jeudi 28 mai 2020
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Des gendarmes mobiles, le samedi 20 avril 2019 (Crédit photo:GT/L'Essor).
Des gendarmes mobiles, le samedi 20 avril 2019 (Crédit photo:GT/L'Essor).

Légalité des ordres, manifestation féministe: le maintien de l’ordre à Paris toujours sous haute surveillance

Le week-end parisien a encore été agité question maintien de l’ordre. Après la publication d’un article sur Mediapart mettant en cause la légalité des ordres du préfet de police, c’est l’encadrement d’une manifestation féministe qui a été critiqué.

Ce samedi, le site d’informations en ligne s’interroge sur la légalité des ordres du préfet Didier Lallement. L’article rapporte les doutes d’officiers de Gendarmerie et de CRS après la gestion de manifestations dans la capitale. Le quotidien a eu accès à des notes de septembre 2019. Des responsables de la Gendarmerie s’y inquiètent de pratiques “légalement douteuses et aux conséquences politiques potentiellement néfastes”. “A plusieurs reprises, la préfecture de police a ordonné des manœuvres d’encagement consistant à fixer l’adversaire. Ceci contrevient aux dispositions légales et réglementaires.”

Le site d’investigation signale également le compte-rendu d’un capitaine en charge d’un escadron de gendarmerie mobile. Pour éviter que des personnes ne tombent dans la Seine, l’officier préfèrera en octobre 2019 escorter les manifestants au métro le plus proche plutôt que de continuer à leur barrer l’accès. Une prudence qui s’explique, signale à L’Essor un spécialiste du maintien de l’ordre. En cause, le “contexte de judiciarisation systématique et de sur-médiatisation”. “Les commandants d’unité et d’éléments craignent d’être mis en cause en cas de problème résultant d’un ordre incohérent, voire illégal”, ajoute ce spécialiste.

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Le maintien de l’ordre, un sujet chaud

Après plus d’un an de manifestations de Gilets jaunes, les défilés du 1er Mai et la contestation de la réforme des retraites, le maintien de l’ordre à Paris est plus que jamais une matière explosive. En témoigne la polémique qui a suivi l’encadrement d’une manifestation féministe, ce samedi soir. Gendarmes mobiles et policiers ont été pointés du doigt. Ils ont dispersé cette marche nocturne réservée aux femmes et aux transsexuelles. Les manifestantes avaient, selon la préfecture, tenté de sortir du trajet déclaré.

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La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, s’est déclarée “choquée” par certaines images. On voit notamment des femmes traînées dans l’escalier d’une entrée de métro par des forces de l’ordre. La polémique a forcé le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner à demander un rapport sur les incidents à la préfecture de police. Mais les gendarmes et les policiers ont-ils vraiment eu la main trop lourde face à une manifestation présentée comme pacifiste? Un officier de Gendarmerie résidant à proximité de la place de la République est dubitatif. De son domicile, il a observé des jets de bouteilles et le blocage de rues. Sur les vidéos, les slogans des manifestantes questionnent également. Elles ont défilé en criant “Flics, violeurs, assassins”, laissant derrière elles des graffitis agressifs comme “les hommes morts ne violent pas”. Drôle de façon de défiler pacifiquement.

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