dimanche 27 septembre 2020
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Le ministre de l'Intérieur lors de sa conférence de presse à propos des violences policières et du racisme au sein des forces de l'ordre. (Capture d'écran)
Le ministre de l'Intérieur lors de sa conférence de presse à propos des violences policières et du racisme au sein des forces de l'ordre. (Capture d'écran)

Les annonces du ministre de l’Intérieur face aux accusations de racisme et de violences policières

Alors que de nombreuses manifestations et protestations se déroulent en France depuis près de deux semaines, en écho à la mort de George Floyd fin mai aux États-Unis, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a tenu une conférence de presse ce lundi 8 juin 2020. L’ordre du jour s’intéressait aux violences policières et au racisme au sein des forces de l’ordre. Le ministre a fait à cette occasion plusieurs annonces dont voici le détail.

Abandon de la clé d’étranglement

Très controversée ces dernières années, la méthode dite de l’étranglement sera abandonnée. Cette méthode de “prise par le cou (…) comportait des dangers. Elle ne sera plus enseignée dans les écoles de Police et de Gendarmerie.” Globalement, les pratiques dangereuses utilisées lors de l’interpellation des individus vont être interdites. C’est par exemple le cas des techniques de maintien au sol associant des appuis sur la nuque ou le cou. Des techniques d’ailleurs déjà majoritairement proscrites en Gendarmerie. Seules des actions de pression dorsale, au niveau des omoplates, ou des membres (bras et jambes) sont toujours enseignées. Elles permettent de maintenir un individu au sol dans le but de l’immobiliser, mais aussi de lui passer les menottes ou encore de réaliser une palpation de sécurité.

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Cette annonce intervient alors que la famille de Cédric Chouviat, livreur mort à Paris suite à son interpellation par des policiers, a une nouvelle fois demandé ce lundi, l’interdiction de la technique dite du “plaquage ventral”. Technique qu’elle estime responsable de sa mort. Par ailleurs, Christophe Castaner a annoncé que les policiers et les gendarmes devront dorénavant “obligatoirement suivre une formation annuelle” sur les techniques d’interpellation. Sans quoi ils ne pourront plus intervenir sur la voie publique.

Pas d’amalgame pour le ministre

Comme un clin d’oeil à l’adresse du directeur général de la Gendarmerie, il y a quelques jours, le ministre a tenu à marquer son opposition à l’amalgame fait entre l’emploi légitime de la force et les violences policières. “Je refuse l’amalgame. Bien sûr, policiers et gendarmes doivent parfois recourir à la force. Faire cesser des dégradations et des jets de projectiles, ce n’est pas une violence. Poursuivre ou interpeller l’auteur d’un crime ou d’un délit, ce n’est pas une violence. S’interposer dans une bagarre ou répondre à des tirs, ce n’est pas une violence.”

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Pour appuyer cette réforme des techniques d’interpellation et de contrôle, le ministre a également annoncé le renforcement de l’usage des caméras-piéton pour les forces de l’ordre. Des dispositifs qui, selon lui, permettrait de les protéger davantage. L’utilisation pourrait devenir systématique, notamment en cas de contrôle d’identité. Un énième rappel sur l’obligation du port de numéro d’identification par les forces de l’ordre va aussi être fait. Il devrait intervenir dans les jours à venir avec des instructions ministérielles envoyées aux services. Ce numéro à sept chiffres permet d’identifier chaque policier et chaque gendarme grâce à un référentiel des identités et de l’organisation (RIO). “Des contrôles seront menés” a-t-il précisé.

Tolérance zéro face au racisme

S’il affirme que l’on trouve “dans la police républicaine plus que dans de nombreuses administrations, toutes les origines, tous les parcours, toutes les opinions, toutes les fois”, l’occupant de la Place Beauvau a reconnu qu’il pouvait exister du racisme, de l’antisémitisme ou encore de l’homophobie au sein des forces de polices. “Ces maux là ne sont pas une opinion. Ils sont un délit.”

“Le racisme n’a pas sa place dans notre société, et encore moins dans notre police républicaine, a rappelé le ministre. “Quand on porte l’uniforme bleu de la loi, on ne se situe jamais au-dessus d’elle. On se doit, au contraire, plus encore, d’être exemplaire. Alors, je veux une tolérance zéro contre le racisme chez les forces de l’ordre.”

Face à des cas avérés d’actes ou de propos racistes ou antisémites, le ministre a ainsi indiqué avoir donné pour instruction aux directions de la Police et de la Gendarmerie d’envisager systématiquement la prise de mesures de suspension. Et ce, sans attendre les résultats des enquêtes internes ou judiciaires. Des actions de formations contre le racisme vont être mises en place. Elles auront lieu dès le cursus initial en écoles, puis avec la formation continue tout au long de la carrière.

Refonte “en profondeur” des services d’inspection

Pour garantir l’application des différentes mesures de contrôle et cas échéant de sanctions, le ministre a enfin, évoqué la refonte “en profondeur” des services d’inspections générales de la Police (IGPN) et de la Gendarmerie (IGGN). “Cette réforme devra permettre plus de cohérence et plus de collégialité entre les inspections et surtout plus d’indépendance dans leur action vis-à-vis des services”. Aussi, l’Inspection générale de l’administration (IGA) –qui supervise les services d’inspection du ministère de l’Intérieur– pourra, grâce à cette réforme, piloter les enquêtes les plus sensibles et complexes. Cette dernière devrait également être plus représentative de la population française.

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Une série d’annonces que le ministre a par ailleurs conclu en estimant qu’il n’y avait “pas beaucoup de profession comme celle de policier et de gendarme qui soit autant contrôlées, autant sanctionnées”.

LP

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