L'Essor

Les effets pervers des outils numériques analysés par un général de Gendarmerie

Paris, le 30 aout 2016, cérémonie d'adieu aux armes du Directeur général de la Gendarmerie, le général d'armée Denis Favier (M. GUYOT/ESSOR)

Les nouveaux outils numériques ont des effets pervers sur les administrations en remettant en cause le principe de subsidiarité et en accélérant les échanges. C’est l’analyse que propose le numéro deux des ressources humaines de la gendarmerie, le général William Vaquette, dans une tribune dans Le Monde.

Le principe de subsidiarité consiste à ce que l’échelon supérieur n’accomplisse pas le travail qui peut être fait par l’échelon inférieur. Mais avec l’irruption du numérique dans “le vieux modèle vertical de la bureaucratie à la française” ce principe hiérarchique de l’administration est remis en cause, écrit le général de brigade. Les nouvelles technologies permettent en effet des “échanges directs et rapides (…) entre les ‘grands chefs’ des directions centrales, et la base sur le terrain”.

Les outils numériques et l’effet “château de carte”

En conséquence, le micromanagement risque de se généraliser et d’empêcher l’échelon intermédiaire de jouer son rôle “d’amortisseur des décisions du haut vers le bas” et de “filtre des questions à traiter du bas vers le haut”.

Le risque en cas de crise majeure est de se retrouver avec une administration “château de cartes”, avertit le général Vaquette. “Incapable de s’appuyer (…) sur une hiérarchie intermédiaire ainsi atrophiée” elle serait alors , “susceptible de s’effondrer brutalement, ou de perdre le contrôle au profit de minorités agissantes en dehors des mécanismes démocratiques”.

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Le numérique a également permis une accélération de tous les échanges. Mais, ce faisant, il a eu pour effet de raccourcir “les boucles de décision et les délais de traitement sans distinguer l’urgence entre les dossiers administratifs et opérationnels. L’urgent est devenu la routine”.

Le général Vaquette plaide donc pour la mise en place de garde-fous, “notamment en revisitant la notion d’urgence”. “Il suffit peut-être tout simplement de mieux réguler la vitesse de traitement des instances et décourager le “micromanagement” par le numérique”, conclut-il.

MG

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