jeudi 12 décembre 2019
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Leimbacher obsèques 1
Les honneurs militaires ont été rendus au général Leimbacher (Photo D.C/L'Essor)

L’émouvant adieu des gendarmes du ciel à leur ancien chef, Daniel Leimbacher

Pour son ultime vol, le général (2S) Daniel Leimbacher, décédé brutalement dimanche dernier des suites d’un accident cardiaque, a reçu ce vendredi à Fréjus (Var) un hommage à la hauteur de son incomparable aura. Présidés par le général d’armée Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie, les honneurs militaires lui ont été rendus. (1)

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Un défilé aérien surprise et très applaudi de la place de la basilique Saint-Léonce par trois “hélicos bleus” a clôturé la cérémonie militaire. (2) Puis, porté par huit membres des forces aériennes,  tous proches du défunt, le cercueil recouvert du drapeau tricolore a été longuement applaudi et salué.

Daniel Leimbacher était une figure emblématique de la Gendarmerie

Dans une basilique bondée, c’est le directeur général, qui a pris la parole en premier. Rendant “hommage à un mari, à un père, à un frère, enlevé trop vite à l’affection des siens “, le général Lizurey a longuement salué “l’une des figures emblématiques de la Gendarmerie qu’il a non seulement servie mais qu’il a contribué à construire et à rendre plus forte”.

Puis, il a parlé du “chef respecté qui aimait ses gendarmes et qui avait toujours le souci de l’autre, jusqu’au plus humble de ses subordonnés”.

Le directeur général a évoqué “un pilote d’exception, un pédagogue hors pair, un expert unanimement reconnu dans le monde aéronautique, mais aussi un homme unique, un ami”.

Richard Lizurey ,ému, s’est ensuite adressé directement à celui que ses camarades et amis appelaient “Babache“: “L’amitié était sacrée pour toi, et partout où tu passais, ta présence rayonnante était pour chacun de ceux qui te croisait une joie et un moment privilégié“.

D’aspirant dans l’infanterie dans le Jura à chef des “hélicos bleus”

Retraçant l”incroyable carrière” débutée dans son Jura natal comme officier de réserve au 60ème RI de Lons-le-Saunier (Jura)le directeur général a mis en exergue le bilan du général Leimbacher.

En 12 ans à la tête des gendarmes du ciel, tu accomplis une oeuvre considérable, opérationnelle comme structurelle : la transformation des forces aériennes et le développement de la coopération internationale“.

Tu mènes avec  brio les discussions complexes et les négociations avec la direction générale de l’armement et les industriels pour faire entrer ton unité de plain-pied dans le XXIème siècle” a poursuivi le patron des gendarmes. “Plus que tout” Daniel Leimbacher “érigeait en priorité absolue la sécurité des vols” a encore dit le directeur général.

“Soldat de la loi dans l’âme, pilote dans le coeur, tu étais qualifié sur une vingtaine d’aéronefs et comptabilisais près de 7000 heures de vol, aux cours desquelles tu as pris part au secours de de plus de 1250 personnes.. 1250 personnes qui te doivent la vie.

Tu étais l’amour du drapeau, la foi dans ton métier et ton Arme, la conviction, la discipline;

Enfin avant de lui dire “adieu Daniel, adieu “Babache“, adieu mon ami,” Richard Lizurey s’est fait plus personnel: “tu étais la jovialité, la finesse, la joie de vivre, l’attention aux autres; tu étais l’amour du drapeau, la foi dans ton métier et ton Arme, la conviction, la discipline; c’est grâce à toi que les forces aériennes ont à présent leur étendard décoré de la médaille de l’aéronautique, une fierté pour le soldat que tu étais; tu étais un chef obéi d’amitié, un pilote hors pair, un moniteur qui aura formé des générations de pilote, un ancien impliqué dans la vie de ta promo, dans la vie de tes unités”.

Puis, ce sont ses deux frères, Alain et Bernard,  puis ses belles-soeur, et enfin ses trois fils, Jérôme, Frédéric et Jonathan qui ont évoqué avec des mots choisis le frère, beau-frère et le père qu’il était. La famille s’était habillée en blanc pour cet adieu qui s’est achevé par l’inhumation dans l’intimité familiale.

Didier Chalumeau

(1) En présence du général de corps d’armée Hervé Renaud, adjoint au major général, du général de corps d’armée Marc Lévêque, commandant de la région PACA et la zone de sécurité sud;  du général de division Philippe Debarge, adjoint au commandant de la Gendarmerie d’outre-mer; du colonel Alexandre Malo, commandant du groupement du Var; et de très nombreux généraux en deuxième section de la Gendarmerie mais aussi de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) très représentée.

Les gendarmes du ciel, en combinaison de vol, étaient évidemment très nombreux autour du colonel Emmanuel Sillon,  leur chef, entouré de ses deux adjoints, les colonels Laurent le Goff et Jean-Paul Bloy. Presque toutes les unités des FAG étaient représentées dont celle de Rennes que Daniel Leimbacher avait commandé au début de sa carrière.

De nombreux présidents d’associations à commencer par les “ailes de la Gendarmerie“, mais aussi les “amis de la Gendarmerie” dont il était membre,  étaient présents pour dire au revoir à celui qui était aussi un fils de gendarme, le major Raymond Leimbacher.

Le monde de l’aéronautique était également présent car Daniel Leimbacher auquel l’union française de l’hélicoptère (UFH) rend hommage sur son site était reconnu. Il avait reçu la pâle d’or de l’UFH l’an dernier.

L’ordre du jour du colonel Emmanuel Sillon, commandant des forces aériennes

Cet ordre du jour a été lu dans l’ensemble des unités des forces aériennes de la Gendarmerie et suivi d’une minute de silence à 16:30 au moment des obsèques.

Aujourd’hui nous sommes rassemblés pour rendre hommage au Général de division Daniel Leimbacher commandant les forces aériennes de la Gendarmerie durant 12 années au cours desquelles il aura imprimé sa marque. Une empreinte façonnée à la mesure de l’homme, de l’officier et de l’aéronaute qu’il était. Nous retiendrons de l’homme ses valeurs humanistes forgées dans son histoire familiale et personnelle qui constituait pour lui le socle fondateur de sa vie. Animé par un dynamisme exceptionnel et une rage de vivre qui impressionnait autant qu’elle déstabilisait, le Général de division Daniel Leimbacher bousculait les normes traditionnelles ou les convenances. Il incarnait le souffle de l’amitié et de la fidélité. Charismatique, il savait s’abaisser au service des autres, témoignant d’une humilité sincère qui touche celui qui la reçoit, et transforme la relation qui devient alors unique.

Amoureux du don de soi, il se nourrissait dans l’action sans compter, fort d’une conviction chevillée au corps en ces valeurs cardinales de l’homme : le courage, l’honnêteté, la sincérité et la justice. Il était rayonnant de gaieté dans les instants de bonheur, et de gravité dans les épreuves. Il était un ami, un frère, une figure paternelle pour chacun. Il était un exemple à suivre, un point de référence qui séduisait et entraînait. Cette personnalité rare, il l’a mise au service de la France dans son engagement premier au sein de l’armée de Terre puis en Gendarmerie. Il s’est inscrit dans cette longue tradition de l’officier français marquée par un engagement total, quasi charnel, de défense des valeurs de la République et de la Nation. Servant tout d’abord au 60ème régiment d’Infanterie à Lons-le-Saunier comme officier de réserve, il rejoint l’école militaire interarmes de Coëtquidan 1978-1980, promotion “Lieutenant-colonel Félix Broche”. A sa sortie, il choisit de servir dans l’infanterie et à l’issue de son école d’application, il est affecté au 1er régiment d’infanterie de Sarrebourg durant 4 années avant de rejoindre l’aviation légère de l’armée de Terre au 3ème régiment d’hélicoptères de combat à Étain. Dans cette affectation, il forge ses premières expériences aéronautiques, terreau d’expression de ses qualités humaines et techniques qui prendront toute leur dimension en Gendarmerie dès 1988 au sein des unités aériennes de Rennes, Fort-de-France puis en tant que moniteur-pilote à la tête du groupement instruction, centre de formation des équipages des Forces Aériennes avant enfin de prendre le commandement du groupement central des formations aériennes puis du commandement des forces aériennes de la Gendarmerie en 2012. Il servira également comme commandant la compagnie de gendarmerie départementale de Fréjus de 1996 à 1998 et dans les fonctions de commandant en second le bureau enquêtes accidents défense de 2006 à 2009, élargissant ainsi le spectre de ses compétences et tissant une reconnaissance professionnelle aéronautique interministérielle. Dans l’exercice de ces fonctions de commandement, il s’est fait le héraut des préceptes du Prince de Ligne sur l’exercice du métier des armes. Il a ainsi aimé avec passion, et dévoré sans mesure, ces années au service de la France et au service de nos concitoyens. Il était effectivement persuadé qu’il convenait de faire trois fois plus que son devoir pour le faire passablement. Il le fit avec ardeur et brio. Officier de l’ordre de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, il était médaillé de la Gendarmerie et de l’aéronautique. L’ardeur et le brio font écho à la rigueur et à l’excellence au plan aéronautique qui le caractérisaient. Ne cédant ainsi jamais à la facilité, il développa une expertise aéronautique unanimement reconnue. Artisan déterminé de la transformation et de reconnaissance des forces aériennes de la Gendarmerie au début des années 2000, il demeura une source d’inspiration particulièrement féconde visant à toujours porter plus haut les moyens aériens comme vecteur de performance de l’action territoriale de la Gendarmerie. Il nous a ainsi légué un modèle en héritage, vivant et en transformation constante, pour assumer aujourd’hui et demain dans le respect fondamental de la sécurité aérienne, l’ensemble de nos missions avec détermination, pragmatisme et ambition.

Homme engagé, pétri de valeurs de bien, officier déterminé et expert, Le général de division Daniel Leimbacher a réalisé la synthèse de sa vie, épanouie et pleine, conjuguant l’amour de son métier et l’amour ineffable des siens qui peuvent compter sur notre soutien indéfectible. Il fut un modèle. Sa mémoire nous pousse à l’excellence dans l’action.

(2) Commandé par le lieutenant-colonel Jean-Marie Demain, commandant du groupement des FAG de Hyères (Var).

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