dimanche 27 septembre 2020
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La plateforme de signalement Pharos (Capture d'écran).

Les bons conseils d’un officier pour signaler des comptes suspects sur Twitter

Les explications d’un officier de Gendarmerie sur la procédure à suivre pour signaler un compte suspecté de pédopornographie ont été massivement relayées sur Twitter.

“Compte pédopornographique. RT [retweeter] et FAV [liker] en masse svp. Signalez le compte. La personne publie des photos horribles avec des enfants.” Depuis quelques jours, le réseau social Twitter s’indigne de la présence, dans ses rangs, d’utilisateurs soupçonnés de partager des contenus pédopornographiques. Un phénomène pas nouveau. Exemple avec ces vieux tweets, publiés, en août 2012. “Ce genre de…, qui twitpic des photos pédopornographiques, j’ai envie de le tuer”, s’indignait ainsi un internaute il y a huit ans.

Autant de messages qui ont poussé un officier de Gendarmerie à intervenir, ce dimanche 19 juillet. Son fil d’explication a été très fortement relayé. Près de 2.700 internautes ont relayé son tweet, qui a été aimé par plus de 2.500 utilisateurs, ce mardi matin. Que dit Matthieu Audibert, sur son compte personnel? L’officier, affecté au pôle national de la lutte contre les cyber menaces de la Gendarmerie, est un spécialiste de la cybercriminalité. “Je vois beaucoup de gens qui appellent à suspendre des comptes, note-t-il. Très bien mais suspendre le compte ne permet de retrouver le ou les individus suspectés de se livrer à ce genre de pratiques.”

Lire aussi: ENTRETIEN – Pharos confrontée à l’explosion des signalements sur Internet

Comment faire pour signaler un compte aux autorités?

Et l’officier de décrire les bonnes pratiques. Si un internaute soupçonne un utilisateur de Twitter de partager des contenus pédopornographiques, il doit tout d’abord récupérer l’identifiant Twitter. C’est le numéro d’enregistrement du compte. En allant sur votre moteur de recherche préféré, tapez “Twitter ID” pour se rendre sur un site permettant de retrouver ce numéro, public. L’internaute peut ensuite signaler le compte  sur la plateforme de signalement Pharos. L’an passé, la plateforme Pharos, composée de gendarmes et de policiers, a recueilli près de 229.000 signalements. Un chiffre qui a bien augmenté en dix ans. En 2009, les internautes avaient transmis plus de 52.000 signalements à la plateforme.

Pourquoi est-ce important de faire ainsi? La suspension d’un compte par Twitter –de nombreux internautes appellent à signaler les comptes problématiques au réseau social– risque d’être contreproductive. “Il est très facile de recréer un compte dans la foulée, explique Matthieu Audibert. Il faut donc faire des signalements pour permettre aux enquêteurs d’identifier les personnes derrière ces comptes et de démanteler les filières.”

“Enquêter sur les filières de pédocriminalité sur internet est complexe, potentiellement dangereux et obéit à un cadre juridique strict, rappelle enfin l’officier de Gendarmerie. Il faut donc laisser les enquêteurs spécialement formés à cet effet agir et il est préférable de ne pas se substituer à leur action.” Si le gendarme appelle à la prudence les éventuels justiciers du web, les internautes peuvent dans certains cas apporter une sérieuse contribution. En témoigne la démarche de l’agence européenne Europol. Après avoir censuré des images pédopornographiques, elle avait lancé un appel au public pour retracer leur provenance. Ce qui avait permis, indiquait le site Bellingcat en septembre dernier, l’identification de huit victimes.

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