vendredi , 18 juin 2021

Illustration (MG/L'Essor).

Les gendarmes, des cibles de recrutement privilégiées pour les groupes radicaux d’ultra-droite

Gendarmes, militaires ou policiers, attention. Vous constituez, pour les groupes radicaux d’ultra-droite, une cible de recrutement de choix.

Cette tendance inquiétante est soulignée en quelques lignes dans un rapport du parquet général de la cour d’appel de Paris. Ce rapport, l’édition de mars du bulletin sur le terrorisme, a été dévoilé par Mediapart. Un document de 56 pages dont L’Essor a eu copie. Il analyse des affaires judiciaires en cours et des tendances de fonds repérées chez ces radicaux.

“Depuis quelques années, les groupuscules font des services de sécurité les cibles privilégiées de leur recrutement, soulignent ainsi les rédacteurs du rapport. Ils construisent leur discours à leur attention”. Et “veillent à valoriser chaque nouvelle recrue issue des rangs de la Police, de la Gendarmerie ou de l’armée.” Une opération séduction qui s’explique par le CV intéressant des professionnels de la sécurité pour ces groupes radicaux. Ces derniers sont recherchés “pour leurs savoir-faire en matière de maintien de l’ordre et d’opérations coups de poing”. Mais aussi pour “leurs réseaux et l’accès supposé aux armes que leur fonction implique”.

Un gendarme adjoint volontaire exclu

Ainsi, selon les rédacteurs du rapport, “sur 7 affaires actuellement en cours, 5 impliquent des militaires ou d’anciens militaires”. “Dans l’une d’entre elles, l’un des individus interpellés, gendarme adjoint volontaire, connaît des difficultés avec sa hiérarchie en raison de la confession musulmane du commandant de la brigade où il est affecté en détachement”, souligne, à titre d’exemple, le rapport. Un comportement évidemment inacceptable. Le gendarme adjoint volontaire aurait, selon le rapport, été depuis exclu.

Sans que l’on sache s’il s’agit de la même personne, le rapport fait également état d’un gendarme adjoint volontaire qui aurait fourni des armes à un groupuscule néonazi qui s’entraînait au tir en forêt. A ce sujet, les rédacteurs du rapport notent d’ailleurs un fait significatif. Contrairement aux affaires djihadistes récentes, “aucun des dossiers ultra-droite en cours d’instruction ne met en lumière d’éventuelles difficultés des acteurs à se procurer des armes”.

Une menace interne prise au sérieux

Le général Patrick Henry était revenu sur ce sujet dans une audition récente à l’Assemblée nationale. Le sous-directeur de l’anticipation opérationnelle rappelait aux députés que la Gendarmerie, comme les autres forces de sécurité intérieure, s’était penchée “très sérieusement sur les risques d’infiltration par les insiders à la suite de l’affaire Harpon”, du nom de l’auteur d’un périple meurtrier à la préfecture de police de Paris. A l’été dernier, l’Arme surveillait ainsi près de cinquante gendarmes d’active et de réserve pour leur radicalisation. Dans le détail, 29 des cas de radicalisation étaient en rapport avec une idéologie religieuse. Les 21 restants étant eux liés à une mouvance politique, en très grande majorité l’ultra-droite (18 cas).

Lire aussi: Radicalisation: la Gendarmerie surveille désormais cinquante de ses personnels

“Il en a résulté une série de précautions supplémentaires lors du recrutement dans un service, qu’il soit civil ou militaire, précisait Patrick Henry. La Gendarmerie est une institution militaire et les gendarmes vivent essentiellement en casernes, au sein desquelles une forme de contrôle social facilite l’appréhension des signaux faibles.” Et de préciser: “si quelqu’un se distingue par son adhésion à une idéologie extrémiste, nous tenterons de l’accrocher au pénal. C’est la méthode la plus pratique, et nous nous séparerons de lui sans état d’âme. Si cela n’est pas possible, nous nous attacherons à traiter la question par la voie disciplinaire ou statutaire.”

GT.

2 comments

  1. Mon mari a connu une époque (fin de guerre d’Algérie) où le chef d’origine algérienne prenait les gendarmes pour des esclaves. Il éxigeait même que le chauffeur descende de voiture pour lui ouvrir les portières. A cette époque, l’Essor n’en parlait pas mais nous informait des DROITS que nous pouvions avoir. Cela fait 67 ans que nous sommes abonnés à l’l’Essor et mon Père était abonné avant Nous

  2. Bonjour
    Je suis ancien gendarme 27 ans sous officier, 10 ans officier entré en gendarmerie comme gendarme auxiliaire j’ai terminé ma carrière chef d’escadron. Abonné à l’essor durant plus de 40 ans j’ai cessé mon abonnement en raison l’orientation du journal qui a pris le sens du vent et ne participe plus à la défense des gendarmes. De plus maintenant vous osez insulter les gendarmes qui seraient des cibles de choix pour le recrutement de l’ultra droite.
    Je crois pour ma part que vous passez de la gauche caviar à l’ultra gauche.

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