vendredi 19 avril 2019
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Le général d'armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie le 10 janvier à Paris (Ph:M.GUYOT/ESSOR)
Le général d'armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie le 10 janvier à Paris (Ph:M.GUYOT/ESSOR)

Les deux mises en gardes du directeur général à propos de la concertation

C’est un anniversaire qui a une saveur particulière pour les gendarmes. Et pour cause: l’Institution a fortement tangué dans les deux crises qui ont entraîné la mise en place de la concertation. Ce mardi 2 avril, un colloque organisé à la direction générale est revenu sur les trente ans de la création de ce dialogue.

Construite dans la douleur, cette forme de dialogue social s’est depuis imposé dans l’Institution. “La Gendarmerie marche sur deux jambes, la hiérarchie et la concertation“, salue ainsi le directeur général. Et Richard Lizurey, filant la métaphore du corps humain, d’estimer que si “le commandement est le squelette, la concertation est le muscle”. “Le commandement s’enrichit du dialogue et la concertation contribue à un commandement agile et éclairé“, poursuit-il.

ADN militaire

Les membres du Conseil de la fonction militaire Gendarmerie (CFMG) à l'Elysée en avril 2016. Crédit : MG/Essor.
Les membres du Conseil de la fonction militaire Gendarmerie (CFMG) à l’Elysée en avril 2016. Crédit : MG/Essor.

A l’origine tirés au sort, les membres du conseil supérieur de la Fonction militaire Gendarmerie (CFMG), mis en place en 1990 dans la foulée de la crise des lettres anonymes de 1989, sont désormais élus. En septembre 2016, 1.800 grands électeurs détenteurs d’un mandat de concertation local, régional ou national ont ainsi désigné 75 titulaires et 107 suppléants parmi 550 candidats. Une évolution qui s’est faite en parallèle d’une autre révolution avec la création des associations professionnelles nationales de militaires (APNM) en juillet 2015.

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Ces louanges sur la concertation ont cependant été tempérées par deux mises en garde du directeur général. D’une part, cette dernière ne doit surtout pas être confondue avec l’embryon d’un paritarisme syndical. “Ce n’est pas le partage de l’autorité, ce n’est pas une méthode de remontée des réclamations individuelles“, précise Richard Lizurey. “N’oublions pas notre ADN militaire, le socle de nos valeurs”, poursuit-il à l’adresse de ceux qui seraient tentés de chercher à banaliser l’Institution, cet “ovni administratif” désormais logé au ministère de l’Intérieur où dominent les personnels civils.

La seconde mise en garde du patron des gendarmes s’adresse aux chefs qui se risqueraient à croire que la concertation serait un simple choix local. “Ici ou là, il y a des bastions de réactionnaires: il faut continuer à convaincre les 5 % de blaireaux que la concertation est une obligation, pas une option“, insiste Richard Lizurey. Un mot fort, cinglant, qui marque la détermination du directeur général sur ce sujet.

“Rester à l’écoute”

Car l’enjeu est crucial pour l’Arme: il s’agit d’éviter une crise sociale comme en 1989 ou 2001. Deux événements qui ressurgissent des mémoires à chaque malaise dans la Gendarmerie, comme cet hiver avant l’annonce du coup de pouce social de l’Intérieur. “Notre objectif, c’est de rester à l’écoute pour éviter que de telles situations ne se reproduisent“, prévient Richard Lizurey à propos de 1989 et 2001. “Nous voulons que la concertation se pérennise et nous n’avons aucun doute là dessus”, poursuit-il.

Lire aussi sur L’Essor: Info L’Essor : Les gendarmes bénéficieront des mêmes avancées sociales que les policiers (actualisé)

Il y a trente ans, dans la torpeur de l’été 1989, de nombreuses lettres anonymes mettaient en cause les conditions de travail des militaires. Les auteurs dénonçaient les horaires de travail, les astreintes, les conditions de logement et le manque de considération. En décembre 2001, alors que les 35 heures sont mises en place dans la fonction publique, les gendarmes protestent cette fois-ci contre leurs conditions de travail, le manque de moyens et d’effectifs sur fond de sentiment de décrochage social. Des milliers de gendarmes en tenue manifestent de manière inédite avec leurs véhicules de service. Un accord sera âprement négocié à l’Ecole militaire par entre autres le désormais général d’armée (2S) Marc Watin-Augouard. L’inventeur du slogan “la Gendarmerie, une force humaine“.

Gabriel Thierry

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2 Commentaires

  1. BELLENGER

    Bien que retraite je tiens à dire que nous sommes avant tout des militaires au servioce de la population et
    astreints avant tout a assurer les missions qui sont confiées et commandées par nos chefs,, je n ai aucune sympathie pour les syndicats et la concertation est à poursuivre

  2. Niout

    Il faut reconnaître que la concertation était indispensable. Cette volonté s’est faite à l’époque contre l’opposition d’une hiérarchie militaire rétrograde. Nos hauts gradés et les officiers ont bien su retirer la couverture à eux, et ils en ont c’est évident, beaucoup plus tiré avantages que les sous officiers.
    La génération actuelle a évolué tant pour les “commandeurs” que pour les exécutants. Cependant on constate que l’humain passe encore trop souvent au second plan . Il semble bien que les méthodes managériales ont repris les archaïques plis militaires d’antan. On déplore encore beaucoup trop de suicides…! N’est ce pas là un signal fort d’un mal être..?? Est ce dû a la jeunesse d’un recrutement laxiste, au retour d’iniques règles militaires inadaptées à l’époque ou au manque de rigueur morale? Ne serait-ce pas tout bonnement les conséquences d’une nouvelle façon d’exiger d’imposer d’ordonner sans respect ni considération..? Le syndrome de feu France Télécom n’aurait-il pas gagné le Ministère de l’Intérieur..!!! L’art du dialogue et l’écoute ne sont pas choses aisées aux Maîtres….! Nos gouvernants le démontrent encore dans la crise que vous vivons chaque samedi et dont souffre tous nos camarades. La sébile est pleine et ce ne sont pas quelques minables primes qui calmeront les douleurs des âmes humiliées.

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