samedi 14 décembre 2019
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Illustration (MG/L'Essor).

L’épuisement des policiers, un constat partagé par des gendarmes

Le mot d’ordre de trois organisations syndicales, Alliance, Unité-SGP-FO et l’Unsa-Police, qui ont appelé à fermer les commissariats ce mercredi 19 décembre, ne laisse pas indifférent les gendarmes. Les militaires n’ont ni fermé l’accueil de leurs brigades ni entamé une grève du zèle. Mais ils partagent visiblement le constat d’un épuisement des forces de sécurité, un mois après le début de la crise des Gilets jaunes.

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“Nous sommes essorés”, témoigne ainsi auprès de L’Essor un gendarme de l’ouest de la France. “Nous partageons leur constat : nous aussi nous sommes fatigués”, renchérit un officier en poste dans le sud de la France.

Des inquiétudes similaires

Que ce soit dans la Police ou dans la Gendarmerie, les inquiétudes sont les mêmes en matière de manque de moyens ou de considération. Si les militaires ne sont pas concernés par la question du paiement des heures supplémentaires, ils ont toutefois des heures à récupérer eux aussi.

“Sur une opération judiciaire, nous pouvons faire 48 heures de travail en trois jours, et nous ne récupérons pas tout, explique ainsi ce gendarme de l’ouest de la France. Si je prends toutes les heures, cela sera au détriment de mes collègues de terrain. Mais mon truc, c’est de faire mon taf, je ne regarde pas mes horaires.”

L’Intérieur, menacé par la grogne des “Gyro bleus” – le nouveau nom, sur le modèle des Gilets jaunes, des forces de l’ordre en colère-, commence à lâcher du lest. Après une prime de 300 euros pour les policiers et les gendarmes engagés dans les opérations de maintien de l’ordre de cet automne, l’Intérieur négocie avec les organisations syndicales policières le paiement des heures supplémentaires.

“Les militaires s’interrogent : quid des gendarmes, rapporte l’officier de Gendarmerie contacté par L’Essor. Nous n’apparaissons pas et nous sommes en dehors des radars.” Ce dernier estime qu’une prise de parole de la direction générale ou des instances de concertation de la Gendarmerie serait ainsi bienvenue.

Au risque que les gendarmes, pour le moment au garde-à-vous, ne fassent entendre plus bruyamment leurs revendications? “Sur le fond, nous sommes d’accord avec les revendications policières, tempère l’association professionnelle Gendarmes et citoyens. Mais ce mode d’action, ce n’est pas notre culture.” Une éventuelle fermeture des brigades territoriales reste donc pour le moment du domaine de la fiction.

Gabriel Thierry.

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