mercredi 3 juin 2020
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Les 120 élèves de la 18e promotion de l’école de Dijon reçoivent leurs galons de gendarme

Ils sont désormais sur le front du coronavirus. Il y a deux semaines, la 18e promotion de l‘école de Gendarmerie de Dijon a reçu ses galons de gendarme. La cérémonie a eu lieu le jeudi 5 mars, sous des trombes d’eau, avant les mesures de confinement.

Les 120 élèves, dont 25 femmes, ont rejoint leurs affectations. Soixante-dix d’entre eux serviront en gendarmerie départementale. Quarante-trois partiront vers la mobile. Enfin sept rejoignent la Garde républicaine. Particularité de cette promotion? Outre les attendus anciens auxiliaires volontaires, anciens militaires et réservistes, elle est forte de dix élèves aux compétences spéciales. On retrouve ainsi parmi les élèves deux pilotes d’hélicoptères, un mécanicien d’hélicoptère et un linguiste.

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La 18e promotion choisit Camille Colin comme parrain

La 18e promotion a choisi le gendarme résistant Camille Colin comme parrain. Né en 1905, il s’engage dans la Gendarmerie en 1928. Il sert d’abord comme élève-garde à cheval dans la Garde républicaine mobile. Capturé puis libéré, l’Arme nomme le gendarme patron de la brigade de Couches-les-Mines en Saône-et-Loire. Il s’oriente naturellement vers la Résistance. Le gendarme viendra ainsi en aide aux réfractaires du service du travail obligatoire. Il falsifie également des papiers d’identité et des laissez-passer.

La Gestapo arrête finalement le gendarme le 24 mai 1944. Quelques jours seulement avant la libération de Paris, les Nazis déportent le gendarme au camp de Buchenwald via le dernier convoi ferroviaire en partance de Compiègne. Camille Colin y reste jusqu’au 14 septembre 1944 avant d’être envoyé avec des centaines d’autres dans un camp de travail, à Neu-Stassfurt, une ancienne mine de sel. Le 11 avril 1945, les SS décident d’évacuer le camp et les déportés en direction de la frontière tchèque. C’est le début de la “Todesmarch”, une marche de la mort éreintante de près de 400km. Le 27 avril, le convoi s’arrête. Camille Colin et plusieurs de ses camarades sont cantonnés dans une grange dans le petit village de Dittersbach.

Dix-sept dans la Gendarmerie

Le 6 mai 1945, après avoir chuté dans un escalier, soufrant d’épuisement grave et de misère physiologique, le maréchal des logis-chef Colin succombe après plusieurs heures dans un état comateux. Il est enterré par ses camarades dans une fosse commune dans le cimetière du village. Le gendarme totalise près de 20 ans passés sous les drapeaux, dont 17 ans au sein de la Gendarmerie. Il a été décoré à titre posthume de la Croix de guerre 39-45 avec étoile d’argent, de la médaille militaire et de la médaille de la résistance.

Jean-François Cortot.

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