mercredi 24 avril 2019
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Les bureaux de la DGSI (Crédit photo: GT/ L'Essor).
Les bureaux de la DGSI (Crédit photo: GT/ L'Essor).

Le webmaster de “Guerre de France”, le site vitrine d’Action des forces opérationnelles, aurait fait partie de la réserve de la Gendarmerie dans les années 1980

Le logo de la DGSI (Crédit photo: GT/L'Essor).
Le logo de la DGSI (Crédit photo: GT/L’Essor).

Connaissez-vous “Action des forces opérationnelles” ? Dans les couloirs de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), on surveille attentivement depuis quelques mois ce groupuscule d’ultra-droite soupçonné de vouloir commettre des attentats en France contre des musulmans. L’organisation sulfureuse prétendait “lutter contre le péril islamique”. Elle a été décapitée par l’action judiciaire commencée en avril 2018, révélée au public fin juin avec de premières interpellations, et détaillée dans “Le Monde ce mardi 4 septembre.

Et surprise : le site vitrine de ce groupuscule, “Guerre de France”, créé en avril 2017, héberge un document issu de la Gendarmerie, un manuel relatif à l’intervention professionnelle édité visiblement à l’école de Tulle. Il propose également en téléchargement de nombreux documents des armées, comme ce manuel d’emploi des forces terrestres en zone urbaine de l’armée de Terre. Deux Armes que le webmaster du site, Alain A., connaît bien. Cet ancien commerçant en trains électriques, banquier et informaticien affirme à L’Essor avoir été, après son service militaire dans l’arme blindée cavalerie, en 1972, officier réserviste dans l’infanterie puis dans la Gendarmerie, comme capitaine de réserve, de 1982 à 1990.

Alain A. n’a pas été inquiété dans cette enquête. “Le lundi matin, je me suis dit : ça y est c’est bon pour moi, c’est mon tour”, soufflait-il en juillet à L’Essor. Treize personnes ont été mises en examen dans ce dossier. “Certains membres avaient testé des explosifs et des grenades de confection artisanale”, soulignait le parquet de Paris, en juin dernier, qui a craint “un passage à l’acte violent, aux contours demeurant toutefois imprécis à ce stade”.

Le webmaster de “Guerre de France” se défend lui de toute intention violente. “Nous avons essayé de faire de la formation militaire, pour nous adapter à ce qui risque de nous arriver, une guerre urbaine sur le territoire national”, explique à L’Essor Alain A., qui utilise sur internet le pseudonyme “Napoléon de Guerlasse”, le personnage de Pierre Dac. “Nous faisons des sorties régulières de deux trois jours dans les bois, mais je préfère apprendre aux gens à se déplacer dans les zones urbaines”, ajoute-t-il. Par exemple, AFO préparait des itinéraires de sortie de ville en évitant les zones urbaines sensibles.

Alain A. l’assure : son mouvement “respecte les lois de la République”. Il se défend également d’être islamophobe, assurant avoir “des amis musulmans”. Autrefois adhérent au Modem, il s’est présenté en 2007 en Normandie aux élections législatives sous l’étiquette Ecologiste ou aux élections cantonales en 2013 en son nom propre, sans succès. Avant de rejoindre ce mouvement nébuleux rattrapé depuis par la justice.

Gabriel Thierry.

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