mardi 11 août 2020
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Un des télépilotes de la gendarmerie a été présenté à Florence Parly et au général Lavigne, lors de leur visite à Salon-de-Provence, le 24 juillet. (Crédit photo Jean-Marc Tanguy).

Les drones décollent en gendarmerie de l’Air

Après les forces spéciales, et en même temps que les fusiliers commandos de l’Air, la gendarmerie de l’Air a mis l’accent sur les drones pour ses missions opérationnelles d’appui.

Ce commandement méconnu mobilise un peu moins d’un millier d’hommes et de femmes. Ils sont en effet 989, réservistes compris. Leur travail a longtemps été réduit à appliquer le Code de la route à proximité des bases aériennes et à procéder aux contrôles d’alcoolémie après les “chouilles” (fêtes traditionnelles dans l’argot d’aviateur). Mais cette image d’Epinal est maintenant totalement éculée. Une illustration en est l’exemple des drones. Certes, l’extension de la formation et de l’équipement à toutes les unités a été ralentie par le confinement et la Covid-19. Mais d’ici la fin de l’année, toutes les brigades placées au service de l’armée de l’Air sur chaque base aérienne seront dotées d’un système de microdrone. De quoi permettre d’assurer la mission de surveillance et de renseignement.

Lire aussi: La montée en puissance de la gendarmerie de l’Air qui fête ses 75 ans (vidéo et diaporama)

Formation au drone en gendarmerie de l’Air

La gendarmerie de l’Air a formé ses télépilotes au centre d’instruction et de formation des équipages de drones (Cifed) de Salon-de-Provence. Au programme? Les bases du vol et de l’orientation du capteur pour chercher le renseignement. Mais également la déconfliction. Les gendarmes de l’air opèrent en effet aux abords ou sur les plateformes elle-mêmes. Là où des aéronefs bien plus gros, et habités, peuvent décoller et atterrir. Il s’agit des appareils d’aviation générale (avions de tourisme) ou commerciale (certains terrains sont à exploitation mixte, civile et militaire).

Les gendarmes sont aussi régulièrement confrontés aux accidents aériens, qu’il s’agisse de l’armée de l’Air, de la Marine et de l’armée de Terre. Un minidrone permet ainsi d’apporter en réactivité aux opérations de recherche, mais aussi, une fois l’emplacement de crash identifié, de figer la scène. Le flux numérique peut en outre être très rapidement transféré aux autorités, notamment judiciaire, pour laquelle la gendarmerie de l’Air œuvrera. Le dernier dossier clôturé de ce type est le crash mortel d’un Mirage 2000 de Nancy, en janvier 2019. La gendarmerie de l’Air s’est vue confier de nouveaux dossiers depuis. Exemple au printemps, avec le crash d’un Cougar de l’armée de Terre (2 morts) près de Tarbes. Ou la mort d’un aviateur et d’un infirmier lors d’un entraînement au treuillage dans les Landes.

Intelligence artificielle

Pour sa mission de renseignement pur, la gendarmerie de l’Air va intensifier son recours à la technologie. L’une des pistes, c’est l’intelligence artificielle. Il faut souligner sur ce sujet que les passerelles technologiques sont intensifiées entre fusiliers-commandos de l’Air et gendarmes de l’Air. Une façon de renforcer leur efficacité mutuelle. Une information de détection d’activité suspecte transmise en temps réel, alimentée par le flux vidéo, permet ainsi aux gendarmes d’être à l’objectif bien plus tôt. C’est le cas aussi pour les mesures polaires mises en place dans le cadre de la police du ciel.

Le chantier est sur le bureau du nouveau patron des gendarmes de l’Air. L’actuel chef, Philippe Guichard, présent depuis quatre ans, quitte en effet cet été la formation spécialisée. Il va rejoindre l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN). Son successeur est le général de brigade Jean-François Valynseele, qui fait le chemin inverse en provenance de l’IGGN. L’officier général est issu de l’Ecole militaire interarmes (EMIA), avec un parcours marqué par la gendarmerie départementale.

Jean-Marc Tanguy

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