”.

PJ, exosquelette et véhicules intelligents

Troisième conseil scientifique de la Gendarmerie, le 31 janvier 2019, caserne des Célestins à Paris (M.GUYOT/ESSOR).
Troisième conseil scientifique de la Gendarmerie, le 31 janvier 2019, caserne des Célestins à Paris (M.GUYOT/ESSOR).

La majorité d’entre eux concerne la police judiciaire, mais certains sont tournés vers l’intervention comme l’exosquelette testé par le GIGN ou la sécurité générale, avec une évaluation des risques et opportunités induits par les véhicules intelligents. Si certains sont bien avancés, voire déjà opérationnels, d’autres ont vocation à être abandonnés à l’issue des 18 mois. En effet, pour ne pas inhiber les porteurs de projet, “le droit à l’échec fait partie de la démarche Disrupt”, explique le lieutenant-colonel Plessiet.

Au-delà de ce projet lui même “l’objectif est de parvenir à forger, pour nos gendarmes, pour notre ministère, un véritable esprit d’innovation et de remettre en question systématiquement nos processus et nos modes de raisonnement”, précise le directeur général de la Gendarmerie, le général d’armée Richard Lizurey. “Il faut convaincre chacun et chacune de nos membres. Ceux qui sont sur le terrain bénéficient de ces innovations mais en sont aussi les acteurs”.

Focus sur trois innovations du programme Disrupt.

  • Alice 

Le quotidien d’Alice sera une plongée dans le pays des horreurs. Ce logiciel dont le nom est l’acronyme d’Automatic labeling for image collections explorations, vise en effet à faciliter l’exploration de grandes quantités d’images dans le cadre d’enquêtes sur des faits de pédophilie. 

“Alice est idéale pour trier des stocks d’image”, explique le capitaine Edouard Klein du centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N). Et dans ce type d’enquête, la quantité est souvent au rendez-vous. Douze millions d’images sont ainsi conservées aux centre national d’analyse pédopornographiques (Cnaip) de la Gendarmerie. 

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Dans ces affaires, les enquêteurs sont confrontés à des disques durs saisis contenant de plus en plus de données qu’il leur faut trier dans un temps limité. Jusqu’ici pour identifier les photos délictueuses ou criminelles, la tâche était manuelle, donc chronophage, et laissait inexplorés de grands pans des supports saisis. 

Alice propose d’utiliser un système d’active learning pour entraîner la machine à effectuer ce tri. L’enquêteur apprend au logiciel à reconnaître ce qu’il cherche -visage, objet ou symbole à l’aide de quelques dizaines de photos présélectionnées par le logiciel. Jusqu’ici les procédés de reconnaissance d’images par machine learning supervisé nécessitaient d’analyser manuellement 10.000 photos avant que la machine sache travailler seule.

  • ADN non humain

L’analyse des traces ADN humaines fait aujourd’hui partie du quotidien des enquêtes judiciaires. Mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, les laboratoires de police scientifique française n’ont pas cette capacité pour l’ADN animal. “Aujourd’hui, à partir de poil, de plume, de sang ou de tissu, on est capable de donner le nom d’une espèce, chien, chat, cheval”, explique le capitaine Sylvain Aimart, de l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie. Mais les experts de l’Institution ne peuvent affirmer que tel poil provient bien de tel chien. 

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La méthodologie existe pourtant chez plusieurs de nos voisins européens et, si l’on songe aux 20 millions de chiens et de chats de compagnie et à leur propension à semer leurs poils, les perspectives sont alléchantes pour les enquêteurs. Ce projet à de fortes chances d’aboutir car méthodologie, kits d’extraction et marqueurs par espèce existent déjà. Il comprend un autre volet, végétal celui-là, qui vise pour l’instant à identifier l’espèce végétale dont est issue, par exemple, une trace verte sur un vêtement. Là encore, un outil précieux aux services des enquêteurs.

  • Chatbot 19

Les chatbots vont débarquer en Gendarmerie. Ces assistants numériques qui répondent à vos questions de manière automatisée vont être testés à la fin de l’année 2019 dans le domaine des ressources humaines. Dans un premier temps, seuls les officiers seront concernés dans le cadre d’un chatbot qui aura “pour objectif de répondre à leurs nombreuses interrogations en matière d’avancement, de formation, de mobilité, de statut”, explique le lieutenant colonel Pleissiet.

Au delà du gain de temps pour les militaires du bureau du personnel officier qui sera dispensé d’une tâche “très chronophage”, Chatbot 19 apportera “un facteur d’anonymisation” permettant aux officiers de poser n’importe quelle question “sans pour autant se découvrir”.

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Dans un deuxième temps, ce chatbot a vocation a être associé aux données RH de la Gendarmerie afin d’apporter des réponses personnalisées aux questions posées. Si le dispositif est concluant, il pourrait ensuite être élargi aux sous-officiers, dont la gestion de carrière est régionale. 

Plus largement, en développant ce système de chatbot pour ses ressources humaines, la Gendarmerie maîtrisera cet outil d’assistant numérique et pourrait s’en servir dans le cadre de la brigade numérique pour offrir aux citoyens une nouvelle manière d’interagir avec l’Institution. 

Matthieu Guyot

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4 Commentaires

  1. Tous ces projets ont une intention louable: celle de mettre la technologie au service du crime. Mais quand je vois les coûts énormes que cela représente, j’ai l’impression que ces beaux projets relèvent de la science fiction et ne correspondent pas du tout à ce que les gendarmes attendent en vue de les aider sur le terrain. Il serait à mon sens plus judicieux de commencer par mettre à la ferraille de nombreux véhicules de service en bout de course et de les remplacer enfin par d’autres en bon état. Nos préfectures sont équipées de lecteurs laser d’empreintes digitales alors que les brigades en sont encore à utiliser de vieux rouleaux encreurs. Quand on sait à quel point la qualité des empreintes est primordiale à la résolution de nombreuses affaires, cherchez l’erreur… Des logiciels récents installés sur des PCS qui ont parfois dix ans créent de nombreux bugs… Je pourrai noircir cette page avec d’autres exemples de ce genre. J’en appelle à nos têtes pensantes à avoir moins la tête dans les étoiles et à se confronter davantage aux réalités du terrain. C’est cela qui aidera la gendarmerie.

  2. Litch

    Pitié, arrêtez d’utiliser disruptif, ce néologisme idiot qui ne veut rien dire.

  3. GERARD-DEPREZ

    Disruptif dérivé du latin disrumpere (briser, rompre, etc.) :

    Sens 1
    Qui perturbe, casse, rompt avec l’existant.
    Exemple : Cette entreprise avec son modèle disruptif va révolutionner le domaine des transports.
    Sens 2
    Electricité
    Se dit lorsque l’électricité traverse un isolant en altérant provisoirement ou durablement son organisation.

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