lundi 18 janvier 2021
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Képis de colonels et de généraux de la Gendarmerie, le 30 août 2016, lors de la cérémonie d'adieu aux armes du Directeur général de la Gendarmerie, le général d'armée Denis Favier (M. GUYOT/ESSOR)
Paris, le 30 aout 2016, cérémonie d'adieu aux armes du Directeur général de la Gendarmerie, le général d'armée Denis Favier (M. GUYOT/ESSOR)

Les effets pervers des outils numériques analysés par un général de Gendarmerie

Les nouveaux outils numériques ont des effets pervers sur les administrations en remettant en cause le principe de subsidiarité et en accélérant les échanges. C’est l’analyse que propose le numéro deux des ressources humaines de la gendarmerie, le général William Vaquette, dans une tribune dans Le Monde.

Le principe de subsidiarité consiste à ce que l’échelon supérieur n’accomplisse pas le travail qui peut être fait par l’échelon inférieur. Mais avec l’irruption du numérique dans “le vieux modèle vertical de la bureaucratie à la française” ce principe hiérarchique de l’administration est remis en cause, écrit le général de brigade. Les nouvelles technologies permettent en effet des “échanges directs et rapides (…) entre les ‘grands chefs’ des directions centrales, et la base sur le terrain”.

Les outils numériques et l’effet “château de carte”

En conséquence, le micromanagement risque de se généraliser et d’empêcher l’échelon intermédiaire de jouer son rôle “d’amortisseur des décisions du haut vers le bas” et de “filtre des questions à traiter du bas vers le haut”.

Le risque en cas de crise majeure est de se retrouver avec une administration “château de cartes”, avertit le général Vaquette. “Incapable de s’appuyer (…) sur une hiérarchie intermédiaire ainsi atrophiée” elle serait alors , “susceptible de s’effondrer brutalement, ou de perdre le contrôle au profit de minorités agissantes en dehors des mécanismes démocratiques”.

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Le numérique a également permis une accélération de tous les échanges. Mais, ce faisant, il a eu pour effet de raccourcir “les boucles de décision et les délais de traitement sans distinguer l’urgence entre les dossiers administratifs et opérationnels. L’urgent est devenu la routine”.

Le général Vaquette plaide donc pour la mise en place de garde-fous, “notamment en revisitant la notion d’urgence”. “Il suffit peut-être tout simplement de mieux réguler la vitesse de traitement des instances et décourager le “micromanagement” par le numérique”, conclut-il.

MG

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2 Commentaires

  1. LJ

    L’analyse du général Vaquette est remplie de bon sens, n’en déplaise à certains qui se targuent de traiter “en direct” avec le DG ou autres grands chefs. Cette façon de procéder est le résultat d’une faiblesse liée à une démagogie pour “être ou faire tendance”. Chaque échelon hiérarchique doit remplir son rôle. Fonction et grade sont des reconnaissances qui se méritent et qui ne sont pas que des euros de solde supplémentaires et des “codes-barres sur les galons. Beaucoup veulent être rapidement au grade supérieur sans le vernis professionnel et les qualités qui en découlent. Si le grade n’est que le reflet d’un indice de solde, on comprend davantage la problématique rencontrée par bons nombres d’échelons de commandement.
    En revanche, il faut traiter les “inaptes” à commander et les inaptes à encadrer comme il se doit.

    • Nestor

      Quel belle analyse.
      Des gradés “héréditaires” qui n’ont de grade qu’a cause de leur patronyme, il y en aura de plus en plus avec l’avènement du militaire politique.
      Douce de France, Cher pays de m…
      Etcaetera caetera.

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