mardi 27 octobre 2020
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La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire dans le Cher (Photo/SD/L'Essor).

Les députés veulent plus de gendarmes pour protéger les réacteurs nucléaires

Quarante-trois auditions, de nombreuses réunions, et des visites sur le terrain. La commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires vient de rendre son rapport, ce jeudi 5 juillet. Un document de 276 pages qui concerne directement les gendarmes, en charge de la protection des centrales nucléaires d’EDF avec les pelotons spécialisés de protection de la Gendarmerie.

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Plus de gendarmes

Un gendarme de PSPG (Crédit photo: Gendarmerie nationale).
Un gendarme de PSPG (Crédit photo: Gendarmerie nationale).

Pour les députés de la commission d’enquête, les gendarmes ne sont pas assez nombreux pour protéger les sites nucléaires civils. Ils préconisent ainsi de “renforcer le nombre de gendarmes des PSPG de manière à compter au minimum quatre gendarmes présents sur site à tout instant par réacteur”.

Les 19 sites de production nucléaire en activité comportent en France de deux à six réacteurs. Pour un site tel que Gravelines, qui compte six réacteurs, la proposition des députés revient à mobiliser 24 gendarmes en permanence. La sécurité des centrales nucléaires représente aujourd’hui 1024 gendarmes répartis dans vingt pelotons, financés à hauteur de 88 millions d’euros par EDF. “Malgré ces chiffres assez élevés, l’expérience montre que les gendarmes réellement présents sont parfois en nombre très restreints à certaines heures de la journée ou de la nuit”, pointe la commission.

Plus de moyens financiers

Le général Pierre-Yves Cormier (Crédit photo: Cossen).
Le général Pierre-Yves Cormier (Crédit photo: Cossen).

Rattaché à la direction générale de la Gendarmerie, le nouveau rôle du Commandement spécial pour la sécurité nucléaire (Cossen), créé en 2016, est salué par les députés. La structure joue “un rôle fondamental dans le contrôle et le suivi des personnes accédant aux installations et activités nucléaires”.

Mais pour les élus du Palais-Bourbon, le compte n’y est pas en matière budgétaire. Il manquerait environ 600.000 euros pour boucler le budget de l’organisme, ce qui s’est traduit par moins d’embauches que prévues (64 contre 77 agents). Devant l’Assemblée nationale, chaque administration (Intérieur et ministère chargé l’énergie) s’est renvoyée la balle pour ce faux pas. Les députés ont eu une autre solution : pour eux, le Cossen n’a pas vocation a être financé par l’Etat. Ils proposent soit de financer l’organisme par les exploitants (EDF, Orano, CEA), soit de leur facturer les demandes d’enquêtes administratives.

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Des transports trop prévisibles

Essor Pirates de l'A 7
L’autoroute A7 ( photo Wikipédia https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Autoroute-A7-A9-2.jpg)

Les convois de matières radioactives, escortés par la Gendarmerie pour les plus sensibles, sont-ils trop prévisibles ? Oui, pour la commission d’enquête, qui appelle à “réduire la prévisibilité des transports en rendant plus aléatoires les dates et horaires de départ, les itinéraires lorsque c’est possible, ainsi que les stations-services et les espaces de restauration fréquentés”.

Visiblement peu convaincus par les réponses des autorités, les députés estiment qu’à terme deux options se poseront : soit la banalisation des transports “pour les rendre les plus invisibles possibles”, soit le renforcement de l’escorte policière.

Flouter les images satellites des sites nucléaires

L’existence d’images satellites des centrales ou sites nucléaires constituent-elle une faille de sécurité ? Oui, pour les députés et des exploitants comme Orano (ex Areva), qui avait demandé en vain à Google et aux fournisseurs de services équivalents le floutage d’images satellites.

Depuis, les relations entre l’industrie nucléaire française et les entreprises du numériques semblent s’être améliorées puisque désormais, selon la rapporteure, Barbara Pompili), “la plupart des centrales nucléaires étaient désormais floutées sur le site de Google Earth”. Deux précautions valant mieux qu’une, la commission appelle cependant à adopter une mesure législative contraignante en la matière.

Gabriel Thierry.

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