L'Essor

Les gendarmes mobiles moins concernés par le rapport parlementaire sur le maintien de l’ordre

Des gendarmes mobiles lors d'une manifestation de gilets jaunes (Photo: GT/L'Essor).

Plusieurs recommandations de la la commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre concernent moins les unités spécialisées (gendarmes mobiles et CRS) que les autres forces qui participent à cet exercice délicat. Un paradoxe.

Ce rapport dense et équilibré avance 35 recommandations. Certaines sont en effet déjà suivies par les escadrons de gendarmerie mobile (EGM) et les CRS dans leurs missions. Les 30 députés de la commission d’enquête, présidée par l’ancien chef du Raid Jean-Michel Fauvergue (LREM), ont mené une cinquantaine d’auditions de septembre à décembre 2020.

Interdiction du LBD dans le maintien de l’ordre “sauf en cas de grave danger ou d’émeute

La 14ème recommandation du rapport suggère d'”interdire le recours au lanceur de balles de défense (LBD) lors de mouvements de foules, sauf en cas de grave danger ou d’émeute”. L’utilisation du LBD, qui a blessé grièvement des dizaines de manifestants depuis deux ans, a relevé bien davantage d’unités de police non spécialisées dans le maintien de l’ordre, comme les brigades anti-criminalité (BAC).

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Les chiffres cités par le rapport parlementaire font par ailleurs apparaître une nette différence sur les enquêtes judiciaires ouvertes en 2019 par les inspections générales de la Police et de la Gendarmerie. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a effet ouvert 1.460 enquêtes, dont 389 en maintien de l’ordre, soit 27 %. A comparer aux 100 enquêtes judiciaires ouvertes par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), dont 12 concernant le maintien de l’ordre (12 %).

Le rapport (recommandation 5) préconise d’ailleurs de “privilégier le recours exclusif à des unités spécialisées” dans le maintien de l’ordre. Mais si les effectifs des EGM et de CRS sont insuffisants, de faire en sorte que ces unités spécialisées “soient les seules, en premier lieu, en contact direct avec les manifestants”.

Respecter les obligations de formation continue des forces mobiles

Mais il faut également “garantir le respect des obligations des unités spécialisées en matière de formation continue” (recommandation 10). Au plus fort des manifestations violentes des Gilets jaunes, jusqu’à 105 des EGM sur un total de 109, ont en effet été engagés. Et du coup, certains EGM ont vu annulée leur remise à niveau au Centre de Saint-Astier, pourtant obligatoire tous les deux ans.

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Le ministère de l’Intérieur compte actuellement 169 unités de forces mobiles: 109 EGM, soit 12.400 gendarmes mobiles, et 60 CRS, soit 8.200 policiers.

PMG

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