mardi 21 mai 2019
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Photo d'illustration (D.C/L'Essor).

“L’économie bleue demande un effort de protection” (Florian Manet)

Florian Manet (Crédit photo: DR).
Florian Manet (Crédit photo: DR).

Quel est le point commun entre le détournement de l’Achille Lauro, l’émergence de la criminalité organisée et les câbles de communications dédiés à internet ? C’est la mer. Un gendarme, le colonel Florian Manet, s’est penché sur le sujet dans un livre dense, “Le crime en bleu” (1). Interview.

Dans votre livre, vous évoquez le risque d’un Bataclan sur mer…

C’est un sujet sur lequel les services de l’Etat se préparent. La menace n’est pas nouvelle. En 1985, des terroristes avaient détourné le navire de croisière Achille Lauro. Le terrorisme maritime est quelque chose qui existe et qui est redouté.

J’ai voulu utiliser cette formule provocatrice de Bataclan sur mer à dessein. Je l’emploie pour interpeller nos compatriotes et les décideurs sur les risques maritimes. La mer, ce n’est pas seulement un cadre de vie agréable, un lieu de loisir ou un espace de travail, c’est avant tout un patrimoine commun. Or les océans constituent un espace d’affirmation de puissance des Etats et des acteurs illicites.

Comment la gendarmerie maritime – vous étiez jusqu’au 1er août le chef de la section de recherches de cette formation – fait face à la criminalité organisée maritime ?

Les structures criminelles ont un appétit aiguisé autour de l’économie bleu. La thalassocratie criminelle est une hydre polymorphe intercontinentale qui s’insère dans les rouages de la logistique. J’ajoute que le phénomène de criminalité organisée est quasiment né en mer avec la piraterie en Mer Méditerranée.

Face à cette criminalité, il faut que les administrations se parlent entre elles. La gendarmerie maritime est l’un des maillons de cette chaîne. Elle va apporter du renseignement et une lecture policière avec sa culture de l’enquête. Connectée à la Marine nationale, elle est une interface. C’est un atout énorme. Ses personnels ne sont pas seulement des gendarmes, mais aussi des marins. Cela permet de chausser les bonnes lunettes pour comprendre la face cachée des océans.

Le crime en bleu (Crédit photo: éditions Nuvis).
Le crime en bleu (Crédit photo: éditions Nuvis).

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

La mer me passionne depuis des années. En étant nommé à la gendarmerie maritime, après avoir été le conseiller du patron de la SNCF, Guillaume Pepy, j’ai réalisé l’un de mes rêves d’enfant : être policier des mers. Ce livre a été l’occasion de rendre hommage aux talents que j’ai côtoyé à la section de recherches de la gendarmerie maritime et aux gens de mer. Je voulais enfin montrer le lien de dépendance de notre société avec la mer, par exemple en matière de flux internet, et sensibiliser aux menaces émergentes. Certes, l’économie bleue intéresse. Mais elle demande un effort de protection.

Propos recueillis par Gabriel Thierry.

(1) Le crime en bleu, essai de thalassopolitique, Florian Manet, éditions Nuvis, 27 euros.

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