samedi 31 octobre 2020
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Illustration (SD/L'Essor).

Les conseils des gendarmes et de spécialistes de la sécurité pour réussir les concours de sous-officier 2020

Ces gendarmes et ce spécialiste de la sécurité ont quelques conseils à donner aux candidats aux concours de sous-officier 2020. Voici leurs suggestions aux aspirants gendarmes qui se préparent cet été aux épreuves de cet automne.

Les épreuves d’admissibilité

Philippe B. (Crédit photo: Matthieu Guyot).

Pour l’épreuve de composition, Philippe B., ancien sous-officier au GIGN, recommande aux candidats de bien se tenir informés de l’actualité dans le monde et des conflits en cours. “Je conseille d’acheter les almanachs annuels publiés par différents médias, comme Le Monde”, qui résument bien l’actualité. “Ce qui m’a aidé, se souvient-il également, c’est d’acheter des fascicules vendus sur internet qui préparent aux tests écrits.” 

Lire aussi: Concours de sous-officier de Gendarmerie de septembre 2020: les inscriptions sont ouvertes

Les candidats au concours interne doivent eux bien connaître l’univers de l’Arme. “Je suis référent concours interne dans mon groupement, et je vois encore trop de gendarmes adjoints volontaires et de réservistes ne pas réussir à écrire sur des sujets simples tel que l’organisation de la gendarmerie ou la légitime défense, regrette Gentil Gendy, un sous-officier de l’Arme qui décrit avec humour et finesse son quotidien sur Twitter. La culture générale est vitale puisqu’elle permet d’inclure des exemples dans les compositions.”

Un gendarme dans la cour des Invalides. Photo d’illustration (M.G/L’Essor).

Par exemple, si les candidats de la voie externe pouvaient plancher en octobre 2019 sur les rapports entre lien social et smartphone, ou la protection de l’environnement, les candidats par la voie interne étaient questionnés sur les missions de l’agent de police judiciaire adjoint dans l’enquête préliminaire ou la définition de l’intervention graduée.

Soigner l’orthographe 

Les connaissances doivent par ailleurs être doublées de qualités rédactionnelles. “Il faut que le candidat soit capable d’écrire une composition scolaire, c’est-à-dire faire une introduction, un développement et une conclusion”, prévient Gentil Gendy. Si le thème de la rédaction n’a pas vraiment d’importance, l’Arme cherche à vérifier “si le candidat sait écrire, sait réfléchir et peut écrire facilement un certain nombre de lignes”, ajoute ce sous-officier. 

Pensez notamment à soigner l’orthographe, car rappelle ce dernier, “il est très désagréable de lire une composition truffée de fautes”. De même, les candidats doivent penser à soigner leur écriture. Et surtout, d’être sûr de ce qu’ils écrivent. “Quand les dates ou les chiffres évoqués par un candidat sont erronés, la composition perd tout son intérêt, poursuit-il. Je le répète souvent mais si vous n’avez pas l’information, abstenez-vous.”

Épreuves d’admission

Une fois passé la composition générale ou l’épreuve de connaissances professionnelles, les candidats aux concours de sous-officier 2020 vont se frotter aux épreuves d’admission. Pour l’épreuve sportive, Philippe B. recommande de s’entraîner au poids du corps, une musculation qui exploite le poids du corps pour solliciter les muscles. Cela peut prendre la forme de pompes, tractions, du grimper de corps ou du soulever de terre. “Il n’y a pas 36 solutions, il faut arriver avec une bonne condition physique, abonde Gentil Gendy. Le test physique n’est pas insurmontable mais il faut être entraîné et prêt. Course à pied et renforcement musculaire sont les maîtres mots.” Un retraité de la Gendarmerie, ancien gradé, que nous avons sollicité suggère quant à lui de bien “doser son effort” pour l’épreuve physique “pour arriver au bout”

“Je conseille de se préparer en amont, si le candidat n’est pas un sportif régulier, et de regarder précisément le contenu des ateliers de l’épreuve”, signale François Lavedan, l’un des auteurs du manuel des éditions Vuibert, “Concours sous-officier de Gendarmerie”. “Il faut s’entraîner sur la condition physique générale, ajoute ce cadre du ministère de l’Intérieur. C’est de l’endurance, des exercices de force physique, de course ou de poids du corps.”

L’équipement en smartphones Néogend, ici utilisé lors d’une patrouille par un gendarme de Quetigny, est l’un des projets phares de l’Institution dans le numérique (crédit photo: GT/ L’Essor).

Quant au nouveau questionnaire à choix multiples de culture numérique, il devrait porter sur “l’utilisation de l’informatique, le numérique, et sur les pratiques de bon sens en matière de réseaux sociaux et de sécurité informatique”, rapporte François Lavedan. Enfin, pour l’entretien psychologique, le retraité interrogé recommande d’être sincère.

Lire aussi: Le concours des sous-officiers s’enrichit d’une nouvelle épreuve numérique, une manière pour la Gendarmerie de repérer les candidats geeks

L’entretien avec le jury

Mais l’épreuve la plus cruciale est l’entretien avec le jury. “Le gros de la sélection s’effectue à ce niveau, indique François Lavedan. Mon conseil, c’est de se renseigner précisément sur le métier et les missions de sous-officier. C’est cela qui donnera au candidat le plus de plus-value. Nous voyons trop de candidats qui ne connaissent pas l’organisation interne, les différentes missions ou encore les obligations professionnelles et déontologiques.”

“Si le candidat est stressé avant l’épreuve écrite ou l’entretien, se relaxer, conseille le retraité que nous avons interrogé. La pratique pendant cinq minutes d’une respiration profonde peut-être bénéfique.” Pour Philippe B., il “faut bien préparer son entretien, en mettant en avant sa vocation et les raisons du choix de ce métier. Cela doit venir des tripes, sans tomber non plus dans l’exagération.”

De même, ne dites pas que vous voulez vous engager car vous aimez les armes, prévient Gentil Gendy: l’Arme “ne recrute pas des chasseurs”. “Il est primordial de se préparer et de se chronométrer, poursuit-il. Il ne faut pas que l’examinateur ait trop de temps pour poser des questions.” Le candidat doit ainsi montrer qu’il est “à l’aise en public”. “Il doit donc développer ses réponses et ne pas se contenter d’un oui ou d’un non”, conclut ce sous-officier. 

Préparation en amont

Pour réussir le concours, mieux vaut enfin ne pas être seul. Soit, comme le suggère le retraité de l’Arme interrogé, en se procurant un livre de préparation. Un investissement modique, d’une vingtaine d’euros environ, qui peut se révéler judicieux. Il existe également des écoles préparatoires privées. “C’est peut-être un peu cher, mais quand on aime, on ne compte pas”, remarque malicieusement le retraité. Philippe B. est lui même “parrain” d’une de ces écoles, le Centre européen de formation.

“Je ne suis pas très fan, remarque de son côté Gentil Gendy. Un bon bouquin de préparation et du sérieux: c’est aussi efficace. Peut-être que certains candidats ont besoin de cela. Mais c’est un mauvais entraînement. Une fois à l’école, ou pour préparer le certificat d’aptitude technique, le diplôme d’arme ou l’examen d’officier de police judiciaire, le candidat est seul. Il doit donc apprendre en autonomie.”

Lire aussi: Qui sont les 2545 lauréats du concours sous-officier d’octobre 2019?

Gendarme adjoint volontaire lors d'une cérémonie aux Invalides à Paris. Les GAV sont agents de police judiciaire adjoints (APJA) - (Ph: M.GUYOT/ESSOR)
Gendarme adjoint volontaire lors d’une cérémonie aux Invalides à Paris (Photo: M.Guyot/L’Essor)

Quelque soit l’option choisie, les candidats aux concours de sous-officier 2020 doivent avoir en tête leur plan de préparation. “La très grosse majorité des candidats admis ont pris le temps, au minimum un semestre –soit en pratique dès leur inscription– pour se préparer, relève François Lavedan. Ils ont eu recours à des manuels de préparation, et bien souvent, leur projet professionnel est mûr et est antérieur de plusieurs années.”

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