dimanche 25 août 2019
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L’école de Gendarmerie de Dijon va accueillir cinq compagnies supplémentaires!

Deux ans et demi après l’ouverture de l’école de Gendarmerie de Dijon, le général Bertrand François rejoint la direction de la coopération internationale. Il a reçu L’Essor pour dresser un rapide bilan.

Lire aussi sur L’Essor: L’école de Gendarmerie de Dijon change de chef (Vidéo)

L’Essor : quels ont été les difficultés et défis à relever au démarrage de l’école

Général François : “Il y avait 3 défis à relever. Le 1er, il fallait bâtir une équipe solide, cohérente et soudée parce que nous avions des personnels qui venaient de tous les horizons. Nous avons commencé à 200 personnels, dont 25 civils qui venaient de la BA 102, un noyau de formateurs qui venaient d’école et des personnels qui avaient répondu à un appel à volontaires et qui arrivaient de toutes sortes d’unités, dont moi car je n’avais jamais servi en école. Il fallait créer une équipe et une vraie dynamique commune”.
Le 2ème, il fallait assurer une transition en souplesse avec l’armée de l’Air qui quittait avec beaucoup de nostalgie ce site emblématique qui avait 102 ans d’existence. La BA 102 était une des bases les plus célèbres et des plus prestigieuses de l’armée de l’Air.
Je me suis attaché à respecter les traditions en reprenant les bâtiments, la vigne par exemple, et en n’arrivant pas en terrain conquis. Nous avons conservé les avions, les noms des quartiers, et les noms des bâtiments.

Cela n’a pas été pas du plug and play! 

Il fallait aussi s’insérer dans le tissu local modestement, mais en prenant notre place.
Le 3ème défi qui était énorme, c’était celui des infrastructures. Faire rentrer dans ce qui était une base aérienne, les infrastructures d’une école de Gendarmerie était un challenge. Cela n’a pas été du plug and play“, notamment pour l’informatique. Il a fallu recréer des réseaux compatibles, tirer des fils partout, poser des prises, un travail énorme.
Il y avait une partie des bâtiments qui était adaptée, dont les logements, mais pas totalement. Nous avons du faire de monstrueux travaux d’adaptation et de rénovation.

Tous les personnels enthousiastes

Tous les personnels ont été enthousiastes. L’énergie du départ a été fantastique et contrairement à ce qu’on aurait pu penser, ça a été plus facile pendant les 6 à 8 premiers mois qu’après. La période suivante, il a fallu entrer dans la durée, et parfois faire des réglages difficiles dans le domaine des ressources humaines. Il y avait en effet des personnels qui n’ont pas toujours été aux rendez-vous techniques et pas suffisamment formés pour l’école.

L’Essor : Comment s’est passé le vrai démarrage, l’incorporation des premiers élèves gendarmes ?

Général Bertrand François : La période d’enthousiasme s’est tout de même poursuivie avec l’incorporation des quatre premières compagnies à 15 jours d’intervalle les unes des autres, à compter du 17 octobre 2016, puis l’inauguration officielle le 25 novembre 2016. Depuis fin 2017, il y a 6 compagnies d’élèves gendarmes.

95 % de satisfaction pour le stage APJ d’une semaine

Le contrat de départ c’était de créer une école de formation initiale. Mais dès l’inauguration, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, avait annoncé une autre mission de formation continue, intéressante et pertinente: la création du centre national de formation à la sécurité publique.
C’est ainsi qu’est né le stage gendarme APJ d’une semaine. Le premier a eu lieu fin 2017. C’est une formation qui marche bien avec 95 % de satisfaction. Il a pour esprit de considérer les stagiaires comme des cadres à part entière. Les gendarmes sont des personnels assimilés de catégorie B qui se voient confier des missions avec de l’initiative. Ils ont leur tissu relationnel propre et leurs compétences, ce sont indéniablement des cadres!

Quand les gendarmes sont considérés comme cadres responsables, on obtient de l’adhésion et ils jouent le jeu!

C’est le même esprit que nous essayons d’insuffler au SNFEO (stage national de formation à l’encadrement opérationnel). Il y a une notation mais l’optique est de faire progresser ces gradés en compétences et leur fournir des aides dans leur commandement opérationnel, des outils dans le commandement humain et des outils de communication.

Faire sortir les gendarmes par le haut

Nous avons à cœur de faire sortir les gendarmes par le haut, le stage national de formation à l’encadrement opérationnel n’est pas une machine à sélectionner, c’est une machine à enrichir.

Le SNFEO est aussi un filtre qui permet d’aider le 1 ou 2 % de militaires qui sont en difficulté.

Le transfert du SNFEO à Dijon a eu lieu fin janvier 2019. Là encore, il a fallu travailler sur les infrastructures pour accueillir tout le volet de formation continue.
Nous sommes à ce jour 240 cadres, dont 80 civils, et le capacitaire de l’école est de 6 compagnies et demie.

Objectif : onze compagnies en 2020!

L’école de Dijon vue du ciel (Photo/SAG/Dijon).

L’Essor : Quelles sont les perspectives proches pour l’école?
Général Bertrand François : L’emprise de l’école couvre deux quartiers. Le quartier Ferber où sont installées les compagnies d’élèves gendarmes et les stages de formation continue et le quartier Geille. Ce dernier constitue pour l’avenir le gros chantier afin d’augmenter le capacitaire à cinq compagnies de plus !
A terme, il y aura ainsi cinq compagnies d’élèves gendarmes à Geille, quatre compagnies à Ferber et l’équivalent de deux compagnies pour la formation continue (stages gendarme APJ de brigade, SNFEO et les stages de préparation au premier commandement (SPPC) qui débuteront à Dijon en juin prochain). Le capacitaire de l’école fin 2020 Dijon sera de onze compagnies, soit 1350 stagiaires et 300 cadres environ!

Petite particularité, Dijon accueillera aussi l’école des gradés, à partir de septembre 2019. (lire par ailleurs)

Une magnifique aventure

Avec son franc parler, le général François nous a livré des impressions plus personnelles.
“C’est une magnifique aventure,  formidable au plan humain, enthousiasmante mais décapante, abrasive, tenir la distance est assez usant. La première vague de personnels qui a démarré l’école est fatiguée ! Le rythme n’a jamais faibli”

En 2 ans et demi 16 promotions ont été formées, nous avons accueilli des espagnols, créé un stage pour les gendarmes APJ, remodelé le SNFEO. Et préparé l’arrivée du SPPC. Il a eu un investissement de plusieurs millions d’euros des travaux gigantesques. Dans le monde de la fonction publique ça pourrait passer pour de la science fiction” poursuit le premier commandant de l’école.

Pour lui, un travail collectif a permis en moins de 3 ans d’avoir une école efficiente.

D’autres horizons personnels

Le général François se dit ravi de rejoindre la direction de la coopération internationale (DCI). Les relations internationales sont loin de lui être étrangères car il a travaillé à la coopération policière européenne. Il a été aussi attaché de sécurité intérieure en Autriche et a eu deux commandement frontaliers en Alsace en tant que commandant de compagnie de Mulhouse et comme commandant de groupement en Haute-Savoie. Il avoue avoir un grande appétence pour la coopération avec les étrangers. “C’est une autre aventure que j’ai en partie commencée avec la formation croisée qui tombe dans mon porte feuille à la DCI”.

Propos recueillis par JF Cortot

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